Meurtres à saint Valentin
Titre original: My bloody Valentine
Genre: Slasher
Année: 1981
Pays d'origine: Canada
Réalisateur: George Mihalka
Casting:
Paul Kelman, Lori Hallier, Neil Affleck, Larry Reynolds, Don Francks, Patricia Hamilton, Keith Knight, Cynthia Dale, Alf Humphreys, Jack Van Evera, Peter Cowper...
 

Il y a vingt ans, dans la ville minière de Valentine Bluffs, un drame est survenu le soir de la Saint Valentin. Deux surveillants, trop pressés de rejoindre le bal des amoureux qui battait son plein, quittèrent leur poste sans se soucier du niveau de méthane qui ne cessait d'augmenter. Malheureusement, sept mineurs étaient restés sous terre en attendant la relève. L'explosion inévitable qui s'ensuivit les tua tous, sauf Harry Warden, qui sombra dès lors dans la folie. Après un an d'internement, il s'échappa, réendossa sa tenue de mineur, empoigna sa pioche et s'en alla arracher le coeur des deux surveillants responsables selon lui de l'accident. Dès lors, le bal du 14 février fut proscrit. Mais aujourd'hui, les notables de la ville décident de conjurer la malédiction en organisant un nouveau bal. Or, les boîtes de bonbons emplies de coeurs humains commencent à circuler, et les meurtres s'enchaînent. Pris de panique, le maire annule la fête. Déçus, les jeunes du coin décident alors de festoyer dans les locaux de la mine.

 


Dans le livre "Les Visages de l'Horreur" (Edilig - 1985) de Philippe Ross, on pouvait admirer trois magnifiques photos bien gratinées tirées du film "Meurtres à la Saint Valentin" / "My Bloody Valentine" (page 28, 29 et 132). Cependant, beaucoup avaient remarqué que ces scènes gores brillaient par leur absence dans le métrage sorti à l'époque chez Paramount. La raison était simple : la censure était passée par là, et c'est une des conséquences inattendues du succès surprise de "Vendredi 13", autre production Paramount. Le film fut amputé de trois minutes jugées à l'époque trop violentes pour satisfaire semble-t-il la commission de censure. Une pratique qui se reproduira sur les suites de "Vendredi 13", de moins en moins sanglantes. Vingt huit ans plus tard, un remake est mis en chantier (en 3D), occasion idéale pour exhumer des caves du studio les fameuses scènes gores, et de sortir une édition DVD uncut. Voilà donc le métrage proposé comme il fut créé, dans sa version intégrale.

 


Mais retournons quelques instants en 1981. Suite au succès surprise rencontré par "Vendredi 13", les pontes de la Paramount cherchaient une nouvelle alternative au jour du poisson maudit, quand ils dénichèrent une petite production canadienne qui se déroulait pendant la St Valentin, qui tombe justement un 14 février. La Paramount décide donc de distribuer le film, trop contente de pouvoir profiter des retombées encore chaudes du film de Sean S. Cunningham. En plus, le film se déroulait dans un lieu pittoresque et inédit. L'idée d'utiliser une petite ville minière est intéressante; en effet, un tueur déguisé en mineur dispose d'une panoplie toute trouvée et de divers ustensiles aussi divers que meurtriers. Un titre faisant référence à une date, une ville traumatisée par un drame et un tueur/mineur qui aime jouer du piolet... tous les ingrédients semblent réunis pour réussir un bon petit slasher des familles. Comme de coutume dans le genre, le tueur n'a vraiment pas de chance, oublié au fond d'une mine avec ses camarades par des surveillants plus préoccupés par le bal que par le sort de leurs compagnons. Six semaines plus tard, un survivant (Harry Warden) est retrouvé, mais celui-ci a complètement perdu la raison (il a boulotté ces compagnons pour survivre). Enfermé dans un asile, il s'échappera pour punir ses bourreaux et interdire cette stupide fête. Habillé de sa tenue de mineur il erre chaque St Valentin pour vérifier si le message a bien été reçu par la population horrifiée. Le nombre d'années passant, certains pensèrent qu'il y aurait prescription, et se croyant plus malins, décidèrent de braver notre brave tueur. Erreur, car malgré les années, le voilà de retour fringuant comme au premier jour, comme va le découvrir à ses dépends l'initiatrice de cette très mauvaise idée. Elle sera littéralement lessivée à haute température : c'est le début de l'hécatombe.

 


Le slasher est un sous genre fondé sur des notions assez basiques (tailler la viande rouge); il connut son âge d'or entre 1978 et 1986 avec des titres comme "Happy Birthday to Me", "April Fool's Day", "Prom Night", "Mother's Day", "Silent Night, Deadly Night", "Hell Night", "Terror Train", "Visiting Hours...". Mais souvent ses productions (dont certaines très médiocres) usurpaient leur identité de slasher en édulcorant leur violence, ce qui contribua grandement au déclin du genre. On peut malgré tout citer quelques cas extrêmes comme "Carnage / The Burning", "The Prowler / Rosemary's Killer" et surtout "Maniac", des réussites qui méritent amplement leur appellation de slasher tant la violence graphique y est poussée à son paroxysme. "My Bloodly Valentine" n'arrive malheureusement pas à ce niveau, même en version restaurée, mais propose quand même quelques scènes "choc" intéressantes, notamment une jeune fille transformée en fontaine, et diverses autres friandises (arrachage de coeur à pleine main, cou de pioche ou clou en plein visage...). Attention, ne vous attendez pas à un déluge d'hémoglobine, certains ajouts ne durent que quelques secondes (ils sont faciles à repérer parce que l'image n'a pas été restaurée comme le reste du métrage). En fait, l'ensemble est légèrement supérieur à un "Vendredi 13" (pas difficile diront certains !); le scénario remplace simplement les jeunes adolescents insouciants par de jeunes adultes qui travaillent (dans une mine) mais qui ont les mêmes préoccupations (la bière et les filles). Notre ami le mineur psychopathe a plutôt belle allure, le masque à oxygène le fait passer pour une créature irréelle (voir le prologue où une pin-up caresse langoureusement l'embout du masque comme une trompe). Comme il se doit, ses apparitions sont les meilleurs moments du film ; pour le reste, nous avons droit aux déboires sentimentaux des divers protagonistes et à une bien morne enquête policière. Restent les scènes se déroulant sous terre, plutôt bien filmées, et quelques meurtres originaux, dont certains biens gratinés; mais l'ensemble demeure cependant plus une curiosité à découvrir qu'un chef d'oeuvre oublié.

 

 

The Omega Man
 
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