Population zéro
Titre original: Z.P.G.
Genre: Science fiction
Année: 1972
Pays d'origine: États-Unis / Danemark
Réalisateur: Michael Campus
Casting:
Oliver Reed, Geraldine Chaplin, Don Gordon, Diane Cilento, Max Ehrlich...
Aka: Zero Population Growth (Royaume-Uni) / Edict / The First of January / Dead Kids (Finlande - vhs) / ZPG, un mondo maledetto fatto di bambole (Italie)
 

Dans un monde futur, où la vie est devenue souterraine, les gouvernements de la planète ont interdit les naissances pendant une période de trente ans. Afin de se substituer aux bébés et à l'instinct maternel, des poupées sont programmées. Dotées d'un panel de sentiments humains, elles parlent, pleurent et simulent même des maladies infantiles. Avoir un enfant est passible de la peine de mort et chaque femme, après avoir fait l'amour, doit passer devant un stérilisateur.



C'est dans un contexte où hommes et femmes vont voir des psychologues ou adoptent des poupées que Carol McNeil (Geraldine Chaplin) décide d'avoir coûte que coûte un enfant, un vrai. Et à Population zéro de mettre en scène un couple bravant dès lors tous les dangers et s'exposant à d'autres effets plus inattendus. Bien entendu, s'occuper d'un bébé ne va pas sans quelques impondérables et lorsque celui de Carol et Russ (Oliver Reed) tombe malade, le couple a besoin d'une aide extérieure et doit sortir de son existence cachée au sein d'un abri fabriqué par Russ. Autre problème et pas des moindres, dans ce monde surpeuplé où procréer est strictement interdit, dénoncer une maternité est récompensé de rations alimentaires supplémentaires. Et puis comme Russ et Carol ont pour amis un couple qui a adopté un simili-bébé, George et Edna Borden (Don Gordon et Diane Cilento), ils s'exposent, si ceux-ci venaient à le découvrir, à leur propre envie d'enfant et, de fait, à leur chantage. D'abord pour une garde partagée du nouveau-né, ensuite, une fois le sentiment parental ancré, à la volonté de garder l'enfant sous couvert de dénonciation aux autorités.

 



Population zéro est une histoire passionnante à la base, imaginée et produite par le tandem Max Ehrlich et Frank De Felitta. Au premier l'on doit dès les années 50, le script d'épisodes de Tales of Tomorrow. Il est aussi l'auteur de romans comme "First Train to Babylon", adapté au cinéma par Michael Anderson, futur réalisateur de L'âge de cristal, sous le titre "La lame nue". Ehrlich adaptera son propre roman, ce qui donnera en 1976 "La mort en rêve" (The Reincarnation of Peter Proud) que réalisera J. Lee Thompson. Le second, également coproducteur de la chose, n'est autre que Frank De Felitta qui commença lui aussi sa carrière avec l'écriture de scripts pour des épisodes de la série Tales of Tomorrow (1952) puis "Suspense" (1954). On connait ses implications dans des projets tels que Audrey Rose ou L'emprise tandis que ses réalisations pour la télévision glaneront un vrai petit succès d'estime avec successivement "The Stately Ghosts of England" (1965), Danger Doberman (1973), The Two Worlds of Jennie Logan (1979) ou encore Les fleurs de sang. Leur scénario est d'une belle richesse et complexité. Les thèmes abordés autant que le postulat, assez proches du "Soleil vert" (lui-même adapté du roman "Make Room! Make Room!" publié en 1966) tourné l'année suivante par Richard Fleischer, brasse les thèmes de la surpopulation mais aussi de l'écologie (même les animaux de compagnie ont disparu de la surface de la Terre) ainsi que des méfaits psychologiques sur l'être humain de vivre une vie sans risque de maladies, et qui serait dès lors dénuée de sens.

 

 

Seulement, rien n'y fait. Michael Campus, dont c'est le premier film avant d'enchainer lors d'une courte carrière de réalisateur avec "Le mac" (1973) et "La loi du ghetto" (1974), se révèle incapable d'illustrer décemment cette histoire pourtant fabuleuse, riche, trop riche probablement pour ses petits moyens. Outre d'être doté d'une direction artistique d'une pauvreté et d'une laideur à chier dans une couche, Population zéro ne possède ni action, ni tension, ni ampleur, ni relief, ni même une psychologie digne de ce nom. Hésitant constamment entre le film d'aventure et la fable auteurisante sur des bases dystopiques, Zero Population Growth donne le sentiment de ne jamais démarrer, de faire du sur place pour accoucher d'une pièce de théâtre à la fois stérile et ridicule. À trop vouloir embrasser de thèmes, rien n'y est vraiment développé et ses personnages ressemblent à des spectres uniquement animés par une volonté rhétorique à la portée purement symbolique. Oliver Reed y promène sa carcasse, n'ayant rien à jouer, aucun rôle à tenir. Celui-ci se limite à calmer de temps à autre sa femme devant ses tourments maternels.

 

 

Ce n'est que lors de son dénouement que Z.P.G. prend son semblant d'envol, laissant une désolante impression de médiocrité et de gâchis. On est gêné devant l'abnégation d'une Geraldine Chaplin qui se livre entièrement et avec talent sans réussir à rehausser le film. Il en va de même pour les très bons Don Gordon ("Bullitt", "Slaughter", "Le mac", "Papillon", "La malédiction finale", "L'exorciste: la suite"...) et Diane Cilento ("La lame nue", "Hombre", "The Wicker Man"...), formant tous deux un rôle ingrat de couple frustré et potentiellement dangereux. Même les troisièmes rôles sont sacrifiés et l'illustration d'un scientifique complètement déprimé par le constat sociétal et se trouvant de fait dans un état végétatif, la tête ballotant sur la gauche, tandis que dans une erreur de montage hasardeux, elle ballote sur la droite le plan suivant, achève le processus d'interruption involontaire de gestation artistique et de faire de Population zéro un spectacle mort-né.
On en vient à regretter qu'un cinéaste tel que Michael Anderson, pourtant pas parmi les plus inspirés, mais dont l'ombre plane non loin de ce projet, n'ait pas réalisé la chose. C'est dire le niveau de considération proche de zéro qu'inspire Z.P.G....

 

 

Mallox



Bonus :

# Le Musée de l'histoire naturelle de demain :

 





 

 

 

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