Samouraï sans honneur
Titre original: Tange Sazen : hien iaigiri
Genre: Chambara
Année: 1966
Pays d'origine: Japon
Réalisateur: Hideo Gosha
Casting:
Nikkosuke Nakamura, Tetsuro Tamba, Keiko Awaji, Wakaba Irie, Bin Amatsu...
 

Avec "Samouraï sans honneur", Hideo Gosha nous livre sa vision du mythe de Sazen Tange, le ronin borgne et manchot, imaginé par l'écrivain Fubo Hayashi. Une figure emblématique du chambara qui fit l'objet d'une vingtaine d'adaptations cinématographiques et qui inspira certaines des figures les plus marquantes du film de sabre, qu'il soit japonais ou hong-kongais, que ce soit Zatoichi, le masseur aveugle ou Fang Gang / Lei Li, le sabreur manchot de la trilogie de Chang Cheh.

 

 

Le film de Gosha semble être le remake d'une version de 1935 intitulée Sazen Tange and the pot worth of a million ryo. Le "pot" en question, c'est une jarre, au coeur de l'intrigue.
Le shogun convoite le territoire Yagyû. Un de ses conseillers cherche alors à ruiner leur clan, en leur forçant à investir dans la rénovation d'un temple. Le seul espoir des Yagyû : cette mystérieuse jarre, trésor familial d'une valeur d'un million de ryos (je vous laisse le soin de la conversion en euros) qu'ils s'empressent de faire importer de la contrée voisine. Mais la nouvelle se répand bien vite et nombreux sont ceux qui la convoitent, les hommes du conseiller shogunal les premiers. Mais lorsque la jarre tombe entre les mains de Sazen Tange, il fera tout pour la conserver, aidé par un couple de voleurs.
Kinnosuke Nakamura incarne ici la figure emblématique de ce ronin estropié. Grâce à son excellent prestation, il confère au personnage tout le charisme et le caractère qui lui est dû. Sardonique, impitoyable et alcoolique, Sazen Tange inspire pourtant autant l'inquiétude que la compassion.
L'inquiétude de par son air mauvais et hirsute, touchant même parfois à la folie. La compassion, notamment lors de ses "retrouvailles", en compagnie d'une bande de voleurs, avec celle qu'il aimait lorsqu'il était encore samouraï à la solde d'un seigneur. Nakamura est parvenu à conférer une personnalité propre à ce héros atypique pourtant souvent adapté ou émulé.
Malheureusement si le personnage est marquant, le film en revanche ne tutoie pas les hautes cimes du chambara. Pourtant bien écrit, solidement interprété et généreux en combats, Samouraï sans honneur ne tire pas son épingle du jeu, car trop classique.

 

 

Une seule et unique réelle trouvaille visuelle, celle du travelling lors de la tentative de vol de la jarre et de l'affrontement qui s'en suit, où elle passe de main en main au fur et à mesure que les cadavres tombent. Les combats quant à eux, sont correctement exécutés sans être transcendants.

"Samouraï sans honneur" est un bon chambara, ni plus ni moins. Les personnages y sont particulièrement travaillés et le film ne souffre d'aucun défaut majeur, mais l'ensemble reste trop sobre et trop sage, surtout au vu de ce héros pourtant trouble et atypique.

 

 

Toxicavenger
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