Lampe, La
Titre original: The Outing
Genre: Horreur , Fantastique
Année: 1987
Pays d'origine: Tom Daley
Réalisateur: Etats-Unis
Casting:
Deborah Winters, James Huston, Danny D. Daniels, Red Mitchell, Scott Bankston...
Aka: The Lamp
 

Un génie, issu de l'antiquité, se voit libéré d'une lampe dès lors qu'une vieille dame la possédant est agressée sauvagement puis tuée à la hache par un trio de jeunes voyous sans scrupules, venus à la base lui voler son argent. Hélas pour eux, ce qu'ils ignorent, c'est que cette lampe prise jadis -en 1893 pour être précis- par la femme, sur un bateau aux abords de Galveston, un port Texan, avait inexplicablement décimé tout l'équipage. Cette femme, d'origine arabe, était alors enfant et fut l'unique survivante de ce mystérieux et brumeux massacre. Nos trois salopards seront décimés à leur tour et de manière tout autant brutale. Vous me direz, c'est bien fait pour leurs gueules et vous aurez raison ! (Pour ceux qui aiment les détails précis, je précise à toutes fins utiles que si tous ces personnages perdent leurs plumes à ce moment là, seul le perroquet présent dans la funeste demeure survit).

 

 

Cela dit, chers lecteurs égarés, sachez qu'il ne s'agit là que du préambule puisque, un peu plus tard, cette même lampe, venant tout droit du pays des mille et une nuits, se retrouve exposée dans le Musée d'Histoire Naturelle de Houston avec, non loin exposé lui aussi, un bracelet, lui-même tombé du bras de la vieille dame juste après sa mort. Pas de bol, l'un des principaux conservateurs dont la femme est décédée quelque temps auparavant, a une maîtresse et se voit reprocher par son adolescente de fille de ne pas être davantage à la maison, de trop passer de temps au travail, de ne pas être un père, etc... Le papa a beau se justifier, lui rétorquer que c'est grâce à son travail que sa fille peut se payer des jeans fantaisistes, des chapeaux à la con et de l'acné... las, l'ingrate branleuse n'en fait qu'à sa tête, lâche même au paternel qu'elle le préférerait mort plutôt qu'absent avant d'avoir le lumineux caprice de voler le bracelet de cristal puis de se promener avec. Autant dire que le lycée qu'elle fréquente, comme tous ses proches et les gens qu'elle croisera dès lors de trop près, ont du mouron à se faire, la voici possédée par un esprit meurtrier qui peut même exaucer ses souhaits !

 

 

The Outing est en premier lieu l'oeuvre de son scénariste, Warren Chaney, une personne ayant eu son importance en matière de séries fantastiques créées pour la télévision américaine puisque, dès le milieu des années 60, en plus d'y camper le principal héros -un magicien- dans 48 épisodes sur les 120 qu'elle totalisait, il avait hautement participé à l'élaboration de la série "Magic Mansion", ce sous le nom évocateur de Captain Warren Chaney, aidé pour ce faire, des Sergents James Mortensen et David Castle, tout cela pour la Armed Forces Radio and Television Service. Certains épisodes, dont "Induction", mettant en scène Warren Chaney himself et une marionnette de ventriloque, sont restés gravés dans les mémoires du public télévisuel d'Outre-Atlantique. C'est donc sur un script évoluant non loin d'un épisode de série d'antan, voire même d'une planche d'un Creepy, que Tom Daley peut déployer visuellement son talent derrière la caméra. Hélas, pour son seul et unique film comme réalisateur, on ne peut pas dire que ce dernier fasse preuve d'une grande originalité. A charge contre The Outing, une patine de la fin des eighties qui ne lui rend pas service : brushings chevalins pour les femmes, coupes d'aérobic façon gros poneys pour les hommes, fringues défiant parfois outrageusement la ringardise, jeans "eau-de-javelisés", bandeaux fluo, tout cela illustré par une photo baveuse de circonstance matinée d'éclairs bleu outrageusement "spotifiés"... Il faudra, à moins d'avoir évolué ado au sein de cette époque et d'en être nostalgique, faire preuve d'une certaine mansuétude à ce niveau.

 

 

Ceci étant, les acteurs y sont loin d'être mauvais et chacun (ou presque) joue le jeu qu'on lui donne à jouer, avec conviction. James Huston (aperçu dans "Powder" de Victor Salva) en conservateur s'y montre sobre bien que peu charismatique. Deborah Winters, dans le double (voire le triple) rôle, de la jeune, puis vieille femme arabe du début, puis enfin en maîtresse dudit conservateur, est quant à elle totalement convaincante. C'est probablement la personne au casting que l'on connaît le mieux, l'ayant croisée au préalable dans "Tarantula : Le cargo de la mort" mais aussi dans "Le rayon bleu" de Jeff Lieberman.

Histoire de rajouter tout de même encore une petite couche à charge de cette pellicule emplissant cette funeste histoire de thermo-brossages sur pattes, on mentionnera quelques personnages aux contours grotesques tels que ces deux jeunes lycéens (qui paraissent avoir 25 ans) à la fois turbulents, d'une vulgarité et d'une violence physique et verbale au-delà du crédible (un proviseur peut se faire traiter de sale négro, tout comme une jeune étudiante se faire taper dessus devant l'université entière sans qu'ils soient le moins du monde inquiétés... outch !) et qui plus est capables, outre des répliques Carambar, des pires farces de carabins dignes de collégiens de 12 ans et moins. Cela dit, ne vous inquiétez pas à leur sujet, tentant un peu après de violer l'une des lycéennes (aussi stupide qu'eux, il convient de le préciser) en arborant des masques tribaux, l'un finira la tête petit à petit retournée par le système d'écrou dont est pourvu son casque à torture tandis que l'autre, grand dadais à la tête de chérubin, verra, les yeux éberlués, un masque Fang voleter vers lui pour venir l'encorner. Comme dirait l'autre : "Ouh, les cornes !".

 

 

Cependant (car il y a aussi un nez en moins dans cette "Lampe"), c'est grâce - outre un scénario évoqué en amont, bien plus original que la moyenne des horrifiques - à une déferlante de morts en tous genres que The Outing peut se regarder sans honte, sans ennui et même avec un certain plaisir amusé.
Je ne vais pas toutes les énumérer car je sais d'avance que j'en oublierai, mais La lampe n'est pas avare en mises à mort lumineuses : front haché menu, corps coupé en deux dans une belle piscine, strangulation en lévitation, décapitation au ventilateur de plafond, empalement abdominal exotique, rotation du cou jusqu'à séparation du corps, réveil de momie rendant un dernier souffle en pulvérisant un visiteur nocturne n'ayant pas acquitté son entrée, intrusion mortelle de serpents venimeux dans une baignoire durant un bain autant sexy que bien chaud, apparition d'un géant génie marchant sur les traces d'un Ray Harryhausen... Bref, il y a trop de générosité sanglante dans cette bobine de Tom Daley pour faire la fine bouche.
Soutenu par une sympathique partition, sorte de "Tribute to Bernard Hermann" au synthétiseur, La Lampe, tout en n'ayant rien d'un film de chevet, s'avère tout compte fait pas mal fréquentable.

 

 

Mallox

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