Rats de Manhattan, Les
Titre original: Rats - Notte di terrore
Genre: Science fiction , Agressions animales , Post-apocalypse
Année: 1984
Pays d'origine: Italie
Réalisateur: Bruno Mattei
Casting:
Richard Raymond, Janna Ryann, Alex McBride, Richard Cross, Ann-Gisel Glass...
 

Dans un monde post-apocalyptique, 225 années après qu'une guerre atomique ait ravagé la planète, un groupe de survivants erre sur la terre dévastée. Tandis que sous eux, dans le monde d'en dessous, d'autres hommes, qu'ils ont oublié depuis longtemps, survivent également. Bref, notre groupe de survivants, tendance Mad Max 2, écume les ruines pour trouver de la nourriture ainsi qu'un endroit où se loger. Et ils trouvent tout cela à Manhattan, dans une demeure au sein de laquelle prolifèrent les rats. Ces derniers vont très vite devenir hostiles...

 

 

Bon, eh bien c'est un nanar de joli calibre que nous avons là. Comme Bruno Mattei sait en faire. Déjà l'aspect Mad Max 2 est évident à travers les costumes, vaguement punk, cuir, très typés 80's, avec au passage un grand merci aux acteurs (lesquels par ailleurs se donnent des noms américains dans la plus pure tradition du cinéma bis italien, histoire de faire plus "mode"). Des acteurs pour certains particulièrement mauvais, nous y reviendrons.
Bref tout ce petit monde incarne plusieurs personnages typiques : le chef. Son homme de main. Le rebelle à l'autorité du chef. Deux chauds lapins. Une noire. Une hystérique... Bref de quoi remplir les quotas de stéréotypes. Ce que Mattei ne se prive pas de faire. Parlons un peu du jeu d'acteur, en général assez mauvais. Mention au couple de chauds lapins, qui prévaut autant pour la conne à poil que pour le mec ivre et aussi limité que sa copine de caleçon (la preuve : il n'arrive même pas à ouvrir la fermeture de leur sac de couchage).
Et mention aussi et surtout à la fille hystérique hurlant "Je ne veux pas mourir" durant tout le film et malgré les obstacles rencontrés (chute dans l'escalier, par exemple). Bien entendu, d'analyse psychologique il n'est pas question. Tout juste le vilain se révèle-t-il de plus en plus méchant, et la fille hystérique de plus en plus bête.

 


Il faut dire que le chef du groupe est vraiment gratiné. Le vilain veut donc devenir chef à la place du chef, et il prétexte que le chef actuel n'a amené que des échecs. Ce à quoi les autres s'offusquent, tandis que le spectateur est amené à faire de même, parce que le chef, ben il est sympa. Oui mais voilà : ce chef est peut-être sympathique et généreux, mais il est véritablement un raté qui, de part ses mauvaises décisions, n'a amené que des problèmes.
Notamment l'hilarante séquence du siège que s'apprêtent à tenir les héros, retranchés dans une pièce pour échapper aux rats. Alors que l'attaque commence, le groupe se rend compte de deux choses : "Ah merde, on a oublié de barricader la fenêtre" et "Merde, on a oublié de prendre de l'eau". A partir de là, un changement de chef s'imposait quand même...
Quant aux rats, et bien ils sont décevants. Là où on aurait pu s'attendre à des effets grossiers nous attendent en fait des rats plutôt bien fignolés. Voire réels. Avec des stock-shots, aussi. Mais tout de même, Mattei ne résiste pas à la tentation de faire quelques plans chocs. Un plan très rapide sur un rat avec ses petites dents acérées. Et une scène où le chef-rat, un rat tout blanc, s'élance vers le dernier survivant dans un plan faisant furieusement penser au lapin du "Holy Grail" des Monty Python. Ne parlons même pas de la fin, qui dans son aspect Planète des Singes laissera pantois le plus stoïque des spectateurs.

 


Passons rapidement sur les invraisemblances ou autres bêtises (le groupe, joyeux d'avoir trouvé de la nourriture vieille de 200 ans, s'amuse à se la balancer à la gueule en la gaspillant honteusement, ou bien le coup de l'ordinateur auquel on arrive à faire prévoir l'avenir en donnant un coup de pied dedans, genre Fonzy sur son juke-box) pour nous attarder sur le message.
Il n'y en a pas, bien sûr. Ou alors nous nous rapprochons de la philosophie de comptoir, avec la sempiternelle question : "Mais où va le monde ?". Eh bien Mattei, en bon réalisateur engagé et en bon adepte de George Miller, nous montre la déchéance. La Terre est devenue le domaine des rats, et les hommes sont des intrus qui seront irréversiblement vaincus.
Bref, pas grand chose pour relever l'ensemble. Un zeste de gore assez bienvenu, tout de même. Un joyeux nanar, qui se prend quand même au sérieux, et qui donne dans l'humour involontaire. Un peu pourri mais bien quand même, donc.

 


Note : 5/10

 

Walter Paisley
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