Loch Ness Horror, The
Genre: Fantastique , Agressions animales
Année: 1981
Pays d'origine: Etats-Unis
Réalisateur: Larry Buchanan
Casting:
Sandy Kenyon, Miki McKenzie, Barry Buchanan, Eric Scott, Karey-Louis Scott, Doc Livingston, Stuart Lancaster, David Clover...
Aka: Nessie
 

Sacré Larry Buchanan ! Un réalisateur comme on n'en fait plus...
C'est à l'armée, au département information et communication, qu'il a découvert sa vocation : "je serai metteur en scène !" lança-t-il un jour, baïonnette au canon.
Le voici peu après dans l'industrie cinématographique. Il fait ses premières armes comme assistant aux côtés de George Cukor sur "Je retourne chez maman", en 1952, mais a déjà réalisé son premier court-métrage l'année d'avant : "The Cow-Boy". Les années passent et le voici revendiquant son indépendance autant créatrice que financière pour tourner, avec trois francs six sous, quelques films directement destinés aux Drive-In. Ainsi peut-il enfin prendre pleinement son destin en main, et enchaîner ses premiers films de science-fiction et d'horreur : "The Naked Witch", "Attack of the 'The Eye Creatures", "Zontar : The Thing from Venus", "Curse of the Swamp Creature", "Mars Needs Women", "In the Year 2889" ou "Mistress of the Apes".
Ca y est, son but est atteint ! Quant à sa réputation, elle est assise ; le cinéaste fait parti, à l'instar des Ed Wood Jr, de ce qu'on nommait alors les "Schlockmeisters", et on le mettra dès lors souvent en concurrence avec le cinéaste de "Plan 9 from Outer Space" pour la palme du pire réalisateur de tous les temps. Ce que l'on retient de lui, ce n'est pas tant que ses films furent mauvais, mais que ceux-ci étaient tellement mauvais qu'ils touchaient au sublime. Quant à Buchanan, il publiera ses mémoires en 1996, dans lesquelles il déclarait que son style (et sa façon indépendante d'aborder le métier) était celui d'un guérillero.
Mais venons-en à ce "The Loch Ness Horror", petit délice de fin de carrière !

 

 

1940 - Jack Stuart scrute au télescope un avion allemand survolant les cimes écossaises enneigées. Il s'agit probablement d'un stock-shot de "Quand les aigles attaquent". Alors que l'avion amorce une descente, Jack abaisse son télescope pour tomber sur ce qui ressemble drôlement au fameux monstre du Loch Ness !
Nous voici transportés 40 ans plus tard. Au même endroit, deux hommes sont à bord d'un petit canoë. Ce sont deux mercenaires à la solde du professeur Pratt, et dont la mission est de ramener un oeuf du monstre ! Tandis que leur chef les attend plus loin sur la terre ferme, ils plongent et sont attaqués par Nessie, notre sympathique ami hantant les lieux. L'un d'eux se fait vite croquer tandis que le second parvient à ramener tant bien que mal un oeuf sur la côte. "Shorty est mort mais j'ai ramené l'oeuf qui nous rendra riches !" dit-il au professeur Pratt dont le seul intérêt, vous l'aurez compris, est pécuniaire. (C'est lui le méchant, quoi !).
Dans le même temps, George Sanderson, un autre professeur, tient quelques petits colloques, enseignant à quelques jeunes venus payer leur forfait camping/conférence l'histoire de Nessie. Il a également amené avec lui Spencer, un jeune chercheur américain possédant les toutes dernières technologies en matière de sonar. Tous deux payeront alors Jack, lequel est maintenant un vieil homme, afin de louer son aide, d'autant que certaines terres aux abords du lac lui appartiennent. Ce ne sera pas facile, surtout que le vieil écossais a une fille, Kathleen, qui ne peut pas voir les américains en peinture.
Complication de taille pour tout ce petit monde : Nessie n'aura alors de cesse que de retrouver son oeuf, et n'hésitera pas à sortir du lac pour le ramener !
Nessie se vengera-t-il sur nos jeunes campeurs ou fera-t-il la part des choses ? L'un des deux professeurs emportera-t-il au final le morceau ? Kathleen tombera-t-elle finalement sous le charme du bel américain ? Tout ce que je peux dire, c'est que l'on assistera à un sacré micmac !

 

 

Difficile toutefois pour ma part de me montrer méchant avec un film qui, malgré ses invraisemblances en série et son monstre gonflé à la pompe à vélo, reste somme toute assez plaisant à regarder.
Soit, cette chaîne de montagnes montrée initialement à tout des Alpes. Mais ce n'est pas bien grave pour peu qu'on veuille bien, d'entrée, se prêter au jeu.
Soit, pour une raison qui restera ignorée, Kate déteste les américains, si bien qu'on anticipe rapidement sur leur liaison à venir, laquelle ralentira un temps le rythme du film jusqu'à ce qu'on en oublie même ses enjeux (la quête de Nessie pour retrouver son oeuf, la rivalité des deux scientifiques).
Soit, les acteurs sont américains et l'on restera dubitatif devant l'accent écossais forcé des résidents, la palme revenant sans conteste au vieux Jack campé par Doc Livingston qui roule les R comme on l'a peu vu ailleurs.
Soit, les acteurs s'y montrent pour la plupart particulièrement mauvais. Sandy Kenyon (plusieurs décennies de séries télé) est particulièrement exécrable de statisme, pour ne pas dire de non jeu dans le rôle du gentil professeur. Idem pour le jeune Barry Buchanan dans le rôle de Spencer l'américain.
Soit, on ne comprend pas trop comment leurs rivaux avec en tête le professeur Pratt (Stuart Lancaster, vu notamment dans quelques Russ Meyer : "Faster, Pussycat ! Kill! Kill !" / "Supervixens"...) ont tant d'avance sur eux, avec pourtant des technologies on ne peut plus archaïques.

Soit, on ne comprend pas trop non plus comment l'un des deux plongeurs/mercenaires s'en sort en arrivant même à tirer son canoë. D'ailleurs, d'abord effrayés de voir notre Nessie émerger la tête de l'eau, ils s'en iront plonger 50 mètres plus loin. Tout comme ils tomberont sur l'aviateur mort quarante années plus tôt mais pourtant parfaitement conservé.
Soit, il y a aussi cet oeuf qui ne ressemble à rien et notre sympathique Nessie qui déambule à travers la forêt comme s'il effectuait sa petite promenade du dimanche. Autant dire qu'il ne suscite jamais la peur, surtout qu'il fera preuve d'une malice à toute épreuve dans sa quête et son châtiment envers les coupables.
Et puis, pourquoi le mercenaire rescapé dort-il dehors, s'exposant aux dangers alors que Pratt est dans une caravane ? Forcément, ils se feront bouffer en premier, lui et son sac de couchage !
Bref, le film suscite nombre de questions auxquelles Buchanan ne s'embarrasse pas de vouloir répondre...

 

 

Mais bon, ce petit jeu des erreurs est après tout si facile à recenser qu'on s'arrêtera là. Et puis, on pourrait bien arguer qu'on en a vu d'aussi ridicules, et surtout des plus emmerdants avec des budgets pourtant bien plus conséquents.
Bien entendu, comme la plupart de ce genre de films, Buchanan tarde à nous montrer sa grosse bête, pas tant pour ménager ses effets que par manque de moyens.
De fait, pour rester dans le domaine de l'effet (très spécial ici, vous l'aurez compris), lorsque celle-ci apparaît au grand jour, ayant un mal fou à faire fonctionner correctement ses mâchoires, l'hilarité s'en mêle forcément. De même, lorsqu'elle arbore ses petits airs de gentil Casimir en voyant la jeune et sympathique Kate ligotée dans le fourgon du vilain professeur Pratt. Un Pratt qu'elle semble même avoir beaucoup de mal à croquer. C'est que l'homme a la tête dure !
C'est sûr également qu'au niveau atmosphère, Buchanan échoue dans les grandes largeurs. Celle-ci ne s'instaure jamais, et c'est surtout à une succession de scènes rigolotes auxquelles on assiste.
Ce qui est marrant au final, c'est que le film tourné aux débuts des années 80 finit par ressembler à s'y méprendre, à une flopée de mauvais films SF des années 50. Même manichéisme, mêmes dialogues sexistes, même monstre autant mal fichu que mal articulé... Cela peut sembler paradoxal, mais c'est pourtant, à l'instar de Nessie, de son aspect hors du temps, quasi ancestral, qu'il tire tout son charme. C'est peu de choses me direz-vous. Certes, mais "The Loch Ness Horror" n'ennuie pas et c'est bien là le principal. Un film à prendre pour ce qu'il est : un petit plat chiche fait de restes qui ont si bien mariné ensemble qu'il finirait presque par se savourer.

 

 

Mallox

 

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