California Stop
Titre original: Joyride to Nowhere
Genre: Road-movie
Année: 1977
Pays d'origine: Etats-Unis
Réalisateur: par Mel Welles et Ronald Clark Ross (séquences d'action)
Casting:
Leslie Ackerman, Sandy Serrano, Len Lesser, Mel Welles, Ronald C. Ross, Speed Stearns, Gary Gabelich...
 

Il y a des films comme ça, on ressent l'étrange impression d'être défoncé à son insu lorsqu'on les visionne tant ce qui se déroule devant nos yeux n'a ni queue ni tête.
Il s'agit dans la plupart des cas d'un symptôme contracté non pas par l'histoire en elle-même, mais plutôt par un phénomène de décalage important entre les images projetées et les dialogues implantés par-dessus. Finalement, c'est assez délicat à expliquer mais pour comprendre pleinement ce que je baragouine, le mieux, c'est encore de mettre la main sur une copie française de ce monument de non-sens que représente "Eaux sauvages". Ceux qui l'ont vu savent de quoi je parle. Une histoire banale, pour ne pas dire chiante, desservie par des doublages orchestrés au choix par : a) des poivrots locaux b) des débiles légers c) une belle brochette d'incapables d) une belle brochette de poivrots débiles légers incapables.

 


Dans le cas de California Stop, même si le travail (?) de doublage n'atteint pas les cimes de ceux d'"Eaux sauvages", on s'en approche dangereusement. J'ignore quelle ligne de conduite devaient suivre les doubleurs mais l'on décèle un bien curieux "melting-pot" d'accents différents et incompatibles au possible. La majorité des personnages principaux, y compris les deux gonzesses qui se partagent l'affiche, se voient attribuer un français sensiblement "américanisé", au cas où des imbéciles dans la salle n'auraient pas compris que les protagonistes sont des "états-uniens". Ce qui fait qu'un mot tel que "gauche" se prononce désormais "gââoche" ou encore le verbe "trouver" qui se mue en "twuuuver", etc...
Certains intervenants se voient même pourvus d'un mixe étrange d'accent hésitant entre le mexicain et le marseillais. Les intonations changent tandis que le spectateur, lui, préfère rester sans voix. Sans compter les innombrables discussions inaudibles à force de mots mâchés et de syllabes aspirées. Un massacre. Mais dites voir. Avec toutes ces conneries, j'en oublierais presque d'évoquer le film expurgé de ces ratages auditifs.

 

 

Et bien, California Stop s'apparente à un road-movie. Une blonde à gros nichons de 18 ans, Leah, sainte-nitouche, et Cindy, une rondouillette brune dévergondée à peine plus âgée sont inséparables. Leah, un peu coincée du popotin, va subir un lavage de cerveau intensif de la part de Cindy, tout à base de rébellion de basse cour et de discours féministo/avorto/anti-catho.
Avides de liberté et de franche rigolade, elles se mettent ainsi en tête de partir pour Los Angeles, en voiture ou bien en stop. Leur périple sera semé d'embûches et de situations cocasses. Tour à tour, elles : seront prises en stop par un vendeur de frites chauve un brin vicelard, voleront la bagnole d'un chef mafieux dont le coffre (de la bagnole, pas du chef mafieux) contient 2 millions de dollars, seront poursuivies par ses sbires, feront halte dans un motel tenu par un employé pervers, pour finalement se retrouver prises en chasse non seulement par le propriétaire de la voiture et ses hommes de main mais également par la police.
Un bien vaste programme. Toutefois, ne nous emballons pas trop vite. Nous sommes en présence d'un métrage bien inoffensif, exit donc le sexe et la violence.
Pour ce qui est de l'action, on en dénombre assez peu, et concentrée principalement vers la fin, à travers l'ultime course poursuite (filmée tout de même un bref instant en écran splitté en 2) agrémentée de chouettes carambolages effectués par l'acteur/cascadeur Speed Stearns et l'équipe des "Street Racers".

 

 

Bref, rien de transcendant à l'horizon. C'est regrettable, surtout lorsque l'on sait que le scénario a mobilisé pas moins de quatre personnes, et pas n'importe lesquelles : Mel Welles, le metteur en scène et par ailleurs interprète de Tank McCall le chef de bande, a joué dans bon nombre de séries b, voire z. Son rôle le plus célèbre restera sans conteste celui de Gravis dans le Little shop of horrors de Corman ; John F. Goff, acteur de second plan, est apparu dans quelques classiques du fantastique et de l'horreur tels que "Maniac Cop" ou encore le "Invasion Los Angeles" de Carpenter, où l'on retrouve par une coïncidence plus que fortuite dans un second rôle un certain George "Buck" Flowers, scénariste de... California Stop (le monde est petit) et personnage respecté dans le milieu du cinéma psychotronique; quant à Ronald Clark Ross, il assurera dans les années à venir les cascades sur des grosses productions comme "Bad Boys" ou "Passager 57".

 

 

 

Throma
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