Toutes voiles sur Java
Titre original: Fair Wind to Java
Genre: Aventures
Année: 1953
Pays d'origine: Etats-Unis
Réalisateur: Joseph Kane
Casting:
Fred MacMurray, Vera Ralston, Robert Douglas, Victor McLaglen, John Russell...
Aka: Rumbo a Java
 

Vers la fin du XIXe siècle, dans les Indes néerlandaises, le capitaine Boll recherche une épave qui contiendrait une cargaison de diamants de grande valeur. Il rachète à un équipage chinois la jeune Kim Kim, une danseuse détenue en esclavage qui connaît l'emplacement de l'épave. Mais Boll n'est pas le seul chasseur de trésor qui navigue dans ces eaux : le pirate Saint-Ebenezer est bien décidé à s'approprier les pierres précieuses. Alors que les deux hommes poursuivent leurs recherches, le volcan Krakatoa entre en éruption...

 

 

Ce film aux couleurs flamboyantes fut tourné en Trucolor, système couleur employé à l'époque par le studio Republic Pictures notamment pour ses westerns avec Roy Rogers. A l'origine conçu en bichrome, le procédé ne pouvait reproduire certaines couleurs comme le violet ou le mauve. Au début des années 50, ce procédé passa au tricolore, ce qui lui permit de donner aux films des couleurs saturées proches du Technicolor. Cependant, les couleurs avaient tendance à s'effacer avec le temps, ce qui entraîna la disparition progressive du procédé. Le film fut restauré en 2000 grâce à la fondation créée par Martin Scorcese.

 

 

Les effets spéciaux (maquettes) du film sont dus à deux génies de l'époque : Theodore et Howard Lydecker (qui travaillèrent plus tard sur la série "Voyage au fond de mers"). Les deux hommes se sont fait la main sur les miniatures des nombreux serials de la Republic (Commando Cody, Zorro, Dick Tracy...). A l'époque, chaque studio possédait encore son propre département des effets spéciaux (LB Abbott pour 20th Century Fox, John P. Fulton pour Universal Studios...) ; une pratique qui disparut petit à petit au profit de studios spécialisés (ILM, Apogee, Dream Quest...) qui, à leur tour, disparurent. Seuls les plus gros resteront (ILM, WETA, Digital Domain) ou seront absorbés par les studios (ILM se fera gober par la souris Mickey) !

 

 

Pas un plan n'est filmé sur un vrai navire, le film enchaînant les reconstitutions en studio (le village est une merveille) et en utilisant des maquettes. Le travail des frères Lydecker est remarquable, certains plans sont d'une beauté et d'une naïveté incroyables. Le tout est filmé avec professionnalisme par Joseph Kane, un réalisateur "maison" surtout spécialisé dans les westerns (avec Gene Autry et Roy Rogers). Ancien monteur, Kane possède un sens de l'action inné et un découpage de dessinateur, chaque scène évoquant une hypothétique planche de bande dessinée. Toutes les péripéties de rigueur dans le film d'aventure maritime sont abordées (pirates, mutinerie, raz de marée...), même au risque d'une certaine crédibilité (comment l’héroïne fait-elle pour changer de tenue à chaque plan ?), mais le terme ne convient guère dans un film où une danseuse exotique est interprétée par une actrice de nationalité tchécoslovaque ! Car Vera Ralston fait aussi partie de la maison "Republic", elle y fera toute sa carrière américaine ! A ses côtés on est également étonné de voir Fred MacMurray dans le rôle du héros puisqu'on avait l'habitude de le voir dans des comédies. Il a d'ailleurs fait une belle carrière dans les films de Disney. Mais c'était oublier qu'il avait été un jeune premier dans les années trente, avec notamment Claudette Colbert (pour ceux qui connaissent).

 

 

Une danseuse exotique fouettée par l'homme de main du méchant (évidemment masqué), un temple au pied d'un volcan en éruption, un trésor caché, un héros qui fout un gnon à l’héroïne pour l'embrasser le plan d’après... Pas de doute, nous sommes transportés dans une autre époque, où la beauté et la poésie l'emportaient sur la forme et l'efficacité ; on pouvait encore parler d’artisanat ! Mais attention aux aphtes... le film de Kane est comme ces bonbons acidulés de toutes les couleurs qui vous explosent les papilles ; le Trucolor vous attaque la rétine par ses couleurs saturées et Vera Ralston est belle comme une pomme d'amour que l'on a envie de croquer à pleines dents. Bon appétit !

 

 

The Omega Man

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