Maîtres du monde, Les
Titre original: The Puppet Master
Genre: Science fiction
Année: 1994
Pays d'origine: Etats-Unis
Réalisateur: Stuart Orme
Casting:
Donald Sutherland, Julie Warner, Eric Thal, Will Patton, Keith David, Yaphet Kotto, Marshall Bell...
 

Andrew Nivens et Sam Nivens, tous deux agents du gouvernement et Mary Sefton, scientifique de la NASA, se rendent dans une bourgade dans laquelle un OVNI a atterri. Ils découvrent très vite que des créatures extraterrestres envahissent la région, en s'accrochant telles des sangsues à leurs victimes pour contrôler leur cerveau. Leur mission va être de repérer très rapidement leur quartier général pour éliminer les œufs, et éviter l'anéantissement de l'espèce humaine...

 


Lancé en 1994, afin de profiter du regain d'intérêt qu'engendra la série X-Files pour la science-fiction et les invasions extraterrestre en particulier, le film de Stuart Orme fut un échec cinglant au box-office et ne parvînt même pas jusqu'aux salles du vieux continent. Le public, sans doute lassé des petits hommes gris qui squattaient le petit écran à l'époque, ne s'est pas déplacé. De plus, beaucoup reprocheront au film une forte similitude avec la trame d'un certain "Invasion of the Body Snatchers", de Jack Finney. Petit problème : le roman de Robert A. Heinlein, "The Puppet Master/Marionnettes humaines", dont est tiré le film, est sorti en 1951 alors que celui de Finney date de 1954. De plus, le roman de Heinlein est reconnu par les spécialistes comme étant indirectement à l'origine de nombreuses productions de science-fiction des années cinquante (dont un certain "The Brain Eaters" en 1958). Seulement voilà, le roman de Finney sera adapté quatre fois au cinéma (Don Siegel en 1956, Phillip Kaufman en 1978, Abel Ferrara en 1993 et dernièrement Oliver Hirschbiegel en 2007) ; alors que celui de Heinlein ne restera connu que de quelques érudits de littérature et d'une poignée de mordus de science-fiction. Ce qui n'empêchera pas Robert A. Heinlein (1907-1988) d'être reconnu par tous les amateurs comme l'un des maîtres anglo-saxons de la science-fiction contemporaine, et ce malgré des prises de positions sulfureuses et controversées. Contrairement à certains de ses confrères, peu de ses romans se sont retrouvés adaptés (officiellement) au cinéma, sauf "Etoiles, garde à vous !" qui deviendra "Starship Troopers".

 


Une agence du gouvernement tellement secrète que personne ne semble la connaitre (Le BIS, Bureau de l'Intelligence Scientifique créé en 1959 par Eisenhower), doit éviter l'invasion de notre bonne vieille Terre par une sorte de parasite qui s'attache au dos de sa victime et introduit un appendice à la base du cou, ce qui lui permet d'atteindre le cerveau de son hôte. Le "possédé" se trouve alors sous le contrôle total de sa créature qui, en fait, ne forme avec ses congénères qu'une seule entité. Si l'individu contaminé perd sa personnalité, il acquiert en contrepartie une force supérieure au commun des mortels. Le film joue sur une ambiance de suspicion qui va crescendo, le prétexte idéal pour accumuler les scènes chocs. Cela débute par la visite d'une paisible mais inquiétante bourgade, où un garçon en bicyclette se jette volontairement sur le véhicule des héros pour les arrêter, ou encore le patron d'une télévision locale qui dégaine son arme en pleine conversation. La suite est du même acabit, avec quelques bonnes idées qui détournent certains stéréotypes d'usage : la jolie scientifique contaminée par le chat et qui transforme l'incontournable intermède amoureux en suspense, la mission suicide dans une ville entièrement peuplée de "porteurs", les mêmes qui utilisent des enfants pour piéger l'armée, etc… Le combat s'annonce inégal mais, comme dans le roman de H.G. Wells, la solution viendra de l'infiniment petit.

 


Si le couple formé par Eric Thal ("L'ascenseur 2") et Julie Warner ("Doc Hollywood") est fort sympathique (et rappelle surtout le célèbre duo d'enquêteurs Mulder/Scully), il faut souligner une interprétation délectable de Donald Sutherland, qui en fait peut-être un peu trop, et les trop rares apparitions de Will Patton en scientifique particulièrement original et réjouissant. Ajoutez une pointe d'humour, notamment lorsque la scientifique découvre que les envahisseurs ne sont guère intéressés par son décolleté, contrairement à ses congénères et des effets spéciaux convaincants, les parasites dégoûtants particulièrement réussis, création de Greg Cannom ("Dreamscape", "Thriller, "Dracula"). Le film enchaîne donc les péripéties, ne laissant guère de répit à ses héros (qui se feront contaminer chacun à leur tour !), ni aux spectateurs, et c'est tant mieux. Ces derniers ne remarqueront pas une réalisation sans relief du téléaste Stuart Orme et quelques raccourcis hasardeux. Bien sûr, les amateurs du romancier n'ont pas hésité à décrier cette adaptation tardive en la qualifiant de trahison. Pourtant, le film demeure une agréable surprise qui, malgré une impression persistante de "déjà vu", due au fait que le roman original à été pillé sans vergogne pendant des années (en fait, le film est sorti vingt ans trop tard), comblera les amateurs de science-fiction, en général. En effet, si il ne révolutionne pas le genre, il possède néanmoins de nombreuses qualités, un scope magnifique, des scènes chocs minutieusement réparties et efficaces, ainsi qu'une ambiance de paranoïa, et une actrice principale particulièrement jolie - de quoi passer un bon moment.

 

 

The Omega Man
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