Rat Pfink a Boo Boo
Genre: Comédie musicale , Comédie , Action , Aventures , Comics / Mangas
Année: 1966
Pays d'origine: Etats-Unis
Réalisateur: Ray Dennis Steckler
Casting:
Vin Saxon (alias Ron Haydock), Carolyn Brandt, Titus Moede, and Bob Burns (Kogar, the swinging ape)...
 

Dans la série des génies méconnus du cinéma de série Z, Ray Dennis Steckler se pose là. Si pas pour ses films, en tout cas pour leurs titres. C'est en effet lui l'auteur de l'improbable "The Incredibly Strange Creatures Who Stopped Living and Became Mixed-Up Zombies" et du non moins étonnant Rat Pfink a Boo Boo, dont il est question ici. Titres longs, surprenants, intrigants, cachant derrière leur trop-plein quand même pas mal de vide. Enfin, pour Rat Pfink en tout cas, que j'ai eu la chance ( ?) de visionner et qui me laisse quelque peu sans voix.

 

 

Que dire d'un tel film ? Qu'il est appétissant, a priori, avec son singe swinguant annoncé sur l'affiche et tenant dans ses bras une héroïne hurlante, ses deux héros aux costumes de super-héros, dont l'un trimballe une guitare, ustensile assez peu en usage dans le monde des justiciers masqués, son side-car à tête de rat (sur l'affiche encore), ce titre incroyable qui n'a pas l'air de vouloir dire grand-chose et cet esprit BD qui semble baigner le tout.

La vision intégrale des 72 minutes de ce long-métrage relativement court calme un peu les ardeurs du psychonaute moyen, même boulimique. Pas tant que les ingrédients cités ci-dessus soient absents, non, plutôt qu'ils n'interviennent dans le film qu'après une bonne demi-heure de métrage qui semble en durer deux. Après une brève présentation de nos deux personnages : Rat Pfink and Boo Boo, donc, ce qui devait d'ailleurs être le titre original mais qu'une erreur initiale commise sur l'affiche et non corrigée, faute de moyens (d'après la petite histoire), transforma en Rat Pfink a Boo Boo, on change presque d'univers pour se retrouver à suivre les méfaits d'une petite bande de voyous, s'attaquant à des femmes pour les dévaliser.

 

 

Est-on toujours dans le même film qu'au début ? On est en droit de se le demander tant cet enchainement de séquences paraît maladroit et s'étire longuement en déambulations peu cinégéniques et filatures interminables. Le passage nocturne, qui voit nos trois truands poursuivre une jeune femme au sac apparemment bien rempli, est même parfois tellement nocturne qu'on n'y voit presque rien ! L'obscurité totale, ou le manque d'éclairage, donne, pendant cinq minutes au moins, une patine quasi-expérimentale au film, dont on se serait fort bien passée. A moins qu'il ne s'agisse, tout simplement, d'un résultat de l'usure de la bande d'une vieille VHS approchant de sa fin de vie...

Quoi qu'il en soit, le film ne décolle pas et ce ne sont pas les séquences de flirt de Lonnie Lord, chanteur de rock interprété par Vin Saxon (qui est en fait Ron Haydock, lui-même chanteur de rock, quelle mise en abyme !) avec la belle Ceebee Beaumont, qui vont suffire à réchauffer l'atmosphère, même lorsqu'elles sont le prétexte à interpréter l'une ou l'autre chanson rockab', certes avec talent mais quand même...
Quand enfin le gang des malfrats se décide à s'attaquer à Ceebee, et alors que notre deuxième paupière semble vouloir imiter la première et baisser le rideau sur se spectacle somnifère, l'arrivée en fanfare du duo costumé relance l'intérêt qui ne faiblira plus (à condition d'être très, très, très, très, très indulgent - et non, il n'y a pas un très de trop, il les faut vraiment tous pour aller jusqu'au bout) jusqu'à ce que le mot Fin apparaisse à l'écran.

 

 

Ray Dennis Steckler n'a pas d'argent et cela se voit : ses personnages ne sont pas trop élégamment vêtus et la cagoule de Rat Pfink semble annoncer les écarts pelliculés d'un autre phénomène, belge celui-là (Jean-Jacques Rousseau bien sûr). Leur Ratmobile n'est rien d'autre qu'un side-car de marque BMW (quand même), qui fait un bruit de chasse d'eau en roulant et dans le panier duquel notre brave Pfink tente obstinément de rester debout, l'index pointé dans la direction à suivre par son pilote, le brave Boo Boo, situation éminemment casse-gueule, on s'en doute. Quand ils sont à terre, en train de courser les bandits ou de se mesurer à eux à grands coups de poings et de pieds, la rat-cape se révèle être un handicap plutôt qu'un atout, s'entortillant sans cesse, tandis que le chapeau de bouffon à lumières clignotantes de Boo Boo ne sert strictement à rien si ce n'est à faire joli, et encore... Reste Kogar, le brave gorille dansant, dont le costume bien peigné a dû engloutir le budget du film et dont l'apparition incongrue, mais annoncée par l'affiche, relance un peu l'ambiance et permet de tenir.

Au rayon des curiosités, notons aussi cet improbable noir et blanc qui se pare de couleurs bleutées dans certaines séquences, orangées dans d'autres... Visiblement, le film bénéficie de l'adjonction de teintes du plus bel effet, qui se surajoutent à tout le reste, au réussi (la voix un peu ampoulée et ridicule de Rat Pfink, certains mouvements de caméras, la musique) et à ce qui l'est moins (les longueurs, les longueurs et les longueurs). Rat Pfink a Boo Boo est incontestablement une incongruité sur pellicule. Cela n'en fait pas pour autant un film indispensable à voir.

 

 

Bigbonn

 

 

En rapport avec le film :

 

# Ray Dennis Steckler est décédé le 7 janvier 2009, à presque 71 ans. A cette occasion, Throma avait écrit cette oraison funèbre : "Un gros RIP pour ce grand artisan (et enfant) du Z américain, disparu en ce vendredi 9 janvier à l'âge de 70 ans. Champion toutes catégories du titre improbable ("The Incredibly Strange Creatures who Stopped Living and Became Mixed-Up Zombies ; "Rat Pfink a Boo Boo" ; "The Hollywood Strangler Meets the Skidrow Slasher", etc.), ses oeuvres, à l'exception paradoxale de ses pornos plutôt portés sur le crado, reflétaient une véritable joie de vivre et une passion immodérée pour le cinéma, mais aussi la bande-dessinée.

Ses films les plus célèbres baignent dans une ambiance comics & pulp des plus savoureuses. Encore un de la vieille école du système D qui ne m'a personnellement jamais déçu, à part peut-être son "Sexorcist Devil" qui est quand même bien merdeux.

Je ne saurais que trop conseiller ses films de serial-killer "The Thrill Killers" et le sus-mentionné "Hollywood Strangler...", fascinant dans sa répétitivité mais néanmoins intéressant.

RIP l'homme à tête de poireau."

 

# Ron Haydock (crédité sous le nom de Vin Saxon), qui interprète Rat Pfink et chante dans le film, était un authentique rocker, qui eut son propre groupe, Ron Haydock and the Boppers, ainsi qu’un passionné de bande dessinée, lui aussi, ainsi qu’un auteur de romans et de nouvelles pour adultes. Il est mort le 13 août 1977, à l’âge de 37 ans, percuté par un camion tandis qu’il faisait du stop.

 

# Titus Moede, l’interprète de Boo Boo, semble n’avoir que peu tourné dans le circuit classique, pour se retrouver plutôt cantonné aux sexploitations et films hard. Il joue notamment dans "The Dirtiest Game in the World" (1970), de James Bryan.

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