Implacable Ninja, L'
Titre original: Enter the Ninja
Genre: Arts Martiaux , Action
Année: 1981
Pays d'origine: Etats-Unis
Réalisateur: Menahem Golan
Casting:
Franco Nero, Susan George, Shô Kosugi, Christopher George, Alex Courtney, Will Hare, Ken Metcalfe...
Aka: L'invincibile ninja / Ninja, die Killermaschine
 

Cole, vétéran de guerre qui vient de terminer sa formation de ninja, se rend aux Philippines pour saluer un couple d'amis. Ces derniers sont régulièrement importunés par les sbires de l'homme d'affaires Charles Venarius, et Cole va devoir lancer tous ses nouveaux talents dans la bataille pour que justice soit faite...

 

 

Au début des années 80 Mike Stone, un ancien champion d'arts martiaux (plus connu pour sa relation avec Priscilla Presley que pour son palmarès), rédige un script intitulé Dance of Death. Amateur depuis l'enfance de cinéma japonais, notamment la série des "Baby Cart", il est surtout impressionné par les tueurs qui la plupart du temps sont représentés par des ninjas. Mike Stone propose son scénario au patron du studio Cannon, qui voit l'occasion de relancer la mode des films d'arts martiaux alors en perte de vitesse. Pour mettre tous les atouts de leur côté, il change le titre du projet en Enter The Ninja, hommage à peine voilé au "Enter the Dragon" de Bruce Lee.

 

 

Initialement, le film était dirigé par Emmet Alston, et Mike Stone devait interpréter le premier rôle. Malheureusement, les premiers rushes sont catastrophiques à tel point que Menahem Golan, l'un des patrons du studio, reprend les rênes du projet. Stone est éjecté au profit d'un acteur plus professionnel. Menahem se rend illico au festival du film de Manille (le film se tourne au Philippines) pour dénicher la perle rare. C'est Franco Nero, de passage au festival, qui décrochera le rôle ! Comme Franco n'a aucune notion d'arts martiaux, il sera doublé par un Mike Stone pas rancunier. Alex Courtney, Susan George (Les Chiens de paille) et Christopher George (L'Exterminateur) sont engagés pour compléter le casting.

Malgré le même nom de famille, Susan et Christopher ne sont pas mariés, la femme de Christopher se prénommant Lynda Day (Le Sadique à la tronçonneuse). Concernant Alex Courtney, son nom ne vous dit peut-être pas grand chose, mais il fait indéniablement partie de ces "gueules" qui hantent les séries télé américaines depuis des années (Starsky et Hutch, Drôles de dames, Sword of Justice, Kojak, Les rues de San Francisco...). Pour l'anecdote, lors d'une courte scène on peut reconnaître un certain Michael Dudikoff, un peu enrobé et pas encore devenu le prochain Ninja Cannon dans "American Ninja".

Parmi les cascadeurs, la production remarque l'agilité d'un certain Shô Kosugi. Impressionnée, elle lui confie le rôle du méchant. Ce sera pour l'acteur le début d'une fructueuse carrière de ninja au cinéma (Ninja I : Enter the Ninja – 1981, Ninja II : Revenge of the Ninja – 1983, Ninja III : The Domination – 1984, Master Ninja (série télé) – 1984, Pray for Death – 1985, Nine Deaths of the Ninja – 1985, Rage of Honor – 1987, Black Eagle – 1988, Blind Fury (avec Rutger Hauer) – 1989). Pour Mike Stone, même si le rôle principal lui a échappé, il travaillera comme coordinateur, cascadeur (American Ninja, Ninja 2) et acteur sur les films suivants de la série (American Ninja 2 & 3).

 

 

Depuis 1979, le studio Cannon est passé aux mains du duo Menahen Golam et Yoram Globus (pour la modique somme de 500.000 $), mais le studio n'a pas encore trouvé sa voie, ni rencontré un gros succès. Avec Enter the Ninja les choses vont enfin changer, et le film va permettre au studio de se positionner en leader dans la série B d'action (l'année suivante, Bronson rejoindra la Cannon).

Le film résume parfaitement le système "Cannon" : associer un nom connu (acteur ou réalisateur) à un pitch simple mais efficace (accompagné d'une affiche alléchante), saupoudrer le tout de scènes plus ou moins spectaculaires où grâce à un savant montage, les doublures peuvent remplacer les acteurs qui ne prennent aucun risque. Pour l'anecdote, l'un des monteurs n'est autre que Mark Goldblatt, un cador dans le métier (Terminator, Rambo 2, Commando, Predator 2).

 

 

On se demande ce qui reste du script de Stone lorsqu'on regarde le film. Le concept des ninjas était peut-être un peu trop audacieux à l'époque pour y consacrer tout un film. En effet, les ninjas n'interviennent qu'au début et à la fin de l'histoire ; le reste du métrage est un agréable film d'action, malheureusement plombé par un second degré parfois caricatural (le personnage de Christopher George). Franco Nero a l'air de s'amuser (à défaut d'avoir l'air d'un ninja !) mais se prend trop souvent pour Terence Hill (un comble). Susan George se montre très prude par rapport à ce qu'elle nous avait habitué et fait tapisserie, alors qu'Alex Courtney nous la joue alcoolo rigolo.

Dans l'ensemble, on a l'impression d'être en présence d'une série B italienne caviardée par quelques ninjas en vadrouille. Cela pourrait donner un agréable film pour toute la famille si le final ne s'égarait pas dans quelques excès sanglant. Le résultat est un film hybride mais sympathique et divertissant (ce qui est déjà pas mal).

 

 

Contre toute attente, le film rencontre un succès inespéré qui engendrera un sous-genre (et pas mal de suites comme Revenge of the Ninja, Ninja 3 the Domination, American Ninja... ), mais qui aura aussi de curieux effets collatéraux (cf les ninjas de Godfrey Ho).

 

 

The Omega Man

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