Dolemite
Genre: Blaxploitation
Année: 1975
Pays d'origine: Etats-Unis
Réalisateur: D'Urville Martin
Casting:
Rudy Ray Moore, D'Urville Martin, Jerry Jones, Lady Reed, West Gale...
 

Envoyé en taule suite à un coup fourré de Willie Green, mac local et fourgueur de drogues de mèche avec des policiers ripoux, Dolemite a méchamment les boules de s'être fait botter son cul de noir de si vilaine façon par ces salopiots d'enculeurs de maman (motherfuckers en VO).

Heureusement, il n'est pas seul et il peut toujours compter sur le soutien de certaines de ses filles, la Queen Bee en tête, qui a tout fait pour l'innocenter et réussit à le faire sortir de taule, avec l'accord du directeur et une mission en prime: démasquer les vrais truands qui vendent de la came jusque dans les écoles et les keufs qui leur tiennent lieu d'auxiliaires crapuleux.

Le fait que son propre neveu se soit fait buter récemment achève de convaincre Dolemite qu'effectivement, il est temps pour lui de retrouver son territoire et d'y imprimer sa marque, la Dolemite's Touch!

 

 

La sortie de prison est l'occasion d'abandonner ses nippes austères et de retrouver des vraies fringues classes et à la coule: une belle allure de maquereau en tout cas, un pimp qui ne fait pas dans la sobriété vestimentaire, bien au contraire. Mais finalement, quelle est la véritable activité de Dolemite? Il semble régner sur un petit monde féminin tout acquis à sa cause et à son charme, exploiter un club, le Total Experience, y produire des artistes, s'y produire lui-même pour des textes proches d'un slam à tendance humoristique et ponctués d'un langage drôlement fleuri, bordel de fuck ! Il a en tout cas tout du marlou classieux.

Quoi qu'il en soit, il se retrouve à faire équipe ou presque avec un flic intègre et avec un peu de réticence quand même, pour lutter contre Willie Green, Big Man (deuxième tête du trafic), Mitchell et White, les Starsky et Hutch les plus véreux du coin. Et, toujours à ses côtés, ses girls guerrières 100% kung-fu, ou plutôt karaté d'ailleurs, qui ont été à bonne école (dans ses remerciements, le générique de fin inclut la Chuck Norris Karaté School).

 

 

Film de blaxploitation par excellence, Dolemite est néanmoins freiné dans l'ardeur de ses aventures par un manque de moyens évident. La modestie du budget ne permet pas de belles scènes d'action et les combats sont finalement peu nombreux et surtout assez pauvres. Dolemite lui-même n'est pas d'une souplesse incroyable et s'il castagne en général victorieusement ses ennemis, c'est d'abord et avant tout parce que c'est le héros du film.

Autre inconvénient classique des films cheaps: des séquences trop longues ou trop bavardes, voire les deux. Les scènes de chant et de danse célébrant la réouverture du Total Experience finissent par faire un peu remplissage, même si elles sont bien dans l'air du temps seventies. Et la platitude filmique est telle qu'elles paraissent plus dignes d'un extrait de l'Eurovision (costumes aidant) que d'un film pour le grand écran.

 

 

Enfin, on ne sait pas où avaient la tête le perchman et le cadreur mais le nombre de scènes où apparaît le micro, en haut ou en bas, est réellement impressionnant.

Pourtant, l'ensemble reste sympathique et la crudité du langage de Dolemite, sa démarche chaloupée, ses costumes chamarrés, ses donzelles peu culottées, l'emportent sur les réserves déjà citées. C'est vrai qu'il aurait pu être plus court et plus intense ce film mais, tel qu'il est, il est un reflet clinquant de son époque et l'esprit qui l'anime, enjoué et doucement rigolard, lui permet d'être, au final, un éminent représentant de la blaxploitation, tout en se foutant gentiment de la poire des blancs, le plus souvent tocards ou ringards.

 

Bigbonn
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