Oeil du Tigre, L'
Titre original: Eye of the Tiger
Genre: Action
Année: 1986
Pays d'origine: Etats-Unis
Réalisateur: Richard C. Sarafian
Casting:
Gary Busey, Yaphet Kotto, William Smith, Seymour Cassel, Bert Remsen, Denise Galik...
Aka: A prova di vendetta / Der Tiger / Justicier malgré lui
 

Buck, un vétéran du Vietnam, sort de prison. Il compte retrouver sa femme et sa petite fille pour vivre une existence paisible. Mais c'était sans compter sur une bande de motards qui va bouleverser la vie du couple.

 

 

Petite production sans prétention, le film de Sarafian est une agréable surprise qui vaut bien mieux que la légère réputation de série B qu'elle trimballe. Voilà du cinoche sans fioriture, carré et efficace, qui ne se prend pas la tête. Le scénario basique est un hommage aux westerns d'antan, le vétéran du Vietnam remplaçant le cow-boy. L'histoire reste toujours la même : le héros rentre chez lui pour se rendre compte que sa ville est sous la coupe d'une troupe de bandits (ici incarnés par des motards paramilitaires). Le brave homme aurait bien pu vivre tranquillement avec sa famille en ignorant ces énergumènes, mais en sauvant une jolie infirmière d'un viol il va s'attirer le courroux puis les représailles des motards. Et il faut bien avouer que ces derniers sont particulièrement gratinés point de vue méchanceté. Non contents de tuer la femme du héros, ils iront déterrer le cercueil de celle-ci pour le traîner derrière leurs motos !
Bref, ce sont de gros bestiaux commandés par l'inévitable William Smith, habitué aux rôles de motard dégénéré ("Run, Angel, Run", "Angels Die Hard", "C.C. and Company", "The Losers / Nam's Angels", "Chrome and Hot Leather").
Face à lui, un Gary Busey qui, à quarante-deux ans ,n'avait pas encore explosé dans "L'Arme fatale", mais trimballait déjà un beau palmarès (dont une nomination aux Oscars en 1979). Sarafian et Busey se connaissaient déjà pour avoir tourné ensemble quelques années plus tôt dans "The Bear", biopic sur Paul "Bear" Bryant, célèbre entraîneur de football américain. Yaphet Kotto ("Alien", "Vivre et laisser mourir"), Seymour Cassel dans le rôle du shérif et Denise Galik (Les monstres de la mer, "V", "Andromeda Strain") complètent le casting.

 

 

Ce qui est le plus étrange dans ce film, c'est la personnalité de son réalisateur Richard C. Sarafian (1930-2013). Contemporain de Peckinpah et Frankenheimer, beau-frère de Robert Altman, il n'aura pas (comme ses collègues) l'occasion de réellement percer. Pourtant, ce n'est pas le manque de talent qui va avoir raison de sa carrière, mais bien une incroyable malchance et un manque d'ambition flagrant. Il débute, comme beaucoup, à le télévision dans les années soixante, sur des séries comme "Maverick", "Les mystères de l'Ouest", "Batman", "Surfside", puis il réalise en 1971 le cultisme "Point Limite Zero" alias "Vanishing Point", l'un des meilleurs films de poursuites qui, malheureusement, sera un échec commercial. Ensuite, il signera deux westerns magistraux et inclassables : "Le Convoi sauvage" et "Le Fantôme de Cat Dancing". Le tournage de ce dernier tournera au cauchemar et Sarafian sera catalogué par le milieu de "maudit".
La suite de sa carrière sera très éclectique, entre désastres commerciaux et commandes obscures. Ainsi trouve-t-on un film de politique fiction avec Sean Connery ("The Next Man"), un autre avec Farrah Fawcett ("Sunburn") ou encore une production catastrophique produite par des Japonais pour laquelle il a retiré son nom ("Solar Crisis"). Sarafian finira par faire l'acteur dans diverses productions comme "Bugsy" (1991), "Don Juan DeMarco" (1994), "The Crossing Guard" (1995), "Bound" (1996) et "Bulworth" (1998).

 

 

Tous les ingrédients sont présents pour passer un bon moment : des méchants très méchants et particulièrement retors, un shérif vendu et sans aucune morale, un héros pas si gentil qu'il n'y paraît, un pick-up transformé en machine de guerre (avec mitrailleuse et lance-roquette) et plein de scènes bien gratinées (décapitation de motards avec un filin tendu au travers de la route, confessions extorquées à coups de bâtons de dynamite dans l'anus). On est bien loin des premiers films du réalisateur. Et pourtant on retrouve quelques scories de ses débuts prometteurs, avec l'individualisme du héros (qui est un vétéran comme celui de "Vanishing Point"), la communauté de marginaux (trappeurs, hors-la-loi ou motards) et cette incroyable utopie du rêve américain. Sarafian n'a pas perdu ses repères ; seule change la manière de l'illustrer, le réalisateur ayant mis de côté toute ambition artistique pour réaliser une bonne série B à l'ancienne.

Si l'ombre d'un certain Max vient planer sur le film, il est difficile d'accuser Sarafian de tomber dans le décalquage facile et servile, vu qu'il est lui même une des références de Miller via son "Vanishing Point". La boucle est donc bouclée.
Le film utilise comme bande-son le fameux "Eye of the Tiger", tube du groupe de rock américain Survivor. Cette chanson est sortie le 1er janvier 1982 et sera utilisée pour la B.O. de "Rocky 3 : L'oeil du Tigre".

 

 

The Omega Man

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