Ratman
Titre original: Quella villa in fondo al parco
Genre: Horreur
Année: 1988
Pays d'origine: Italie
Réalisateur: Giuliano Carnimeo (sous le pseudo Anthony Ascot)
Casting:
David Warbeck, Janet Agren, Eva Grimaldi, Werner Pochath, Nelson De La Rosa, Luisa Menon...
Aka: Terror House / The Rat Man
 

Arrivés par le même avion à l'aéroport d'une île des Caraïbes, l'écrivain spécialisé dans le polar Fred Williams (David Warbeck) et la fille d'un sénateur, Terry (Janet Agren), se retrouvent également par coïncidence dans le même taxi. Si Williams est venu sur l'île en simple villégiature (et éventuellement trouver un sujet pour son prochain roman), Terry doit se rendre à la morgue afin de procéder à l'identification de sa sœur Marlis (Maryline dans la VF, interprétée par Eva Grimaldi). Une fois sur place, le cadavre s'avère ne pas être celui de Marlis, mais de Peggy, une amie de celle-ci.

 


En fait, la Peggy en question, mannequin de profession tout comme Marliss, a eu la mauvaise idée de vouloir se rendre à une soirée en taxi. Pas de bol, le chauffeur est victime d'une crevaison, et n'a pas de roue de secours (le con). Il indique à sa cliente un itinéraire sûr où elle pourra trouver une cabine téléphonique. Le chemin est en réalité un coupe-gorge (mais il est très con ce chauffeur !) ; et bientôt voilà Marliss suivie par un type patibulaire (mais presque). Paniquée, elle se réfugie dans une maison abandonnée. L'homme la suit, sort un couteau, est sur le point de lui faire sa fête, et là... une étrange créature se jette, non sur l'agresseur, mais sur la victime (pas de chance), la taillant en pièces à coups de griffes et de dents.

Rapport de la police : la jeune femme a été tuée par un maniaque, qui a ensuite abandonné la morte aux rats (hum). D'où cette question : l'inspecteur de police serait-il le frère du chauffeur de taxi ?

Williams, qui n'est pas une poire, n'en croit pas un mot. Il décide d'accompagner Terry dans la jungle, où Marliss est partie pour faire une séance photos avec Mark et son assistante Monique. Mais dans la jungle, terrible jungle, rode un monstre hybride mangeur de chair humaine...

 


Giuliano Carnimeo a commencé sa carrière de metteur en scène en tant que co-réalisateur. Il s'agissait de comédies mettant en vedette Michèle Morgan et Vittorio De Sica ("Vacanze d'inverno"), ou encore Maurice Chevalier et Jayne Mansfield ("Panic Button"). Mais dès qu'il se retrouve à opérer en solo, il bifurque immédiatement vers le western spaghetti, à la fin des années 60. On lui doit bon nombre d'œuvres mettant en lice Sartana. Il signera la plupart de ces films de son pseudonyme Anthony Ascott (avec deux "t", contrairement à "Ratman"). Aux abords des années 70, il fait jouer Edwige Fenech en de nombreuses occasions, des sexy-comédies, mais aussi "Les rendez-vous de Satan", un très bon giallo, comme son titre ne l'indique pas. Les années 80 marquent le déclin, avec un post-apo assez quelconque : "Les exterminateurs de l'an 3000".

Réalisé en 1988, "Ratman" est son dernier film. Pour cette unique incursion dans le genre horrifique, le cinéaste réunit quelques acteurs familiers du cinéma de genre. David Warbeck, en premier lieu, qui après "Les sévices de Dracula" (1971) entamera une belle carrière. Des titres ? Il y en a à la pelle : "Il était une fois la révolution", "Serpent noir", "L'au-delà"... Et puis Janet Agren, qui aurait pu croiser Warbeck dans un Fulci, mais ce sera "Frayeurs". Néanmoins, le duo était déjà réuni en 1976 sur le tournage de "Bakterion", de Tonino Ricci. La belle suédoise fut aussi l'héroïne de "Ingrid sulla strada", de Brunello Rondi ("Macadam Jungle" chez nous) et de pas mal de comédies légères ; et puis n'oublions pas "La secte des cannibales", où elle cherchait là aussi sa sœur disparue dans la jungle. Il s'agissait alors de la ravissante Paola Senatore. Dans "Ratman", c'est la non moins superbe Eva Grimaldi qui incarne la frangine.

 


Cette italienne aux courbes affolantes a obtenu son premier grand rôle dans un nunsploitation de Joe D'Amato : "On l'appelle Sœur Désir" (rebaptisé "Le couvent des pêcheresses"). Par la suite, on la verra surtout dans des productions pour la télévision, entrecoupés de seconds rôles au cinéma, comme dans "Kinski Paganini". Si Werner Pochath ("L'iguane à la langue de feu", "Mosquito der Schänder", "Chasseurs d'hommes") complète idéalement le casting, il ne faudrait pas oublier la véritable vedette du film : Ratman, c'est-à-dire Nelson De La Rosa. Qui pouvait incarner une créature hybride issue d'une expérience génétique d'un savant un peu timbré, qui a eu cette idée folle, un jour d'inventer... Une chose créée à partir de sperme de rat et d'ovules de guenon ! A priori personne, vu que l'acteur en question devait mesurer environ deux fois la longueur du sexe en érection de John Holmes. Et pourtant, ce fut possible, grâce à Nelson De La Rosa, haut de 71 cm, et qui faisait ici ses débuts à l'écran. On le verra finalement très peu au cinéma, deux autres fois, dont "L'île du Docteur Moreau" version Frankenheimer. Nelson De La Rosa mourut hélas à 38 ans d'un infarctus.

Son rôle de Ratman est impressionnant, car on n'a pas affaire à un trucage, ou à un animal déguisé, mais bien à un être humain grimé particulièrement inquiétant et dangereux, malgré sa modeste taille. En plus, il est très rusé, intelligent (il ne manque pas de reluquer Eva Grimaldi sous la douche avant de s'en prendre à elle, là où un banal serial killer ne se serait pas posé la question).

 


Pour autant, ne crions pas au chef d'œuvre. Le film de Carnimeo est sympa, on ne s'y ennuie pas, mais ce n'est pas non plus une œuvre foncièrement originale. C'est une honnête série B, avec quelques passages marquants (la traque du Ratman dans la maison où s'est réfugiée Marliss), des scènes un peu gore, et le passage érotique obligatoire (Eva Grimaldi sous la douche, donc, que l'on peut admirer sous toutes les coutures). Et puis, la fin est assez amusante, il faut bien l'avouer. Giuliano Carnimeo, malin comme un rat, a choisi un titre plutôt racoleur ("Quella villa in fondo al parco") rappelant fortement "La casa sperduta nel parco" de Ruggero Deodato (qui lui s'était inspiré de "The Last House on the Left"). Des clins d'œil que l'on retrouve même à travers certaines affiches d'exploitation, l'une d'entre elles étant carrément un hommage à "Jaws", à moins qu'il ne s'agisse d'une parodie !

 

Note : 7/10

 

Flint
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