Gladiatrices, Les
Titre original: Le gladiatrici
Genre: Peplum
Année: 1963
Pays d'origine: Italie
Réalisateur: Antonio Leonviola
Casting:
Joe Robinson, Suzy Andersen, Harry Baird, Claudia Capone, Maria Fiore, Carla Foscari...
Aka: Thor and the Amazon Women
 

Les gladiatrices est le quatrième péplum du sieur Antonio Leonviola et son dernier ; avant de livrer ce testament "péplumesque" si j'ose dire, le bonhomme aura tourné les deux jolis petits fleurons du genre que sont "Maciste contre le cyclope" surtout et "Maciste, l'homme le plus fort du monde" ; l'année suivante il met en chantier deux films en même temps avec les mêmes acteurs, et ce dans les mêmes décors ; nous avons alors droit à "Tarzan, la force brutale" (rebaptisé "Taur, la force brutale" après quelques menus soucis avec les héritiers d'Edgar Rice Burroughs) et ce qui peut être considéré comme sa suite, celui qui nous intéresse plus particulièrement ici, Les gladiatrices.
Il est à noter que l'histoire est censée se dérouler il y a dix mille ans et on est donc bien loin de l'Antiquité ; malgré ses emprunts multiples à cette période, on pourra alors classer ce film à mi-chemin entre le "péplum" et "l'heroic fantasy".
Dans ce film là, notre bon Taur (Joe Robinson, ex champion de judo) se fait enlever par une tribu d'amazones organisant à foison des combats de gladiatrices ; Taur n'est alors pas au bout de ses peines et devra à nouveau combattre Nera, la reine noire qu'il a déjà combattu dans l'opus précédent.

 

 

On aura droit surtout, le film se voulant avant tout un divertissement populaire, à une succession de combats assez cruels ; c'est normal vous me direz, les Italiens restant les maîtres dans l'art sadique (avec les Japonais) : cela ne sera pas démenti ici, heureusement.
A leur entrée dans l'école des gladiatrices, chaque combattante se voit attribuer vingt et un anneaux ; un anneau sera retiré chaque fois qu'un adversaire sera vaincu et tué et celles-ci se verront affranchies lorsque tous les anneaux leur auront été retirés ; la principale postulante à qui il ne reste que deux anneaux à enlever est, du reste, d'une cruauté qui n'a d'égal que son invincibilité et ma foi, c'est une vraie tueuse sanguinaire qui fait à elle seule le petit prix du film et je serai presque tenté de dire que ça s'arrête là.

 


On se serait passé de ce dadais de Taur, car dès qu'il entre en jeu, l'intérêt du film se dissipe quelque peu... Il faut dire aussi que Taur est l'un des plus gros blaireaux qu'on ait jamais vu dans un péplum héroico-fantaisiste ; l'acteur, à l'instar de son personnage, semble en totale adéquation si bien que l'on se demande si on aurait pas non plus manqué un épisode, dans lequel celui-ci aurait subi une lobotomie par un troupeau de nains noirs.

Si j'évoque des nains noirs, ce n'est d'ailleurs pas à titre gratuit, car dans les deux précédents films de monsieur Leonviola, Maciste était flanqué d'un alter ego noir, l'athlète Paul Wynter, tandis qu'ensuite, Taur formera un couple quasi homosexuel avec son faire-valoir et compagnon noir, le naïf Ubaratutu (Harry Baird) qui, con comme ses pieds, se fera séduire par Nera, la reine noire évoquée ci-dessus, afin de mieux atteindre son ennemi juré, le grand, le beau, le musculeux Taur.On se demande alors s'il s'agit d'humour, mais pas très longtemps, car on comprend assez vite que oui, c'est bien de l'humour mais à teneur raciste et post-colonialiste qui veut s'ignorer, où le noir est bien gentil mais surtout très con et heureusement que Taur est là pour relever le niveau ! Du coup on se tourne vers lui et ses dialogues paternalistes à péter de rire qui foisonnent dans ces Gladiatrices, constatant tristement que celui-ci n'est en revanche traité sans aucun humour même s'il est encore plus con que son acolyte de couleur qu'on croirait ressorti d'un vieux Tarzan, avec une banane dans la tête en lieu et place de cerveau (on revient donc à Tarzan !).

 


Pareil, alors que j'avais voté pour un film à tendance féministe, ou tout du moins le titre me laissait croire que les femmes auraient une belle place au sein du film, ce qui faisait son intérêt principal à mes yeux, eh bien non, Taur semble être le double de Leonviola et on se demande comment toutes ces femmes pourraient se gérer sans lui ; le film fonce alors dans un machisme presque totalitaire, renvoyant la femme à sa vraie place, c'est à dire au coin du feu !
Elles sont en effet incapables de gouverner et même l'héroïne du film, la princesse Tamar, en est convaincue et ne combat les guerrières nyalas, qui ont asservi le peuple de Babylos, qu'à la seule fin de remettre sur le trône son frère cadet... Du reste, Taur à l'issue d'un combat contre cent unes guerrières (peu spectaculaire, fantaisie pour fantasy ça l'aurait peut-être mieux fait avec des dalmatiens...), triomphera comme il se doit, ramenant ces femmes païennes dans le droit chemin et à leur juste place (la mort le plus souvent), d'ailleurs les femmes "normales" du film, condamnées à lutter comme gladiatrices, préféreront se laisser tuer, ou encore se suicideront, plutôt que de se combattre entre elles ; normal, leur place n'est pas ici, elle ne sont sur terre que pour enfanter et faire la popote.

Comment donc apprécier ce film qui à la fois pue de la bouche, Taur ne se lavant jamais les dents avant d'approcher femme, et dans lequel même les combats sont décevants et surtout très répétitifs ? Au bout de deux trois gladiatrices empalées sur les pics qui cernent les lieux des affrontements, on a vite photographié le paysage et l'état des lieux, et on se lasse rapidement ; ce ne sont certainement pas quelques emprunts déviés à des classiques, comme cette scène où deux gladiatrices amoureuses l'une de l'autre, se retrouvent à s'affronter et préfèrent se suicider dans les bras l'une de l'autre (exit les gouines ?!), qui rachèteront cette mauvaise fantasy bien peu héroïque tant moralement que cinématographiquement.

 


Note : 3/10

 

Mallox

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