Emprise, L'
Titre original: The Entity
Genre: Fantastique , Possession
Année: 1981
Pays d'origine: Etats-Unis
Réalisateur: Sidney J. Furie
Casting:
Barbara Hershey, Ron Silver, David Labiosa, George Coe, Margaret Blye, Jacqueline Brookes...
 

L'Emprise est à la base un roman de 1978 signé Frank De Felitta, déjà auteur en 1975 du livre Audrey Rose, dont Robert Wise fit l'adaptation (plutôt moyenne) en 1977 sur un scénario de De Felitta lui-même. Un rôle de scénariste qu'il occupe aussi sur cette Emprise. Et ce n'est pas le seul point commun entre les deux films. Surfant sur la vague de manifestations démoniaques post-Exorciste, les deux films (et les deux livres, du coup) nous parlent d'esprits vivants dans notre monde et perturbant quelques peu les vivants.
Pour l'Emprise il s'agit d'un esprit particulièrement méchant, puisqu'il s'amuse à abuser sexuellement et à violenter une pauvre ménagère de banlieue (Barbara Hershey) à la vie familiale déjà compliquée. Une vie compliquée qui sera pour les psychiatres la raison de ses "attaques", qui du coup ne seraient rien d'autre que des manifestations de son subconscient. Cela dit, malgré leur aide, les choses ne vont pas changer et la ménagère, appelons-la Carla puisque c'est son nom, va faire appel à des parapsychologues, ce qui va être mal vu par les psy "classiques". A partir de là, il va y avoir guéguerre pour savoir si les manifestations sont réelles ou non.

 


Pas franchement original, comme sujet. D'ailleurs les agressions ne seraient pas d'ordre sexuelles, le film perdrait davantage d'intérêt. De là à dire que c'est un procédé putassier pour attirer le spectateur, il n'y a pas loin, surtout lorsque l'on voit que le film se targue d'être inspiré d'une histoire vraie, générique de fin nous parlant de la vraie Carla à l'appui (une inspiration "fait divers" déjà à la base d'Audrey Rose, d'ailleurs). Donc il faut se résoudre à l'évidence : le film n'a pas grand chose à dire. Il repompe un peu ce qui a pu se voir auparavant.
Ainsi, la mère seule avec ses enfants, ainsi que la destruction de la cellule familiale, est directement inspirée de l'Exorciste. Itou pour le coup des scientifiques qui tentent de prouver que tout a une explication rationnelle. Les manifestations sont quant à elles vaguement inspirées de ce qu'à pu faire Robert Wise dans La Maison du Diable (1963), avec effets de réalisation à l'appui.
Sauf que voilà, La Maison du Diable et l'Exorciste reposaient sur un vrai scénario ne se contentant pas d'aligner les manifestations surnaturelles. Ces films étaient avant tout des films de personnages, ce que L'Emprise n'est pas. Ainsi, entre chaque scène-choc, il n'y a rien. Juste de vagues progressions scénaristiques destinées à amener la prochaine scène fantastique.
Celles-ci ne sont d'ailleurs pas pour autant réussies. La réalisation de Syndey J. Furie (Superman IV) tente de recopier le style particulier de Robert Wise, sans pour autant arriver à l'égaler. Du coup, on se retrouve avec des cadrages de travers, plus annonciateurs de la nullissime réalisation du nullissime "Battlefield Earth" (Roger Christian, 2000) qu'inspirée de La Maison du Diable. Du reste, les scènes de viols paranormaux ne sont même pas particulièrement marquantes. On y voit les seins de Barbara Hershey qui sont pressés par rien du tout, et puis c'est à peu près tout.

 


Il y a bien cependant quelques menus détails à sauver. La performance de l'actrice principale. La tension dans la maison, qui est palpable avant chaque attaque : l'entité étant invisible, elle peut frapper n'importe quand... Assez stressant pour le spectateur et les personnages. Mais ces moments de tension, trop rares, et encadrés d'une part par des attaques molles et d'autre part par du blabla scientifique, ne suffisent pas à relever l'intérêt d'un film qui dure plus longtemps que de raison (2 heures) et qui se termine d'une façon franchement ridicule (mais je n'en dis pas plus pour ne pas vous gâcher la surprise).


Bref, un film médiocre, tout sauf original, à la réputation pourtant assez savoureuse, chose uniquement due à ses scènes de viols pourtant ratées. Ses meilleurs moments restent les scènes de silence et de calme avant la tempête. Des courts moments malheureusement noyés sous des scènes péteuses... Dommage : en réduisant le film d'une bonne demi-heure de parlotes scientifiques, cela aurait pu fonctionner...

 


Note : 4/10

 

Walter Paisley
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