Une Hache pour la lune de miel
Titre original: Il rosso segno della folia
Genre: Psycho-Killer
Année: 1970
Pays d'origine: Italie
Réalisateur: Mario Bava
Casting:
Laura Betti, Dagmar Lassander, Femi Benussi, Stephen Forsyth, Jesus Puente, Luciano Pigozzi...
 

Un soir, un train... John Harrington, riche directeur d'une maison de couture spécialisée dans les robes de mariés, se trucide un p'tit couple de jeunes mariés justement. On comprend vite que le gaillard n'en est pas à sa première lune de meurtre et à son palmarès trônent déjà une bonne dizaine de victimes. John avoue même en voix off être "paranoïaque" et il est vrai que celui-ci est doué d'une intelligence assez remarquable. Celui-ci est marié à la belle Mildred qu'il refuse pourtant d'honorer et celle-ci semble avoir trouver son palliatif en une passion pour la médiumnie. La police le soupçonne bien, la dernière victime en date étant l'un de ses mannequins-vedettes, mais toujours celui-ci parvient à contourner le danger. L'homme est brillant, psychosé mais content de l'être, il est marié et surtout vit avec sa mère qu'il a pourtant tuée jadis...

 

 

Bof. Je pourrai résumer ce Bava là en une ligne, "Splendide, mais assez chiant". Le film jouit pourtant d'une excellente réputation, on le classe parfois même dans les grandes réussites du maître, et l'on parle même d'un formidable exercice de style novateur sur le thème alors pas encore ressassé de Norman bates. Alors soit, si la tentative ici demeure à la base une exploitation intéressante du film d'Alfred Hitchcock, le résultat à l'écran est pour ma part assez peu convaincant.
Trop souvent et comme beaucoup de ses comparses, Mario bava a délaissé ses acteurs et comme ici on a le droit à une étude de caractère, ou tout du moins une ébauche, pivotant autour d'un grand axe central, à savoir Stephen Forsyth en psycho-matricide romantique et malin, ça ne fonctionne pas. Impossible de croire ou de pénétrer l'âme machiavélique du tueur en série pour cause d'acteur trop faiblard. Imaginez "psychose" sans Anthony Perkins mais avec ce John Harrington, m'est avis que le film n'aurait pas la même notoriété et Bava en père fondateur ayant été puiser dès ses débuts cinématographique chez un autre père fondateur en la personne de Sir Alfred, a bien du mal à se hisser ici au niveau requis. Soit, on voit bien les allusions incestueuses et elles sont même un peu trop appuyées, ne serait-ce par cette "astuce" de mise en scène où la défunte est visible à l'écran pour le psychopathe et le spectateur, mais ça ne fonctionne justement pas du tout dans la mesure ou Mario Bava nous sollicite alors afin que nous nous mettions à la place de son personnage "imbécilement" joué et surtout très fadasse.

 

 

Heureusement, les actrices sont beaucoup mieux traitées, et même si l'on regrette la disparition bien trop rapide de Femi Benussi, la palme du film revient à Laura Betti qui aurait même tendance à élever l'ensemble d'un cran... la marque d'une grande actrice.
D'ailleurs le metteur en scène la reprendra l'année suivante pour cette fois un film très réussi (mais plus dépouillé aussi), à savoir La Baie sanglante. On notera au passage que cette Hache pour la lune de miel fut longtemps disponible dans l'hexagone dans une édition Delta Vidéo (assez dégueulasse d'ailleurs) sous le titre de La Baie sanglante 2, et à le revoir dans une belle version éditée chez One plus One - si ce n'était cette version anglaise internationale légèrement fadasse -, même si l'on redécouvrira la beauté plastique du film, on en restera pour autant pas moins sur l'impression qu'avait laissée en son temps le film.
Si l'emprunt Hitchcockien n'est ici manifestement pas assez fouillé (ou malicieux), l'autocitation, via l'omniprésence de mannequins et d'un décor similaire (l'institut de couture) et le renvoie vers un autre film bien supérieur en tous points - 6 femmes pour l'assassin - achève de jouer contre celui-ci pour les défauts évoqués ci-dessus. Tandis qu'il aurait pu être une brillante variation, cette hache donne d'avantage le sentiment d'un film feignant que d'une continuité dans un contexte où l'auteur creuserait un sujet amorcé au préalable. Soit, formellement, on ne saurait reprocher grand-chose, c'est même admirable, même si je ne me lancerai pas pour le coup dans cet espèce d'analyse qui me semble bien galvaudée avec la présence de mannequins qui finalement ne seraient là que pour arranger son réalisateur dont il est notoire que son rapport aux acteurs fut assez houleux, ce dernier les méprisant pas mal et préférant jouer avec des poupées statiques qu'il pouvait faire se mouvoir selon sa propre volonté. Ceci me semble tiré par la jarretière ici.

 

 

Il y a bien outre ses qualités graphiques et l'excellente partition de Sante Maria Romitelli ("Tire, Django tire !") de bonnes idées qui parsèment le film comme cette scène dans laquelle John Harrington interrogé chez lui par l'inspecteur de police, et venant juste de sévir, voit une goutte de sang appartenant à la fraîche victime abandonnée dans son empressement en haut de l'escalier, tomber très près des deux hommes. De même l'idée du four crématoire qui alimente la serre en engrais est une idée géniale mais trop en retrait ou mal exploitée. Dernière chose au discrédit du film pour ma part, une épouse jouée par Dagmar Lassander tant agaçante que je l'aurai bien fait disparaître plus tôt en lieu et place de la bien plus conséquente Femi Benussi. Du coup, si Laura Betti s'en tire remarquablement, les deux autres protagonistes principaux plombent pour ma part le film. Somme toute, cette Hache est un peu lourde et assez mal aiguisée...

 

 

Mallox
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