Igor and the Lunatics
Genre: Horreur
Année: 1985
Pays d'origine: Etats-Unis
Réalisateur: Billy Parolini
Casting:
Joseph Eero, Mary Ann Schact, Joe Niola, T.J. Glenn...
 

Cette regrettable production Troma s'ouvre avec une jeune femme lisant le journal intime de son compagnon, et se concentre donc sur le long flash-back ininterrompu à propos de ce que ledit compagnon a à raconter. Une histoire de secte hippie, qui sous la domination du leader Paul et de ses prêtres se livrait à la fin des années 60 à la débauche de sexe, de drogue, et même de violence pour les récalcitrants qui auraient souhaité quitter l'organisation. Après que la police ait fait une descente, Paul fut arrêté et envoyé en prison, d'où il sera libéré en 1983, ce qui va lui permettre, en compagnie de ses ex sbires les plus dévoués, de dessouder le plus de monde possible. C'est que le bonhomme, loin d'être guéri, sera devenu encore plus fêlé...

 

 

Une référence ouverte au cas Charles Manson que ce Igor and the Lunatics (Igor étant le nom du principal prêtre de Paul, et sans conteste le plus taré du lot, faisant fort penser au Chop-Top de Massacre à la Tronçonneuse). Comme Manson, Paul fut un gourou hippie qui rassembla sa communauté (sa "famille", comme disait Manson) dans des lieux isolés, à la campagne. Comme lui, il délègue beaucoup ses crimes. Comme lui, Paul est célèbre dans les services de police, puisqu'il fut libéré avant la phase ultime de ses meurtres. Comme lui, il va s'en prendre à une femme nommée Sharon (le drame du meurtre de Sharon Tate, commandité par Manson)...
On notera la légère critique de la police dans le film de Parolini, qui ironise sur l'incrédulité et l'inefficacité des forces de l'ordre. Cependant le film se veut avant tout un film d'horreur, gore de préférence. Il l'est un peu : plusieurs scènes sanglantes sont à signaler, même si elles s'accompagnent d'effets spéciaux particulièrement amateurs. Mais derrière ça, le film se révèle particulièrement pénible. Le personnage de Paul ne sera finalement, à partir de sa libération de prison, qu'un fêlé de plus, qui en compagnie de ses disciples ressemble un peu aux familles que l'on trouve dans des oeuvres telles que "La Colline a des Yeux" ou "Massacre à la Tronçonneuse".

 

 

L'erreur est aussi d'avoir axé le film autour des personnages de Tom et de Sharon. Le premier est un homme qui a su échapper à la secte dans les années 60, et qui va ici essayer de retrouver Paul et de s'opposer à ses actes "abominables". La seconde est la future victime des psychopates post-hippies. Rajoutons à ça une sous-intrigue minable, celle de Tom, qui avait en son temps laissé son enfant et son amante à la merci de Paul... Bref, cette seconde moitié de film n'est guère qu'un mélange maladroit entre slasher et survival, ponctué de longues scènes molles et inintéressantes sur les vagues indices qui mèneront au final inéluctable : la confrontation des "gentils" et des "méchants".
Quant à la première partie du film, dans les années 60, rien de bien terrible à signaler non plus. Une seule scène sort un peu du lot : elle nous présente une femme essayant de s'échapper, mais qui sera rattrapée et mise à mort de façon cruelle. Une scène avec du sang, des seins, et de la persécution... La seule scène véritablement typée Troma du film. Du reste, on nous la montrera deux fois quasiment à l'identique. Le reste échouant totalement à nous présenter un Paul charismatique, manipulateur et cruel (il faut dire que les acteurs n'aident guère). On aura donc droit à du droit de cuissage vaguement effleuré, à du discours de secte hippie standard et à de la violence à peine suggérée.
Et le tout de s'achever avec la fermeture du récit, donc après que l'héroïne ait fini de lire le journal du héros. Classique, et digne d'une fin de slasher quelconque.

 

 

Un foirage total que ce film Troma, qui aurait pu se révéler malsain et choquant, et qui au final n'est que rébarbatif et pas drôle. Un scénario qui devient de plus en plus n'importe quoi (un beau bordel dans les personnages secondaires, d'ailleurs), qui passe totalement à côté de son sujet par manque de folie, ou d'idées. Le comble pour un film produit par Troma, firme malheureusement assez coutumière de ce genre de ratés, si l'on fouille un peu au-delà des standards tels que la série du Toxic Avenger et autres Kabukiman... On s'ennuie, et on est heureux quand ça se termine.

 

Note : 3/10

 

Walter Paisley
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