Secret Pulsion
Titre original: Impulse
Genre: Horreur , Thriller , Psycho-Killer
Année: 1974
Pays d'origine: États-Unis
Réalisateur: William Grefé
Casting:
William Shatner, Ruth Roman, Jennifer Bishop, Kim Nicholas, James Dobson, Harold Sakata, Marcia Knight (Marcie Knight)...
Aka: I Love to Kill / Want a Ride, Little Girl?
 

Matt Stone, un gigolo macho hanté par un terrible traumatisme d'enfance, séduit des femmes riches qu'il dépouille de leur argent avant de les tuer. Lorsqu'il commence à fréquenter la belle Ann Moy, sa fille Tina ne tarde pas à douter des intentions du nouveau prétendant de sa mère...

 

 

Étrange thriller que ce Impulse qui débute sur des bases très proches de certains gialli et de leurs "traumas enfantins". Du reste, Secret Pulsion (titre vidéo français) bénéficie d'un tranchant préambule filmé en noir et blanc, dans lequel l'amant d'un soir, un ancien G.I. vulgaire, irrespectueux et violent, dépasse la limite et malmène une femme devant son gamin. Pas de bol, le sabre à portée de main du gosse fait office de châtiment instinctif. Champagne ! Bien entendu, comme dans tout bon giallo et psycho killer, la violence subie sera reproduite plus tard par la victime-même. Hélas, c'est à partir de là que les choses se gâtent et que Secret Pulsion pratique pendant un bon moment le hors-piste, épousant alors un rythme souvent anémique, fait de rencontres et de discussions peu folichonnes. Néanmoins, et malgré un temps de stagnation assez longuet, il ne se reprend pas si mal par la suite et bifurque dans un long segment mettant en avant les rapports entre notre psychopathe de service et la jeune fille de sa nouvelle proie. La chose devient dès lors même ambivalente puisque la gamine, qui a connu la mort prématurée de son père et se recueille régulièrement sur sa tombe, assiste, tapie à l'arrière de sa voiture, à la strangulation d'une conquête de notre charmant mais légèrement sanguin monsieur Stone. S'ensuit du coup, en plus des alertes lancées à sa mère, un jeu de chat et de la souris entre ces deux protagonistes.

 

 

Par ses aspects grand-Guignol flirtant avec le grotesque, Secret Pulsion n'est pas sans évoquer les travaux à venir d'un certain Brian de Palma. On pense à "Pulsion" en premier lieu, voire à "L'esprit de Caïn" et, à ce sujet encore, William Shatner peut même apparaître comme le grand-frère de Michael Caine et de John Lithgow. William Grefé bénéficie d'un étrange avantage sur le brillant cinéaste stylistique, ainsi que sur nombre de ses confrères : certes, il paye son tribu au cinéaste-modèle mais il ne joue jamais le rôle d'écolier studieux ou de copiste consciencieux sous influence hypnotique jouant dans l'immense cour cinématographique Hitchcockienne. Si tant est qu'on veuille apprécier la chose, c'est ainsi qu'il convient de voir Impulse pour l'apprécier. Shatner livre d'ailleurs une prestation bien plus dantesque que la triste réputation qu'on lui prête. Certes, quelques unes de ses crises pourvues d'insultes machistes prêtent à sourire, mais il s'agit ni plus ni moins d'une complicité malicieuse de spectateur placé devant une folie se manifestant en public, regardant un malade confronté à des faits tout à fait banals, créant du coup un violent décalage entre une folie incontrôlée et la normalité, en rien les traits d'un second degré se prêtant à la moquerie d'une composition soit-disant ridicule.

 

 

On pourra bien prendre Secret Pulsion par le petit bout condescendant de la lorgnette qu'il demeurera pourtant toujours plus inventif que bien d'autres tribulations de cinglés qui ont traversé les écrans et les traverseront encore. Soit, dans la confusion et l'excès, et même, pour certains, en dépassant les limites du ridicule, pourtant, les péripéties s'enchainent à bon rythme et les situations saugrenues ne manquent pas. Ainsi croise-t-on Harold Sakata (monsieur Chapeau de "Goldfinger") venant spéculer, sûr de lui, sur les bénéfices du tueur en série mais se faisant pendre à bout de bras peu de temps après ; Sakata étant plutôt du genre robuste, les choses ne s'arrêtent pas là, mais n'en disons pas trop...

Le "floridien" William Grefé n'a pas une réputation terrible et il est vrai que ses bobines sont la plupart du temps plus singulières que réussies ("Le Baiser du cobra" (Death Curse of Tartu), "The Naked Zoo", "Stanley", Les Mâchoires infernales...), pourtant, pourtant... Même si Secret Pulsion n'est clairement pas un parangon du genre psycho killer, il n'est ni le navet achevé, ni le Nanar dans lequel on aime à le ranger parfois. Il distille même ses petits moments de folie, par à-coups et en roue libre, à l'instar de son antihéros, ainsi qu'une action débridée, signe d'une fantaisie pouvant s'avérer, selon l'humeur, tout à fait délectable.
Disons pour conclure, qu'en évoluant loin des standards complexés et des figures imposées, il sort du lot. C'est toujours ça de pris !

 

 

Mallox

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