Une si gentille petite fille !...
Titre original: Cauchemares / Cathy's Curse
Genre: Horreur , Fantastique , Possession
Année: 1976
Pays d'origine: France / Canada
Réalisateur: Eddy Matalon
Casting:
Alan Scarfe, Randi Allen, Beverly Murray, Sylvie Lenoir, Dorothy Davis, Roy Whitman...
 

Nous sommes dans les années 30. Mr Gimble rentre chez lui. Stupéfait, il n'y trouve que sa fille Laura.
"Où sont passés ta mère et ton frère ?" demande-t-il à la petite Gimble. La jeune fille lui répond que la mère a quitté le foyer en emmenant son frère. "Ta mère n'est qu'une putain !" lance l'homme à sa jeune fille. Voici qu'il l'emmène en voiture, sans doute pour aller chercher la mère. Le temps est brumeux et même pluvieux, Mr Gimble va trop vite, il dérape puis part violemment dans le fossé. Tandis que Laura semble vouloir s'extirper de la voiture, celle-ci prend feu. Tous deux périssent brûlés vifs.

 

 

Plus de trente années ont passé. George décide d'emménager dans la maison de son enfance, inoccupée depuis l'accident, ce, avec son épouse qui se remet doucement d'une dépression, ainsi que sa fille de huit ans, Cathy.
George se souvient... Il se souvient du fauteuil où s'asseyait sa mère, de chaque objet rattaché à sa tendre enfance... La nostalgie semble le gagner. C'est une nouvelle vie qui semble s'offrir à eux. Pendant que la petite famille s'installe, Cathy visite la maison. Elle ne tarde pas à tomber sur le grenier qui semble receler bien des trésors. Mais pas seulement. Elle y trouve le portrait de Laura, qui le fascine par la ressemblance de la jeune fille avec elle-même. Et puis surtout une poupée, laquelle appartenait autrefois à la défunte. Cathy s'entiche de la poupée qu'elle ne quitte dès lors plus.
Les jours passent, et tandis que les faits mystérieux s'accumulent, Cathy semble se transformer en être habité par le mal. Ou le mâle, devrais-je plutôt dire, puisque toutes les femelles à l'horizon, même la chienne de la maison (un doberman), se voient directement ou indirectement malmenées... Seule la figure paternelle semble épargnée. Quoiqu'il en soit, les morts commencent à pleuvoir (par la fenêtre, pour le premier !).

 

 

On doit cette tentative fantastique franco-canadienne, croisement bâtard de "Carrie", de "L'exorciste" et de "La malédiction" à Eddy Matalon, metteur en scène d'origine marseillaise qui débuta par un documentaire sur Brigitte Bardot avant d'enchaîner sur son premier long-métrage, un drame criminel difficile à trouver à l'heure actuelle : "Le chien fou", tourné en 1966 et qui mettait entre autres en scène, Claude Brasseur, Pierre Richard, Howard Vernon et Popeck. Sa carrière sera ensuite jalonnée de quelques joyeuses "queutardises" romantiques telles que "La pension du libre amour", "La chatte sans pudeur" avec Dany Daniel ou encore "La bête à plaisir" avec moi-même. Il signe le plus souvent ses petits méfaits cochons sous le pseudonyme de Jack Angel et c'est, pris en sandwich entre deux d'entre eux (le suivant sera "Teenage Teasers", toujours avec Dany Daniel que je ne connais pas) qu'il signe en 1976, ce "Cauchemares" (cherchez "l'erreure"...), un pauvre petit film à la manière de, mal joué, mal filmé, sans véritable enjeu dramatique, empruntant des sentiers balisés ; bref, une livraison bien médiocre et surtout mollassonne et ennuyeuse comme pas permis.
Soit, on en a vu passer d'autres, avec même une mouvance de bébés tueurs (Le pathétique "Evil Baby" lequel suivait "It's Alive"), mais c'est tout de même l'univers des enfants maléfiques qui fut le plus souvent exploité, hélas, la plupart du temps avec peu de talent.
Dès l'entame, on sait que ça ne fonctionnera pas. Ce père rentre dans la chambre de sa fille d'une manière ridiculement inquisitrice, avant de proférer une insulte définitive à l'encontre de sa femme, le tout à sa fille... Drôle de façon d'élever ses enfants, se dit-on, et la femme après tout, a sans doute bien fait de se casser etc... etc... D'ailleurs, à ce sujet, on ne saura jamais rien. Pourquoi a-t-elle emmené son frère George et laissé sa fille Laura ? Mystère et boule de gomme, prends ton passe-montagne, on va faire un tour en voiture pour chercher ta putain de mère, et voilà t'y pas que ceux-ci se vautrent dans le fossé, à 30 kilomètres/heures à tout casser, bref de manière peu spectaculaire. Pas de quoi donc s'enflammer, et surtout pas de quoi embraser une voiture qui pourtant prendra feu...
Alors, j'en vois déjà d'ici qui se disent : "Oh nanar !". Que non ! Pas de nanar ici présent, juste un très mauvais film, pour tout dire assez chiant et sur lequel il me semble inutile de s'étendre trop longuement.

 

 

On aura bien le droit à tous les poncifs du genre, mais inutile non plus de vous dire que ceux-ci ne suffiront pas à remplir ce catalogue avarié, filmé comme un mauvais porno, en plus de tomber systématiquement à plat.
Cette femme médium qui se met à parler avec une voix d'homme, hanté par le démon de Mr Gimble durant quelques secondes reste l'un des seuls moments un peu drôles du film. On rajoutera sans problème la longue scène avec l'espèce d'ivrogne censé garder notre petite peste. Celui-ci restera figé à table en train de boire (Cathy lui servant allègrement le vin), médusé, tétanisé, perplexe, on ne sait trop quoi en fait, devant quelques bestioles choisies au hasard et surtout sans imagination, dans le bestiaire des animaux censés susciter la peur. Ainsi, à ses pieds, grouillera une poignée de rats sympathiques, sur son épaule grimpera une pauvre mygale tandis que deux malheureux serpents viendront lui narguer le bout du nez. On ne saura finalement pas trop si l'on devra rire ou s'agacer, et la perplexité puis l'effarement prendront tranquillement le dessus.
De même pour le don de télékinésie à peine exploité sinon dans une scène absurde, durant laquelle la nounou de service, avant de passer par la fenêtre, se verra reprendre par Cathy la poupée qu'elle tenait fermement dans ses mains.
On rajoutera au discrédit de cette "Si gentille petite fille !..." des effets sonores du plus mauvais goût et, pour tout dire, bricolés à la va vite dans une cave, ainsi que des acteurs absolument à la ramasse. C'est encore Alan Scarfe ("Bells" de Michael Anderson") qui s'en sortirait le mieux s'il n'était pas affublé, d'entrée, de dialogues stupides, se pâmant devant chaque élément de la maison, un fauteuil comme une tapisserie (encore heureux qu'ils n'aient pas visité les chiottes en premier)... Ailleurs, la palme revient sans conteste à Beverly Murray dans le rôle d'une mère apathique semblant chercher, tout le film durant, la meilleure manière d'écarquiller les yeux sans jamais la trouver. Quant à Randi Allen dans le rôle principal, sa présence se borne finalement à alterner les airs angéliques et les airs les plus malins, en plus de deux ou trois insultes sexistes assénées dans la première moitié de film.
Pour finir, je tiens à passer un petit message préventif au spectateur crédule qui se serait égaré par là : "Si comme moi, tu as longtemps fantasmé sur l'affiche du film, rends ton Matalon et va à la plage ! A défaut, regarde un autre film !".

 

 

Mallox

 

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