Shark Attack 2
Genre: Horreur , Agressions animales
Année: 2001
Pays d'origine: Afrique du Sud / Etats-Unis
Réalisateur: David Worth
Casting:
Thorsten Kaye, Nikita Ager, David Alexander, Danny Keogh...
 

Inépuisable source filmique, les requins sont encore à la mode en ce début du vingt et unième siècle, malgré le manque d'imagination flagrant des scénaristes qui les emploient. Oeuvrant toujours dans un classicisme total, celui de ce Shark Attack 2 nous propose le schéma habituel : requin qui apparaît, inconscience des autorités qui refusent de prendre la menace au sérieux, attaque mortelle sur une plage qui aurait dû être fermée, puis expédition finale hasardeuse mais vouée au succès de la part des héros. En l'occurrence ici un bellâtre à la sagesse peu compatible avec l'avidité de ses supérieurs, la soeur d'une des victimes ainsi qu'un expert d'abord méchant mais en fait super sympa. La seule originalité de ce genre de production réside dans le choix du requin. Ils sont ici plusieurs, rendus voraces et mutants par des expériences génétiques pas très malines.

 

 

A partir de là, place au spectacle. "Shark Attack 2", quoiqu'ambitieux puisqu'il pompe à la fois sur le premier et le troisième volet des Dents de la Mer tout en employant plusieurs squales gloutons, se casse complètement la gueule. Si ses requins blancs se révèlent assez prolixes en ce qui concerne leurs méfaits, en revanche on ne peut pas dire qu'ils se foulent particulièrement la rate niveau imagination. Loin de toute exubérance salvatrice (à l'opposé d'un film comme "La Mort au Large" et son attaque d'hélicoptère, ou, plus récent, de "Shark Attack 3" et de sa fête bourgeoise qui finit à l'eau), leurs victimes sont toutes désignées d'avance et finiront boulottées à des moments aussi balisés dans le métrage que peut l'être la mer au moment de la compétition de surf.
Il faut dire que si ces requins se révèlent particulièrement timides, cela est peut-être dû à leur physique ingrat, tout en plastique lisse ou en stock shot granuleux. Et puis ils grognent, et ça ce n'est pas très normal. A leur décharge, il faut dire qu'ils ont été bourrés de stéroïdes, nous apprend-on. Bref, il y a suffisamment de points communs avec des ex-nageuses est-allemandes pour les rendre ridicules aux yeux du monde. Fort heureusement pour eux, leurs collègues acteurs humains restent professionnels jusqu'au bout des ongles et gardent leur imperturbable sérieux. Et l'avantage avec les professionnels, c'est qu'ils constituent un exemple pour notre belle jeunesse. C'est ainsi que l'on pourra mettre nos chères têtes blondes devant "Shark Attack 2" (au moins en VF) sans craindre que le film les incite à utiliser un langage de chartier, puisque tout au plus pourrons-nous entendre le héros taxer son ennemi d'"espèce de fanfaron !" dans un moment de rage.

 

 

Tant de gentillesse jusque dans la colère ne peut que laisser imaginer une niaiserie complète dans les scènes romantiques que ne manquera pas de provoquer ce même héros lorsqu'il a une journée à perdre avec l'héroïne. Prévoir pour l'occasion une musique r'n'b romantique et un déballage de tristesse devant l'impuissance du monde face aux attaques de requins. Le tout sur fond de couché de soleil douteux.
Mais bon, passons, et intéressons-nous au coeur de l'histoire : les confrontations entre humains et requins. D'homériques moments de cinéma subaquatique où l'on ne voit rien, puisque toujours dans le but de ne pas en rajouter sur le dos des complexés requins moches, le cameraman n'est pas foutu de concevoir un plan correct et bouge dans tous les sens. A moins que dans un grand moment de génie visuel il n'ait voulu retranscrire l'atmosphère mouvementée des nageurs en proie aux requins. Heureusement que les acteurs, toujours aussi professionnels, rattrapent le coup en étant capables de se parler malgré leurs masques à oxygène et leur situation peu enviable. Ce qui fait un peu con, mais qui a au moins le mérite d'expliquer ce qui se passe à l'écran (d'où l'inutilité d'un commentaire audio en bonus dvd).

 

 

"Shark Attack 2" est donc un beau navet qui rate tout ce qu'il tente. Les multiples requins seront inutilisés jusqu'à la bordélique séquence finale, où le doute est permis (les toutes dernières scènes révéleront que même les personnages n'ont rien compris à ce qu'il se passait, c'est dire...). Quant au gore, disons qu'il n'est que furtif et aussi retenu que le reste du film. Fort dispensable malgré quelques incongruités assez amusantes.


Note : 4/10

 

Walter Paisley
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