Fessée, La
Genre: Porno , Comédie
Année: 1976
Pays d'origine: France
Réalisateur: Claude Bernard-Aubert
Casting:
Antoine Fontaine, Emmanuelle Parèze, Ellen Earl, Jacques Marbeuf, Catherine Ringer, Olivier Mathot, Karen Allan...
Aka: Les Mémoires de Léon, maître fesseur / Tempêtes sexuelles / Voluptés particulières
 

Léon, loin d'être un grand bêta, a un vice caché : il adore administrer la fessée aux dames. Cette pratique lui vient de son enfance, lorsque sa mère lui appliquait le châtiment corporel quand il avait fait une bêtise. Très vite, la punition se substitua en art érotique. Adulte, Léon est devenu un pygophile convaincu (et quand le con est vaincu, la fesse est vainqueur). Il mène désormais une double-vie : guichetier dans une banque le jour, et maître-fesseur la nuit. Son premier client ne sera autre que son employeur, le directeur de la banque. Son couple connaissant une sérieuse baisse de libido (et le cours des bourses de monsieur étant aussi au plus bas), il demande à Léon d'initier sa femme à la fessée. Ce dont il s'acquitte, avec un succès tel que le couple retrouve une nouvelle vigueur sexuelle. Léon a du talent, mais il lui manque quelqu'un en mesure de remplir son cahier de commande. Ce sera chose faite grâce à Huguette, la crémière, qui va devenir son "impresario".

 

 

Comme le souligne Christophe Bier dans l'entretien qu'il accorde à l'équipe de Bach Films à l'occasion de la sortie du film en dvd, La fessée est l'une des rares oeuvres cinématographiques à avoir abordé ce sujet. Pourtant, ce qui était à la base un châtiment corporel pour y trouver rapidement un usage érotique s'avère vieux comme le monde, puisque l'art de la fessée était déjà pratiqué par les Grecs dès l'ère pré-chrétienne.
Un art (ou une déviance) que la littérature va exploiter pour connaître des pics de popularité au XIXe siècle et durant les Années folles (les années 1920). Mais au XVIIIe siècle, déjà, la fessée (de même que la flagellation, étroitement associées) inspirait quelques auteurs français. L'exemple le plus frappant est celui de Jean-Jacques Rousseau, qui reconnaissait dans son ouvrage "Les Confessions" (1770) que les fessées prodiguées par sa gouvernante durant son enfance avaient provoqué chez lui des fantasmes érotiques, des troubles qui le tourmentèrent toute sa vie durant.

 

 

Plus proche de nous, aux Etats-Unis, des artistes féminines comme Betty Page puis la réalisatrice Maria Betty ("The Elegant Spanking", 1995) ont érotisé à merveille l'art de la fessée. Un thème que l'on retrouvera aussi dans la bande-dessinée avec Milo Manara (ce n'est pas une surprise) et la chanson avec Georges Brassens ("La Fessée", 1966).
Pour en revenir au film qui nous préoccupe, il a été réalisé par un metteur en scène issu du cinéma dit classique, Claude Bernard-Aubert. Durant le milieu des années 70, lui comme plusieurs de ses confrères seront obligés de s'engager dans la filière du X afin d'être en mesure de poursuivre leur carrière (en gros... gagner leur croûte). Bernard-Aubert est connu pour "L'Ardoise", un film plutôt sympa qui réunissait Adamo et Michel Constantin, et surtout pour "L'Affaire Dominici" avec Jean Gabin. La Fessée constitue la première intrusion du metteur en scène dans le porno. Comme pas mal de ses collègues, il va tourner ses films hard sous un pseudonyme, en l'occurrence un anagramme de son patronyme (Burt Tranbaree). Parmi ses réussites dans ce domaine, on peut citer "Perversion d'une jeune mariée", "La Rabatteuse" ou "Les Délices de l'adultère". Il a fait tourner les plus grandes actrices de l'époque, dont Brigitte Lahaie en maintes occasions, ainsi que l'Américaine Serena.

 

 

Dans La Fessée, la vedette est donc le fameux maître-fesseur, incarné par Antoine Fontaine, acteur somme toute peu connu mais pourtant aperçu dans plusieurs productions Eurociné, parmi lesquelles "Les Orgies du Golden Saloon" et le mémorable "Terreur cannibale". Il est entouré de très belles femmes, évidemment, dont les callipyges à souhait Ellen Earl et Emmanuelle Parèze. Et puis, on remarquera les débuts dans le X de la fabuleuse et très mignonne Catherine Ringer, qui montrait déjà un talent de comédienne indéniable.

La Fessée alterne les scènes de cul classiques avec des passages sortant des archétypes du genre. On relèvera entre autres le moment où Léon, s'adressant directement au spectateur, fait une ode à la fesse tandis qu'autour de lui quelques jolies filles nues sous un voile entament une danse.
Enfin, la musique est signée du très talentueux Alain Goraguer, à qui l'on doit les partitions de "Sur un arbre perché", "Le Silencieux" et, ce qui est probablement son chef d'oeuvre, "La Planète sauvage".
Bref, n'hésitez-pas à plonger dans la face cachée de la fesse, tout en méditant sur ces quelques vers tirés du "Polyeucte" de Corneille :
Vous me connaissez mal, la même ardeur me brûle,
Et le désir s'accroît quand l'effet se recule.

 



Flint

 

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# La fiche dvd Bach Films de La Fessée

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