Putain, La
Titre original: Whore
Genre: Drame
Année: 1991
Pays d'origine: Etats-Unis
Réalisateur: Ken Russell
Casting:
Theresa Russell, Benjamin Mouton, Antonio Fargas, Michael Crabtree, John Diehl, Ken Russell, Ginger Lynn Allen, Sanjay, Jack Nance,Danny Trejo, Jason Saucier...
 

Liz, une prostituée, se donne aux hommes, une monnaie courante pour elle. Trop sans doute, car l'impression de saturation et de lassitude que lui procure la vie qui en découle l'amènent à dévoiler son âme, en racontant son histoire... Ken Russell n'est pas un réalisateur réputé pour son bon goût, il aurait même une prédisposition à la provocation ce qui l'entraîne parfois au limite du ridicule. Mais l'homme peut s'enorgueillir d'avoir réussit quelques chef d'oeuvres dont le plus connu restera "Les Diables", qui ne l'oublions pas relança la mode de la nunsploitation. Parmi ces autres titres on peut retenir "Malher", "Tommy", "Lisztomania", "au-delà du réel", "Les Jours et les Nuits de China Blues"...

 

 

Tourné en dehors des grands studios avec un budget et une équipe réduite, "La Putain" fait penser à ces productions ambiguës qui sous le couvert d'un pseudo étude de moeurs, tombe souvent dans le voyeurisme le plus sordide ("Moi, Christiane F..."). Ce n'est pas tout à fait le cas ici, en effet le film a été tourné par Ken Russell en réaction au "Pretty Woman" sortit un an plutôt. Le choix de Theresa Russell dans le rôle de Liz est l'une des meilleures idées du film, total antithèse de la grande baudruche à lèvres de mérou (Julia Roberts). Elle réalise ici un très beau numéro de composition et sauve carrément le film par sa gouaille et son aplomb. Toujours sur la corde raide et à la limite du cabotinage, elle ne sombre pourtant jamais dans le ridicule. Elle réussit le tour de force d'être à la fois émouvante et touchante, sans tomber dans le pathétique.
Le scénario est inspiré d'un livre écrit par un ancien chauffeur de taxi qui a compilé tous les témoignages de ces clientes prostituées. Le script fourmille ainsi de quelques touches de réalisme cru qui sente bon le vécu (et la crevette). En effet on voit mal Julia Roberts entrain de "branler" son client sous la table d'un air dégagé ou se lécher vigoureusement la main pour se "lubrifier" avant de passer à l'acte.

 

 

S'adressant directement à la caméra comme s'il s'agissait d'une personne, Liz / Theresa nous raconte son histoire tragi / comique fait de coups durs (son mariage, le viol collectif dans la camionnette, l'agression sanglante d'une collègue...) et de joie (son fils, la vie avec sa petite amie...). Elle nous retrace son cheminement de simple serveuse, à qui un soir on propose d'arrondir ces fins de mois minables, au statut de "professionnelle". Elle nous parle de ces clients et de leur manie, ce qui donne lieu à plusieurs saynètes hilarantes. Comme celle du vieil amateur d'avocat (le fruit) qui se fait flageller par une Theresa harnachée en SM jusque dans sa maison de retraite ou celle du fétichiste amateur de chaussures ! En même temps qu'elle se confie à la caméra Liz doit aussi essayer d'échapper à un souteneur particulièrement sadique qui la poursuit. La pauvre pensant lui échapper acceptera une passe dans un parking souterrain, mais son client décédera pendant l'acte (une belle mort). Elle ne devra son salut qu'a l'intervention providentielle d'un clochard (excellent Antonio Vargas), qui sera très justement récompensé.
Voilà un film qui ne plaira peut être pas à tout le monde, mais qui a moins le mérite d'exister. Tourné presque de manière amateur "Whore" est loin d'être le meilleur film de son auteur, mais il s'en dégage un petit parfum de contestation et de liberté (de langage) qui ferait presque tache (de quoi ?) dans le paysage aseptisé du cinéma américain contemporain. Le film produit par Trimark et distribué de manière presque confidentielle en salle par Lion's Gate Films, obtient un tel réel succès sur le câble et en vidéo qu'une suite fut immédiatement tournée.

 

 

De toute façon il restera pour moi le plaisir coupable d'admirer plein écran l'un des plus beau (et imposant) postérieur du septième art engoncé dans une mini jupe de cuir rouge et de voir descendre la fermeture éclaire dévoilant petit à petit la raie de deux énormes fesses, à coups sur un grand moment de cinéma et de mauvais goût assumé. Un film dans lequel on peut dire que Theresa Russel nous donne (montre) le meilleur d'elle.

 

The Omega Man
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