Ultime violence (1983)
Titre original: Revenge of the Ninja
Genre: Action , Arts Martiaux , Ninja
Année: 1983
Pays d'origine: États-Unis
Casting:
Sho Kosugi, Keith Vitali, Virgil Frye, Arthur Roberts, Mario Gallo, Grace Oshita...
Aka: Ninja la furia umana / Way of the Ninja
 

En 1981, lorsque Menahem Golan réalise L'Implacable Ninja (Enter the Ninja), presque personne ne connaît le terme ninja (même pas lui !), à part quelques aficionados du cinéma asiatique. Il ne se doutait sûrement pas qu'il venait de créer de toute pièce un sous-genre du film d'arts martiaux, et surtout une belle franchise. Ainsi, lorsque le producteur/réalisateur décide de mettre en chantier une suite, c'est essentiellement appâté par les 40 millions de dollars de recettes du premier épisode, car il n'a aucune idée sur les éléments qui ont contribué au succès du film. Une suite est donc envisagée, mais elle s'appellera Revenge of the Ninja, au lieu de "Ninja 2". Le scénario oublie les personnages du premier chapitre et repart sur de nouvelles bases en inversant les rôles. L'acteur japonais Sho Kosugi (le méchant du premier opus) se voit propulsé en tête d'affiche et le malveillant sera interprété par un occidental (assez couillu pour l'époque !). Une vague intrigue sert de prétexte à l'exil d'un père et de son fils en Amérique, le scénario ne fait pas dans l'innovation mais sert de prétexte à divers combats dont l'inévitable duel final car, comme le dit un personnage, seul un ninja peut vaincre un ninja !

 

 

Pour Sho Kosugi, c'est une occasion en or qui se présente à lui. L'acteur est bien conscient du challenge et n'hésite pas à s'impliquer dans les diverses étapes du film (chorégraphie, montage et même financement !). Le film sera pour lui la consécration et le début d'une carrière prolifique. En seulement quelques longs métrages, l'homme acquiert une véritable popularité. Il sera d'ailleurs l'un des rares acteurs étrangers, après Bruce Lee, à obtenir le premier rôle dans des productions occidentales (Revenge of the Ninja, Ninja III, 9 Deaths of the Ninja, Pray for Death, Rage of Honor, Black Eagle). Il reste toujours une référence dans le ninjutsu, art martial japonais qui désigne l'ensemble des tactiques de guerre des ninjas. Sho profite aussi de l'occasion pour caser son fiston Kane dans le casting, histoire d'assurer la relève. Un pari en partie réussi, car si le fiston apparaît dans diverses productions (Godzilla Final War, DOA, Ninja II version 2013 ), il n'a cependant pas encore atteint la popularité de son paternel.

 

 

Comme à leur habitude les cousins Globus et Golan budgétisent leur film à l'économie (deux millions de $), ce qui explique une délocalisation de la Californie à Salt Lake City en Utah, qui offrait nombre d'avantages gratuits ainsi que de nombreux sites pour le tournage. Afin de réaliser le film, Golan fait appel à l'un de ses fidèles lieutenants : Sam Firstenberg, son assistant réalisateur en Israël, qui gagne ici ses galons de réalisateur-maison.
Il sera la cheville ouvrière de la saga en réalisant quelques épisodes (Ninja 2 & 3, American Ninja 1 & 2). Avec l'aide de Sho Kosugi, il réalise une excellente série B d'action qui respecte scrupuleusement le cahier des charges "maison", à savoir sexe et violence.

 

 

Le quota sexe sera assuré par la blonde Ashley Ferrare (un mannequin recruté sur place), tandis que le folklore ninja se charge de la violence, avec des gadgets dignes des "Mystères de l'ouest". En effet, contrairement aux films d'arts martiaux, les œuvres ayant pour thématique les ninjas sont basées sur un fort penchant fétichiste envers divers instruments pouvant donner la mort de manière aussi originale que fantaisiste. Le guerrier ninja est un véritable kinder-surprise mortel : lance-flamme, petite épingle crachée au visage, sarbacane... Les instruments de mort du guerrier sont aussi originales que mortelles. Parmi les plus connues, on trouve les shurikens (projectiles en forme d'étoiles), le kunai (courte dague en forme de coin), le kusarigama (une faucille reliée à un poids par une chaîne) et évidemment le fameux ninjato (le sabre du ninja). Tous ces ustensiles font partie intégrale du mythe, et les films "Cannon" en tireront une partie de leur succès. La chorégraphie martiale, intégrée à de solides scènes d'action, feront le reste.

 

 

Basique mais efficace, le film de Firstenberg ne laisse pas une minute de répit au guerrier ninja, ni au spectateur. Tout le film se concentre sur les scènes d'action chorégraphiées comme de vrais ballets. Enfin, ne pas rater le duel final sur le toit d'un immeuble, considéré comme ce qui s'est fait de mieux dans le genre.


The Omega Man

Vote:
 
8.50/10 ( 2 Votes )
Clics: 1543
0

Autres films Au hasard...