Danger, Diabolik
Titre original: Diabolik
Genre: Comics / Mangas , Thriller , Aventures
Année: 1968
Pays d'origine: Italie / France
Réalisateur: Mario Bava
Casting:
John Phillip Law, Marisa Mell, Michel Piccoli, Adolfo Celi, Terry Thomas...
 

Le pays et la police sont en émoi : le génie du crime, Diabolik, est parvenu une fois de plus à déjouer et ridiculiser les forces de l'ordre en dérobant 10 millions de dollars. Ce qui a le don d'énerver l'inspecteur Ginko, mais aussi Valmont, leader plus ou moins contesté d'un syndicat criminel...
Il est beau, intelligent, sportif et il met tous ces avantages au service du mal. On ne sait quelle est sa véritable identité, car on ne le connaît que sous un seul nom : Diabolik. Vêtu d'une combinaison noire lorsqu'il prépare un coup, ce génie du mal a construit une gigantesque base souterraine (truffée de gadgets) qui lui sert de repaire, et de nid douillet en compagnie de sa superbe compagne, Eva Kant. Cette belle plante (Marisa Mell) ne se contente pas de jouer les potiches, mais assiste Diabolik lors de ses opérations. Tous deux partagent un amour sans limites et une passion dévorante pour l'argent et les bijoux.
Après les 10 millions de dollars dérobés au nez et à la barbe de l'inspecteur Ginko, la police se demande comment Diabolik va utiliser cet argent. Et bien, jamais l'expression "un matelas de billets" n'aura autant trouvé de sens, puisque Diabolik et Eva vont fêter cela dans un immense lit circulaire, tournant sur lui-même, les deux amants disparaissant sous un amas de billets de banques recouvrant tout le lit.
Mais Diabolik va devoir compter avec un autre ennemi, en dehors de Ginko : Valmont, chef d'un syndicat du crime. L'homme est harcelé sans relâche par Ginko, qui met à mal son trafic de drogue par des descentes surprises dans des boîtes de nuit. Le but de Ginko est de forcer Valmont à lui livrer Diabolik, en échange de quoi la police se montrera plus clémente envers son traffic. Cette alliance contre nature va-t-elle provoquer la perte de Diabolik ? Difficile, car c'est évidemment un adversaire redoutable. Mais Valmont ne tarde pas à trouver le talon d'Achille de son ennemi : Eva Kant. S'il parvenait à la kidnapper, il tiendrait enfin Diabolik...

 

 

Diabolik est à l'origine un comics italien rentrant dans la catégorie des fumetti, c'est-à-dire des bandes dessinées sombres, avec un érotisme léger et beaucoup de violence. La bd Diabolik a été créée au début des années 1960. Elle sera suivie de bien d'autres, comme Satanik ou Kriminal, également adaptées au cinéma.
C'est Dino De Laurentis qui obtient les droits de Diabolik. Il choisit Mario Bava pour réaliser le film, lui imposant deux vedettes réputées en Europe : John Phillip Law (qu'on retrouve la même année dans "Barbarella", autre comics produit par De Laurentis) et Catherine Deneuve. L'actrice française est flanquée à la porte par Bava au bout d'une semaine, et remplacée par l'autrichienne Marisa Mell. Et c'est tant mieux, pouvons-nous dire (même si le talent de Catherine Deneuve n'est pas à remettre en cause). Mais indéniablement, Le tandem Mell-Law (sans jeu de mots) fonctionne à merveille, et leur complicité transparaît durant tout le film.
Par contre, entre le producteur et le metteur en scène, les rapports ne sont pas aussi simples. De Laurentis veut un film léger, édulcoré par rapport à la bande dessinée. Mario Bava, lui, souhaite rester fidèle au fumetti, et faire ainsi un film très "sombre". Comme c'est souvent le cas, le producteur a le dernier mot, et Bava doit se plier a ses exigences. En contrepartie, le metteur en scène apportera sa patte personnelle, créant des décors délirants (pour un budget modeste), jouant sur les couleurs et la position des acteurs dans le décor, pour coller au mieux au style bd. Quant à la musique, elle sera signée Ennio Morricone. Une partition géniale mêlant la pop et le psychédélique, avec quelques accords jazzy, faite de "di-doo-da" et autres "waa-waahh", une bande originale qui fait partie des toutes meilleures dans son genre, avec celle de "Vampyros Lesbos" de Manfred Hübler et Sigfried Swab.

 

 

Alors, même si au final, Diabolik possède un esprit "pulp" et non "trash", ne boudons pas quand même notre plaisir, car on a vraiment l'impression de voir une bande-dessinée avec des personnages réels. Aux côtés du duo John Phillip Law / Marisa Mell (l'actrice sera aussi sublime dans "Perversion's Story"), on retrouve Adolfo Celi dans le rôle de Valmont, et, plus surprenant, Michel Piccoli dans celui de Ginko. Etrange choix car Piccoli est plutôt un "cérébral", et d'ailleurs on a l'impression qu'il passe à côté du film avec un certain détachement, n'étant ni bon ni mauvais, mais devant penser que ce film est décidément curieux.
Le film a fait l'objet d'un véritable culte, et pas toujours fort à propos, puisqu'il a inspiré Roman Coppola pour son film CQ, et une chanson hommage des Beastie Boys, "Body Movin" (visible sur les bonus) complètement nulle. Bien qu'étant passé plusieurs fois à la télévision, Diabolik n'a connu qu'une sortie restreinte en K7, en France, et pas d'édition dvd à ce jour. Surprenant, car bon nombre de Mario Bava sont disponibles dans notre pays. En tous cas, c'est un film à part dans la filmographie du réalisateur, plus réputé pour ses films gothiques et autres gialli. Une suite à Diabolik devait être réalisée, à la demande de De Laurentis, que refusa le metteur en scène. Qui sait à quoi aurait pu ressembler le film avec un autre producteur ?

 

 

Note : 8/10

 

Flint
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