Silence qui tue, Le
Titre original: The Silent Scream
Genre: Horreur , Slasher , Psycho-Killer
Année: 1979
Pays d'origine: États-Unis
Réalisateur: Denny Harris
Casting:
Rebecca Balding, Brad Rearden, Yvonne De Carlo, Avery Schreiber, Cameron Mitchell, Steve Doubet, Barbara Steele, Juli Andelman, John Widelock...
 

Scotty Parker (Rebecca Balding), jeune étudiante, se retrouve au sud de la Californie à chercher une chambre à la dernière minute pour effectuer son semestre scolaire dans le comté. On lui conseille une pension de famille que gère Madame Engels (Yvonne De Carlo), une pension située dans les hauteurs de la petite ville où Scotty est de passage.
Mme Engels y vit avec Mason (Brad Rearden), son adolescent de fils et y héberge déjà pas moins de trois étudiants. Scotty ne tarde pas à emménager et à se lier d'amitié avec les autres jeunes gens. À l'issue d'une balade en groupe sur la plage, Peter (John Widelock), l'un des étudiants, fait des avances à Doris (Juli Andelman) après s'être enivré. Des avances ostensiblement repoussées. Il perd alors conscience sur la plage. Le jugeant trop ivre, Doris le laisse ainsi. Peter est réveillé plus tard de son "sommeil d'ivrogne" par un assaillant invisible qui le poignarde alors à mort avec un couteau de boucher.
Le lieutenant McGiver (Cameron Mitchell) est chargé d'enquêter. Cette enquête le mène en toute logique à la pension de famille qui semble receler de bien funestes secrets qu'elle va petit à petit dévoiler tandis que les meurtres vont s'y succéder...

 

 

L'entame de The Silent Scream est plutôt prometteuse. Filmée au ralenti, avec une musique à la Hermann/Donaggio, on pense être conviés chez Brian De Palma. Une référence flatteuse qui permet, outre de se croire en terrain connu, de mettre les sens en éveil.
Mais c'est ensuite que ça se gâte et que Le Silence qui tue ne tue pas grand monde.
La rupture de styles se fait brutale et de l'option stylisée on passe à l'option atone, dénuée de rythme, là où logiquement, passé le mystérieux prologue devrait s'installer un suspens ou, à défaut, une atmosphère. À ce sujet, la pension de famille, un manoir victorien sis sur une falaise surplombant l'Océan Pacifique possède une sacrée gueule ; il est du coup dommage qu'on en ait pas tiré davantage parti et c'est à peine si l'on compte un plan large sur cette propriété qui arbore tous les signes extérieurs des dangers régnant en son for.

 

 

S'ensuit donc la visite des lieux, en intérieurs. Deux yeux sont embusqués au plafond, dans une bouche d'aération, semblant scruter les pensionnaires dont Rebecca Balding dès son emménagement. Cependant, malgré ce mystère posé et le danger qu'il est supposé suggérer, The Silent Scream fige dès lors son action si longtemps qu'il nous amène à la lisière de l'indifférence.
Si ce n'était la partition efficace de Roger Kellaway, Le Silence qui tue nécessiterait un effort assez considérable pour impliquer un tant soit peu son spectateur. Certes, à son actif, il mise sur la psychologie des protagonistes pour mieux distiller l'effroi puis dévoiler son petit lot de surprises meurtrières schizoïdes, mais cette caractérisation reste trop sommaire pour susciter une véritable empathie envers ce qui ressemble à des pantins.
En passant, et à propos du compositeur Roger Kellaway, s'il n'est pas des plus connus ou reconnus, sa partition tient ici plus de l'hommage que de l’œuvre personnelle mais elle demeure malgré tout efficace. On sent l'auteur rompu au genre et ce n'est pas le fruit du hasard si, à se pencher plus en avant sur sa carrière, on s'aperçoit qu'on lui doit les compositions de "The Dark", "Les Marais de la mort", "Jaws of Satan", Messe noire, "Les Yeux du cauchemar", en plus d'avoir dirigé celle de "L'Invasion des profanateurs" version Kaufman.

 

 

Du coup, le ressenti qui s'opère ne tient pas de la tension propre au thriller mais de la distillation de nostalgie. Bien sûr The Silent Scream cite une énième fois Hitchcock et "Psycho" mais il semble surtout fier d'avoir récupéré quelques égéries d’œuvres aimées. Cameron Mitchell, avant Pieces, semble représenter le sieur Bava, 6 Femmes pour l'assassin, idem pour Barbara Steele, qui arrive très tardivement - il convient de le préciser afin de ne pas décevoir nos midinettes et autres groupies hardcore - et représente ici tout un pendant du gothique italien, sentiment renforcé avec l'omniprésence de gigantesques toiles d'araignée, et puis, bien sûr, Yvonne De Carlo, célèbre star hollywoodienne qui a jadis vu la mer rouge s'ouvrir, enchaîne alors ce genre de projets B ("Nocturna" de Harry Hurwitz, "Guyana, La secte de l'enfer", "Satan's Cheerleaders"...).

Au détour d'une scène où le jeune Steve Doubet regarde un vieux film (illustrant une scène de violence ou de femme, en noir et blanc et tourné pour l'occasion) et de part le rôle qu'il campe dans celui-ci, on peut penser par son côté psycho killer cinéphile au "Fondu au noir" que tournera l'année suivante Vernon Zimmerman.

 

 

Bref, l'ensemble s'avère décevant malgré qu'il regorge de bonnes intentions et même de bonnes idées ou encore de bons moments. La trame n'est pas assez resserrée et il semble manquer un metteur en scène de talent ou tout du moins pourvu de style et de vision personnelle. Si l'intrigue est trop décousue, la mise en scène de Denny Harris est quant à elle en dents de scie. Il semblerait d'ailleurs que The Silent Scream ait connu une première version en 1977, refusée par les producteurs car jugée insuffisante, et qu'il dut reshooter son film avec les acteurs ici-présents, en conservant cependant une dizaine de minutes de la première mouture. Ceci explique probablement l'aspect patchwork et le sentiment d'arythmie que dégage The Silent Scream.

Hormis les acteurs cités avant, on trouve dans The Silent Scream, le "moustaché" Avery Schreiber (Le Pirate des Caraïbes, "Airport 80 Concorde", L'Homme des cavernes, "Galaxina") et quelques jeunots et jeunettes en devenir (ou pas) : Steve Doubet, doté d'un physique de blondin banal peu charismatique, retournera aussi vite d'où il vient, c'est-à-dire à la case série TV, idem pour Rebecca Balding qui campe pourtant ici le rôle principal. Seul le tourmenté Brad Rearden fera illusion quelque temps, enchainant les seconds rôles pour le cinéma ("The Return" de Greydon Clark mais aussi "Terminator") avant de se volatiliser complètement des écrans !

 

 

Mallox

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