Carnaval des Barbouzes, Le
Genre: Espionnage , Sketchs
Année: 1966
Pays d'origine: Italie / France / Autriche
Réalisateur: Louis Soulanès, Robert Lynn, Alberto Cardone, Sheldon Reynolds
Casting:
Stewart Granger, Lex Barker, Pierre Brice, Margaret Lee, Agnès Spaak, Klaus Kinski, Richard Münch, Pascale Petit, Peter Vogel...
Aka: Gern hab' ich die Frauen gekillt (Autriche) / Killer's Carnival (Etats-Unis) / Spie contro il mondo (Italie) / Spy Against the World / Where Are You Taking That Woman
 

Généralement acoquiné au cinéma fantastique et d'horreur, le film à sketchs s'octroie à l'occasion quelques libertés et flirte avec d'autres genres. Ici, avec l'espionnage. Le carnaval des barbouzes, prestigieux défilé de gueules du bis s'il en est, est le fruit de la collaboration entre quatre cinéastes d'origine diverse (l'italien Alberto Cardone, l'américain Sheldon Reynolds, le français Louis Soulanès et l'anglais Robert Lynn), épaulés par les scénaristes Rolf Olsen (futur auteur de l'extraordinaire Vendredi sanguinaire / Tueurs professionnels), Vittorio Salerno (frère d'Enrico Maria Salerno) et Ernesto Gastaldi (qu'on ne présente plus).

 

 


Comme dans toute anthologie filmée qui se respecte, un narrateur quelconque est chargé d'introduire les différentes histoires la composant. La situation employée comme fil conducteur est la suivante : un individu (Peter Vogel) suspecté de meurtre en série sur des femmes s'infiltre de force dans les appartements du professeur Alden (Richard Münch). Le temps d'une nuit, en attendant que les autorités cessent toute recherche, le bandit sera l'hôte du professeur qui, pour patienter, lui racontera trois aventures singulières. Trois segments inégaux, qualitativement parlant, comme c'est souvent le cas.

Le premier récit est aussi le plus indigeste, où l'on suit les tribulations à Vienne du privé Porter (Stewart Granger) et de son valet Carl joué par Walter Giller (leur relation maître assagi à assistant trublion évoque vaguement Harry Dickson et son fidèle acolyte Tom Wills, comme Jean Ray les représentait dans ses "dime novels" des années 30), chargés par une jeune femme nommée Monique (Johanna Matz) de démasquer l'assassin de son frère journaliste, dont la mort a été maladroitement camouflée en accident de la circulation. Une demi-heure d'enquête sans saveur ni véritable rebondissement qui en vaille la chandelle, à travers les rues mornes plongées dans la pénombre de la capitale autrichienne. Granger s'avère bien falot dans son rôle, ce qui ne l'empêche pas de séduire les petites beautés comme la troublante Lotty (Pascale Petit).

 

 


Puis les masques tombent, on boucle l'affaire et on passe à autre chose avec le deuxième segment, déjà plus convaincant car radicalement opposé. Pierre Brice en est le héros, agent secret plongé à la fois sous le soleil de Rome et dans une intrigue atteinte d'espionnite aiguë encore mais placée sous le signe de la parodie pure et dure cette fois. Les ordres assignés à l'Agent Brice par la CIA consistent en la récupération de documents capitaux convoités par des magnats du crime et des agents doubles tel l'Agent Linda (Margaret Lee). Gadgets à la sophistication branlante, vol de serviettes compromettantes, distribution de crochets à des sbires malfaisants, émetteurs nichés dans des miches (ceux de Margaret Lee les veinards). Le cahier des charges affiche complet mais c'est pour la bonne cause, celle de la farce, narrée en parallèle par une voix-off rigolarde, qui n'en manque pas une pour se payer la tronche de l'Agent Brice. Mené tambour battant, distillant une bonne humeur communicative, ce sketch là rééquilibre par la même occasion la balance.

 

 


Changement de décor une fois de plus pour l'ultime racontar du Prof Alden, se partageant pour l'occasion entre San Francisco et Rio de Janeiro, starring le bon vieux Lex Barker, détective et tombeur de ses dames, impliqué dans une sordide histoire de meurtre de jeunes femmes sur une plage californienne, qui de fil en aiguille, débouchera sur une affaire de plus grande envergure encore : la tentative d'assassinat du Président de la République Brésilienne pendant le carnaval de Rio. Sur place, Lex alias Glenn Cassidy se frottera à une vaste organisation criminelle, comprenant notamment en son sein l'inquiétant Gomez. Normal, il s'agit du grand Klaus Kinski, pourvu malheureusement d'un maigre temps de présence à l'écran. Verdict de ce dernier chapitre : meilleur que le segment "Vienne" forcément, moins pêchu que le segment "Rome". Le cul entre deux micro-films en somme. A noter la courte apparition de la charmante Karin Dor dans les frusques d'une standardiste d'hôtel, complice de Barker. Ces deux-là se retrouveront d'ailleurs l'année suivante sous la direction du teuton Harald Reinl dans LE film gothique des années 60, à savoir Le vampire et le sang des vierges, petite merveille éclipsée à tort par "Le masque du démon", un peu trop porté aux nues à mon goût, comme son metteur en scène d'ailleurs mais je m'égare...
 

 

 

Revenons plutôt à notre cher Professeur Alden, conteur à ses heures perdues, qui se voit bien embarrassé puisque voilà que son hôte indésirable, surgavé d'histoires désire prendre la poudre d'escampette. Problème : il ne souhaite pas laisser de témoin. L'épilogue se conclura finalement sur une dernière pirouette scénaristique plutôt bien vue que je me garderais bien de révéler.

 

Throma

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