Culte du cobra, Le
Titre original: Cult of the Cobra
Genre: Epouvante , Fantastique
Année: 1955
Pays d'origine: Etats-Unis
Réalisateur: Francis D. Lyon
Casting:
Faith Domergue, Marshall Thompson, Richard Long, Kathleen Hughes, William Reynolds, David Janssen...
Aka: The Cremator
 

Six soldats américains, quelques jours avant leur retour au pays et à la vie civile, profitent de leurs dernières permissions pour visiter un quartier pittoresque d'une ville probablement du sud de l'Asie (allez, disons qu'elle est située en Inde) où tout le monde parle remarquablement anglais. En écoutant leurs conversations roulant sur les superstitions locales, un charmeur de serpents indigène (le charmeur, mais les serpents aussi) leur fait une proposition : contre 100 dollars il leur fera assister à une cérémonie secrète du culte du cobra, où ils pourront assister à la métamorphose d'une femme en serpent - où l'inverse.
Ici, j'entends déjà nos lecteurs masculins se récriminer : "bah, rien d'extraordinaire, ça se voit qu'ils ne connaissent pas ma femme et les joies du mariage, etc." Et, donc, je précise qu'il s'agit ici d'une métamorphose physique réversible. Le charmeur, qui n'est pas très beau nonobstant sa profession, précise que si la somme est si élevée c'est qu'il prend de gros risques, la cérémonie étant interdite aux non croyants. Si les sectateurs découvrent leur présence, cela leur coûtera leurs vies ainsi que la sienne.

 

 

Le soir même, dissimulés sous de grosses robes de bure à capuchon qui (coup de bol) sont la tenue exigée pour la cérémonie, nos bidasses et leur guide assistent à la réunion secrète. Alors qu'une bayadère déguisée en serpent, sortie d'un panier en osier trop petit pour elle (prodige, magie ou double fond) exécute la danse de la déesse Cobra, le plus couillon de nos soldats ricains ne trouve rien de plus intelligent à faire que de la prendre en photo à l'aide d'un flash énorme. S'ensuit une bagarre où nos G.I., s'aidant de torches, arrivent à prendre la fuite sans dommage (contrairement au malheureux charmeur de serpent) mais reçoivent du grand-prêtre la malédiction suivante : "la déesse Cobra se vengera en les tuant un par un".
Dans la fuite, le plus couillon du groupe ne trouve rien de mieux à faire que de prendre le panier en osier qui, en fait de bayadère, contient un authentique (enfin dans le scénario) cobra qui le mord peu de temps après, avant de disparaitre sans laisser de trace. Il (le bidasse couillon, pas le cobra transformiste) est secouru par ses camarades et admis à l'hôpital militaire où ses jours semblent hors de danger, mais le soir même il meurt après une mystérieuse agression. Les cinq G.I. restants ont pris l'avion pour New-York sans plus penser à la malédiction...

 

 

Si la longue séquence d'introduction exotique en toc décrite plus haut laisse à penser que l'on est devant une nouillerie "aventuro-fantastique" sympathique, au charme suranné à la Cobra Woman (ou pire, ou mieux selon les goûts, à la "She-Demons") comme seule la série B ricaine des années 40 et 50 pouvait nous proposer, soyez rassurés, ou déçus, j'avoue que personnellement j'hésite entre les deux : le film change de ton et d'atmosphère en arrivant à New-York.
Bon, clairement, ce Culte du cobra marche par la suite sur les brisées de La Féline avec son anti-héroïne séduisante mais frigide engagée dans une relation amoureuse (doublée d'une répulsion physique) avec le personnage masculin principal, et sa caméra subjective de même que ses jeux d'ombre pour les moments "d'épouvante". Sauf que... sauf que Francis D. Lyon n'est pas Jacques Tourneur, et si on a voulu sur la forme (sur la forme uniquement, pour le reste il n'y a aucune ambiguïté quant à la nature de la menace et la double identité "ophidienne" du personnage de Faith Domergue) être dans la suggestion, à l'écran c'est loin d'être complètement réussi, surtout si on le compare à son illustre modèle. Les malheureux jeux d'ombre du cobra ne sont pas très probants, de même que les attaques en caméra subjective ; et surtout, hormis pour la première attaque new-yorkaise (qui est donc le deuxième meurtre) somme toute assez efficace bien que très classique dans ses effets, hormis donc le meurtre du personnage de Janssen, il n'y a aucune tension et aucun suspense dans les scènes de meurtres, celles-ci se déroulant sans accrocs.

 

 

De même, contrairement à La Féline il n'y a aucune ambiguïté quant à la personnalité de notre "ophidienne", et sa relation amoureuse n'est à aucun moment réellement exploitée dans l'intrigue. Alors qu'on s'attend à ce qu'il y ait dilemme et affrontement entre son côté humain et son côté surnaturel lorsque notre anti-héroïne va devoir assouvir sa vengeance sur l'objet de son amour, cette scène n'arrivera jamais. Par contre, notre "Femme reptile" (dont, tout compte fait, faute d'avoir un Tourneur derrière la caméra on aurait préféré, plutôt que de la suggestion, un beau maquillage un brin kitsch comme dans le film de la Hammer) s'en prend à l'ancienne fiancée de son boy-friend, sans raison aucune, hormis peut-être la référence au film de Tourneur, et avoir une victime potentielle plus "sexy" et plus digne d’intérêt pour le spectateur masculin.

Malgré les défauts et faiblesses listés plus haut, le film se laisse suivre sans déplaisir et d'ailleurs, quoique passé inaperçu à sa sortie (en double programme avec la suite de "L'Étrange Créature du Lac Noir"), il deviendra par la suite un classique du "B-movies" fantastique. Un statut assez mérité qui doit beaucoup au charme de Faith Domergue, l'Ava Gardner de la série B, ainsi qu'au sympathique casting masculin qui, faute de percer au cinéma, fera les beaux jours de la télé US.

 

 

Sigtuna

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