Psychose Phase 3
Titre original: The Legacy
Genre: Thriller , Maisons hantées , Satanisme
Année: 1978
Pays d'origine: Angleterre / Etats-Unis
Réalisateur: Richard Marquand
Casting:
Katharine Ross, Sam Elliott, Roger Daltrey, John Standing, Ian Hogg, Margaret Tyzack, Charles Gray...
 

Passons assez vite sur le titre Français, "Psychose Phase 3" donc, car on pourra chercher longtemps son sens au sein de cette assez laborieuse variation sur le thème de la maison hantée, on n'y trouvera aucune résonance, hormis celle peut-être de remplir les files d'attente, ce qu'il avait réussi à faire en son temps. On gardera donc une fois de plus le titre original "The Legacy" ("l'héritage") puisque c'est en revanche bien de cela qu'il s'agit ici, à tout niveau.
Pour l'histoire déjà que voici, pas si mauvaise du reste, et que l'on doit à Jimmy Sangster, responsable (mais pas coupable) en son temps de pas mal de réussites au sein de la défunte Hammer, dont une "Malédiction de Pharaons", un "Frankenstein s'est échappé", ou encore un "cauchemar de Dracula" et même ailleurs encore un beau script pour Joseph Losey et son excellent "Les Criminels" ainsi qu'un "Phobia" en 1980 pour John Huston ; bref, un homme de talent qui n'a jamais chômé...
Margaret Walsh (Katerine Ross / Butch Cassidy et le kid) et son compagnon Pete Danner (Sam Elliot / Frogs), résidents Américains s'en vont en Angleterre, en moto (?!) afin d'y passer des vacances méritées, lorsque ceux-ci sont victimes d'un accident, renversés par un mystérieux millionnaire qui les invite pour donner le change, au sein de son immense manoir.
Ceux-ci, acceptent l'invitation, et par la même occasion, font la connaissance alors d'autres invités dans la demeure (certains arrivant même en hélicoptère) ; ces invités se révèlent assez vite étranges, puisque la raison de leur présence semble être l'attente d'un testament pour le moins très flou du dit millionnaire ; après avoir fait connaissance et lié contact, les invités se mettent à mourir les uns après les autres dans des circonstances plutôt atroces... On entre alors dans un postulat "dix petits nègres" qui a tant servi ou sévi au sein du genre.

 

 

Allons-y gaiement, car le film commence sur les chapeaux de roues (c'est le cas de le dire !) avec l'une des musiques les plus affligeantes de tous les temps, presqu'indigne d'une b.o d'ascenseur Hongkongaise, et le générique du début ressemble de plus, à un très mauvais générique de fin, ce qui nous alerte d'entrée : c'est certain, ce ne sera pas un grand film ! Et Putain que cela commence mal... pas grave, je m'arme de patience, et là top du top, nos deux protagoniste chevauchent une moto comme des bikers attardés, moustache et cheveux au vent, se rendant ainsi en amoureux transis en Angleterre, avec toujours cette même musique abominable.
Las, la première demi-heure du métrage est quasiment au même niveau, à savoir, au ras des pâquerettes ; l'accident est filmé comme dans un téléfilm de série, tout comme leur arrivée au château et leur rencontre avec les autres invités, qui ne suscite qu'ennui, tant c'est plat, voir ridicule (mention spéciale à Roger Daltrey qui semble se parodier sans le vouloir en Rock Star), et encore heureux qu'un chat blanc traîne ici, le seul à susciter un intérêt quelconque avec l'infirmière de service, mais on saura vite que l'un et l'autre ne font qu'un ; je ne spoile pas en disant cela, car il faudrait être aveugle pour ne pas voir que quand le chat apparaît, l'infirmière disparaît au préalable et vice versa.
Artifice donc, d'une mise en scène téléphonée à l'extrême, et il convient de signaler par la même occasion que le réalisateur est loin d'être un flèche, et hormis un "l'arme à l'oeil" en 1981 plat mais intéressant, fut responsable, on le sait bien, d'un "Retour de jedi" moins bon qu'un épisode des Muppet show, d'un "French Lover" lamentable et ridicule, ainsi qu'un polar "à double tranchant" aussi médiocre que le premier Adrian Lyne venu.
Arrive donc la partie "héritage" filmique en tout genre, évoquée au début, qui reste pourtant le meilleur du film, avec enfin une belle scène, où l'une des invités ayant squatté la piscine du riche tenancier, se fait des petits plongeons et quelques brasses avant de périr noyée, ne pouvant pas remonter à la surface, celle-ci se voyant alors pourvu d'un mur invisible, sans doute dû au pouvoir du grand Satan ; première bonne scène donc, car on suffoque pour la jeune femme, et l'on est renvoyé ici à nos pires craintes claustrophobiques ; qui plus est on pense même au Argento de Suspiria (et plus tard Inferno), tant la scène est stylisée, toute en contrastes verdâtres, dans un décor baroque, et même bien filmée.

 

 

Argento encore, mais aussi "rosemary's baby", lorsque d'un passage de bague par le démoniaque millionnaire, on entre-aperçoit sa main à travers le voilage du lit, qui nous renvoie directement à la sorcière de (encore) "suspiria", ainsi qu'au final du chef-d'oeuvre de Polanski ; pareil pour le pré-final que je ne dévoilerai pas entre Margaret et le richissime monstre ; encore et toujours Argento lorsque dans une nouvelle scène de mort atroce, un miroir s'emballe, se brisant en des éclats assassins, et mues par la force obscure qui hante le château, viennent transpercer la victime méchamment, et on obtient même ici, la plus belle scène de ce "Legacy" sous influence Argentesque pour le moins (quoique opportunisme me paraît mieux convenir en fait) ; néanmoins, je ne peux qu'admettre qu'elle est graphiquement magnifique et n'a presque rien à envier au maestro. Pour finir d'énumérer les morts subites, nous aurons droit à une immolation sympathique bien dans le ton gore de l'époque et un pistolet qui s'emballe et pète au nez de son prétendu tireur.
Une scène intéressante aussi, celle dans laquelle le couple tente de s'échapper des environs au volant d'une Rolls Royce et se voit ramené quelque soit le chemin emprunté, au peu accueillant château (là encore la musique intervient et vient rendre quasiment ridicule la scène) ; idem, la fin, et sans la dévoiler, reste assez sympathique dans une tradition très british où le mal triomphe avec humour.
Pour finir, niveau casting, on est bien content de retrouver Charles Gray qu'on a aimé dans "les vierges de Satan" ainsi qu'en méchant dans deux James Bond, Katerine Ross manque de charisme mais passe encore, Roger Daltrey, j'en cause à peine tant je me demande le recul qu'il a put avoir sur son rôle débilissime à jouer, Lee Montague en Jacques Grandier s'en sort plutôt pas mal, mais alors le comble ici, l'acteur n'étant pas forcément à remettre en cause, c'est Sam Elliott qui a l'air aussi concerné qu'une patate dans un champs de maïs, défendant un personnage, d'une part dispensable, mais en plus à la limite de l'incompréhensible, tant le type reste presque impassible et tellement "coooooooool" devant pourtant une avalanche plus que conséquente de révélations sataniques et de morts violentes... comment croire alors au film lorsque le candide de l'affaire tient davantage du poulpe que du cervelé normal qui prendrai les choses en main ?

 

 

Bref, sans être un navet tout en s'en approchant dangereusement parfois, on peut largement préférer à l'époque, d'autres variations sur le même thème, bien plus réussies et personnelles que ce film là, dont les seules qualités tiennent de son scénariste et de quelques scènes réussies mais sentent davantage l'opportunisme et le copiage pur que l'inspiration personnelle.

 

Note : 5/10

 

Mallox
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