Punisher, The
Genre: Action , Comics / Mangas , Vigilante
Année: 1990
Pays d'origine: Australie
Réalisateur: Mark Goldblatt
Casting:
Dolph lundgren, Jeroen Krabbe, Louis Gossett Jr, Kim Miyori, Nancy Everhard...
 

Frank Castle est sur le point d'arrêter Gino Moretti, l'un des grands pontes du syndicat du crime. En représailles sa famille meurt dans un attentat. Castle disparait alors pendant cinq ans. Il réapparaît en fait sous le nom du Punisher pour exécuter tous les criminels qui croisent sa route. Après la mort de Moretti il se heurte bien vite à son successeur, Gianni Franco, qui lui-même est en guerre contre des yakuzas menés par une certaine lady Tanaka.

 

 

En 1986 le studio New World s'offre Marvel Comics Group (grande concurrente de DC Comics, propriétaire de Batman et Superman) pour la modique somme de 42 millions de dollars, mais ce que le studio ne sait pas c'est que deux super héros de l'écurie Marvel ne font pas partie du contrat, car ils ont à l'époque été vendus séparément à la défunte Cannon. Il s'agissait de Spiderman et Capitaine America. Le studio se retrouve donc avec toute une pléiade de héros, certains inadaptables techniquement à l'époque (X-Men et les 4 Fantastiques), d'autres d'un intérêt aussi marrant que discutable comme "She-Hulk", pourtant développé à l'époque avec miss Brigitte "Ils sont beaux mes melons"Nielsen. En attendant le studio rentabilise son investissement en produisant toute une série de dessins animés, mais le succès du "Batman", version Tim Burton, va précipiter la mise en route d'une adaptation "live". Il faut choisir un héros à adapter et ce sera le Punisher !

 

De tous les héros de l'écurie Marvel, le Punisher est certainement le plus extrême et le plus radical. Depuis ses débuts comme invité dans un épisode de la série Spiderman, le succès du personnage n'a cessé de grandir au point d'avoir sa propre collection. Au fil du temps et des scénaristes il va subir divers changements, devenant même un mort vivant. Sa principale particularité par rapport à ces confrères : il ne bénéficie d'aucun super pouvoir c'est simplement un ex militaire qui possède un instinct de survie supérieur aux autres, renforcé par la "mission" que la mort de ses proches lui a indirectement conféré. En effet son but est devenu l'éradication totale de la criminalité, il agit mécaniquement, mais attention car lorsqu'il devient émotionnellement impliqué, comme dans certains épisodes de ses aventures, cela tourne invariablement au carnage.

 


Comme c'est parfois le cas lorsque des studios possèdent les droits de personnages, ils mettent en chantier des films uniquement dans un but juridique et/ou économique. Le Punisher est donc un projet dont le but est de profiter des retombées indirectes du film de Burton, un projet voué à la rentabilité et entièrement axé sur l'économie. D'ailleurs le choix du héros est surtout dû au fait qu'il n'a pas besoin d'effets spéciaux liés aux super pouvoirs, de plus le tournage est délocalisé en Australie. Pour incarner notre héros il fallait un habitué des films d'actions, un nom connu et abordable financièrement. C'est donc Dolph Lundgren qui fut choisit pour interpréter le rôle du Punisher. Décoloré en brun, il réalise plus qu'une honnête prestation. C'est l'une des surprises du film, son Punisher est un zombie mystique qui parle à dieu, par exemple lors de cette incroyable séquence où, complètement nu dans son repère souterrain (en fait des égouts), il invoque son créateur en vain ! Toujours sur la corde raide, il interprète peut être ici son meilleur rôle.

 

Comme dans la bande dessinée, les personnages les plus folkloriques restent le méchant représenté ici par une bande de mafiosi un peu demeurés et surtout Lady Tanaka et ses impitoyables Yakusas. Une vraie méchante froide et déterminée, toujours secondée par une jeune adolescente adepte des arts martiaux. Deux personnages qui s'intègrent parfaitement dans l'univers du Punisher, et qui feraient presque passer ce dernier pour un enfant de cœur. Comme le montre la scène du restaurant, où l'âme damnée de Lady Tanaka n'hésite pas à crucifier un récalcitrant avec ses boucles d'oreille pour que sa patronne puisse l'achever d'une balle dans la bouche (bon appétit !). Deux personnages féminins bien gratinés et sadiques qui en rappellent deux autres apparus bien plus tard au côté d'une autre justicière habillée en jaune (chercher l'erreur).

 


Pour réaliser le film les producteurs choisissent Mark Goldblatt, un monteur qui travailla sur "Commando", "Rambo 2", "Terminator 1 & 2", "Predator 2" (que du lourd) et quelques Bruckenheimer. Il passa à la réalisation avec le sympathique "Flic ou Zombie". En bon professionnel Goldblatt emballe vite fait une bonne série b nerveuse, son expérience lui permet de soigner ses scènes d'actions et de tirer un maximum parti de décors minimalistes (égouts, hangars, parc d'attraction…) Ce qui ne l'empêche pas de commettre quelques erreurs de cadrages, ceux qui ont vu le film en salle se rappellent encore du micro apparaissant au dessus de l'écran, erreur rectifiée sur la version vidéo. Mais dans l'ensemble Golblatt s'en tire avec les honneurs. Il existe une version longue du film mais cette dernière n'est sortie qu'en Allemagne pour le moment, il s'agit en fait de vingt minutes (de mauvaise qualité) se situant avant le générique et qui montrent l'arrestation du gangster Gino Moretti (libéré au début de la version salle) et la complicité entre Castle et son coéquipier Berkowitz. Une longue séquence que le réalisateur a volontairement occulté car elle ralentissait selon lui le rythme du film (en fait quelques images seront quand même utilisées dans la version salle pour les séquences de flash back).

 

Il ne reste pas grand-chose de l'ultra violence de certaines bandes dessinées de notre anti héros (voir la série écrite par Garth Ennis avec ses couvertures magnifiques parue chez Panini comics dans la fameuse collection MAX), on notera surtout quelques partis pris discutables par rapport à celle-ci. Le plus regrettable étant l'absence de la fameuse tête de mort arborée fièrement sur le torse (et ici uniquement présente sur les poignards) pour un costume cuir plus "Mad Max". On regrettera aussi la présence de quelques personnages secondaires inutiles (Louis Gosset Jr victime du remontage et sa co équipière) censés pallier l'antipathie du héro. C'est l'un des gros problèmes du film : les producteurs craignant que le personnage soit trop négatif pour le spectateur moyen, Goldblatt noie le poisson en multipliant les histoires secondaires parfois intéressante (la guerre maffia/yakuza) ou totalement inutiles (l'enquête de Gosset).

 


Malgré tout, dans l'ensemble, le film tient la route (et c'est une agréable surprise) grâce à l'interprétation de Lundgren qui surprend dans son rôle de justicier solitaire, à la présence d'un couple de "bad girls" comme on aimerait en voir plus souvent et quelques scènes d'actions bien senties.

 

 

The Omega Man

 

 

En rapport avec le film :


# La fiche dvd The Ecstasy of Films de The Punisher

 

 

 

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