Tueurs de l'espace, Les
Titre original: Killers from Space
Genre: Science fiction
Année: 1953
Pays d'origine: Etats-Unis
Réalisateur: W. Lee Wilder
Casting:
Peter Graves, James Seay, Steve Pendleton...
 

En pleine campagne d'essais atomiques, l'avion transportant le Docteur Martin, un scientifique étudiant ces explosions nucléaires, s'écrase, comme attiré au sol par une source lumineuse. Pas de doute, il ne peut y avoir de survivants. Pourtant, dès le lendemain, le Docteur Martin arrive à pied à sa base, chancelant, doté d'une récente et étonnante cicatrice sur la poitrine mais amputé du souvenir des événements survenus après le crash.

 

 

Son comportement étrange et sa volonté obsessionnelle de retourner au plus vite au boulot étonnent et inquiètent ses collègues (on les comprend !), mettant également la puce à l'oreille de Briggs, un inspecteur du FBI. A juste titre d'ailleurs puisque le Docteur Martin, visiblement perturbé, s'en va déposer des données capitales sur la bombe sous des rochers de Solidad Flats, endroit pourtant désertique...
Mais que se passe-t-il donc ?
Et qui donc manipule ce scientifique autrefois si rigoureux ?
Les lecteurs de cette critique impatients de connaître la vérité sauront-ils patienter jusqu'à la ligne suivante ?
Quel suspense !
Et comme j'aime à le faire durer !
Bon, en fait, tout le monde avait déjà deviné, en lisant le titre du film et en regardant son affiche, sous la coupe de qui était tombé le Docteur Martin : Les tueurs de l'espace !
Incroyable, non ?
Oui.
Sous l'effet d'un sérum de vérité, le toubib raconte enfin tout ce qu'il sait... Le crash – une table d'opération – son coeur remis en place par des êtres étranges – leurs yeux horribles – leur origine – leur planète moribonde – leurs invasions d'autres civilisations extraterrestres – leur volonté de s'implanter sur la Terre – leur projet d'extermination de la race humaine...
Après ces révélations fracassantes, les amis du Docteur Martin le regardent d'un air gêné, pensant plutôt à un aliéné qu'à un alien, et le soutenant très mollement dans sa volonté d'arrêter l'invasion.
Seul et isolé, Martin arrivera-t-il à déjouer les plans diaboliques des créatures de l'espace ? L'énergie nucléaire déployée par l'homme sera-t-elle détournée par ces aliens aux yeux globuleux ? Une esthéticienne avertie arrivera-t-elle à leur débroussailler suffisamment les sourcils pour qu'on ne les prenne plus pour Henri Emmanuelli ?

 

 

Malheureusement, pour le savoir, il faut se coltiner le reste du film. Et, si l'épreuve n'est pas insurmontable, elle ne présente qu'un intérêt très relatif.
C'est vrai, les extra-terrestres ont des yeux horribles. Surtout si l'on trouve qu'une balle de ping-pong coupée en deux, chacune de ses moitiés faisant office d'oeil, est quelque chose d'affreux. C'est vrai, les plans machiavéliques des tueurs de l'espace sont très astucieux. Surtout si l'on trouve ingénieux de se servir de l'énergie nucléaire pour créer des reptiles, araignées et autres insectes géants pour exterminer la race humaine. C'est vrai, l'inefficacité de la police et du FBI dans leur projet de contrecarrer ce qu'ils pensent être une plongée dans la démence de Martin est très crédible. Surtout quand tous leurs actes semblent indiquer qu'ils ont décroché leur place dans une pochette surprise.

Bref, on l'aura compris, la barre est placée très haut (surtout si l'on est l'un des interprètes de Terreur à Tiny Town) et tout est de cet acabit. L'ensemble est bavard et laborieux, les effets spéciaux dérisoires et ultra-sommaires, l'histoire linéaire et peu palpitante et la réalisation franchement sans relief. Reste le charme aussi relatif que suranné d'un film de SF des années 50, dont le manque de moyens saute aux yeux telle une balle de ping-pong de la planète Delta.

 

 

Note : 5/10

 

Bigbonn
A propos du film :

# Le réalisateur W. Lee Wilder est le frère de Billy Wilder. Ce dernier est d'ailleurs le plus connu des deux et, quand on voit Les tueurs de l'espace, on comprend pourquoi.

# Harry Thomas, le créateur des effets spéciaux (les balles de ping-pong coupées en deux, c'était lui !) officia régulièrement sur d'autres chefs-d'oeuvre de la SF à budget riquiqui tels que Superman and the Mole Men, Plan 9 from outher space, Night of the Ghouls, The little shop of Horrors ou She Freaks.

# Les deux ont eu droit à une reconnaissance tardive grâce à Jean-Pierre Putters dans son premier volume des Craignos Monsters, Wilder à la page 204, Thomas à la page 186, tandis que l'une de leurs créatures extra-terrestres les devançait largement en s'imposant dès la page 29 ! La consécration, quoi.
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