Hanzo the Razor, l'enfer des supplices
Titre original: Goyôkiba : Kamisori Hanzô jigoku zeme
Genre: Chambara
Année: 1973
Pays d'origine: Japon
Réalisateur: Yasuzo Masumura
Casting:
Shintaro Katsu, Kei Sato, Ko Nishimura, Toshio Kurosawa...
 

Gros bourrin irrévérencieux et prêt à tout pour rendre la justice, Hanzo est un peu l'inspecteur Harry chez les samouraïs, le sabre remplaçant avantageusement le Magnum pour un résultat plus sanglant et tout aussi efficace.
L'enfer des supplices, la poursuite de deux voleurs l'amène rapidement à dérouler une enquête criminelle remontant jusqu'aux plus hauts sommets du pouvoir, la découverte d'un cadavre de femme et d'une faiseuse d'anges étant deux autres éléments déclencheurs d'une quête de la vérité aussi obstinée que brutale. Bourru, son seul souci est d'assurer le bien-être des concitoyens d'Edo qu'il est chargé de protéger et que les dévaluations successives de la monnaie ont fortement appauvris, les entraînant parfois sur les pentes savonneuses des crimes et des délits. Il se révolte aussi contre les magouilles des corrompus de tout acabit, surtout quand ils sont illustres et profitent de leur pouvoir pour en abuser.

 

 

Après une séquence pré-générique de près de sept minutes introduisant le personnage dans toute sa splendeur, le film nous offre encore plus d'une heure vingt d'aventures de cet héroïque policier sorti d'un manga de Kazuo Koike. Outrancier et fantasque, Hanzo manie le sabre avec fougue mais ce n'est pas sa seule arme. L'une de ses bottes secrètes réside dans la taille de son sexe et dans l'utilisation qu'il fait de celui-ci pour faire parler les plus récalcitrantes, fussent-elles bonzesse adeptes de Bouddha à la tête d'une maison de thé olé-olé ou gardienne de trésor veuve depuis trop longtemps.
S'il aiguise probablement son sabre et ses diverses armes tranchantes (ce qu'on ne verra pas), il prend en tout cas un soin tout particulier de son énorme chibre, n'hésitant pas à le battre à grands coups de gourdin pour le rendre plus solide (?) ou à le planter dans d'énormes sacs de riz dans une étreinte fougueuse et avec un sérieux n'interdisant pas le rire.

 

 

On le voit, l'inspecteur Hanzo n'est pas très conventionnel et le film est à son image : décalé, sanglant et très réjouissant. Le bedonnant Shintaro Katsu imprègne son personnage et lui donne une consistance sans faille, quels que soient ses actes, même les plus fous, légèrement pince-sans-rire et toujours dans le ton.
Qu'il provoque son supérieur (qu'il appelle "Serpent" Magobei, au grand dam de celui-ci) ou lui donne des ordres, qu'il entraîne ses deux assistants, poltrons mais liés à lui par un secret bien gardé, dans une opération risquée, qu'il se batte contre dix adversaires à grands coups de sabre et de chaîne, Katsu est Hanzo et entraîne avec lui tout le casting, admirablement composé.
L'enfer des supplices est le deuxième épisode d'une série qui en compte trois et il offre un spectacle hautement recommandable d'action et d'humour mâtiné d'un soupçon d'érotisme aussi déviant que jouissif. Suite de moments forts, il garde un rythme soutenu et palpitant culminant dans quelques séquences mémorables comme celle de la maison d'Hanzo, piège mortel pour ses adversaires ou comme celle de la maison de thé où un riche commerçant corrupteur et sadique nous offre un visage de jubilation haineuse vite remplacé par un masque grimaçant de douleur sous les coups de notre justicier de tous les excès. Vite, la suite !

 

 

Note : 9/10

 

Bigbonn
 
A propos du film :
 
# Adapté du manga éponyme de Kazuo Koike.
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