Vizi morbosi di una governante, I
Genre: Giallo
Année: 1977
Pays d'origine: Italie
Réalisateur: Filippo Walter Ratti (Sous le pseudo de Peter Rush)
Casting:
Corrado Gaipa, Roberto Zattini, Isabelle Marchall, Annie Carol Edel, Gaetano Russo, Giuseppe Colombo, Adler Gray, Rino Bellini, Patrizia Gori...
Aka: Crazy Desires of a Murderer / The Morbid Habits of the Governess
 

De retour chez elle après un assez long voyage autour du monde, Ileana Chablais (Isabella Marchall) téléphone à son vieux baron de père. Le vieil homme est astreint au fauteuil roulant, ce qui ne l'empêche pas de continuer ses travaux d'expert en art oriental. Bien entendu, Ileana vient lui donner de ses nouvelles, mais pas seulement. Elle le prévient de sa venue en compagnie d'amis afin de fêter leurs retrouvailles au sein du vieux château gothique où vit le vieil homme. Celui-ci n'a pas le temps d'émettre le moindre avis qu'il est surpris de voir apparaître une silhouette ensanglantée traversant couloirs et chambres.

Prenant le silence comme un "oui", voici qu'Ileana débarque dans le château avec ses compagnons. L'on comprend assez rapidement que la silhouette aperçue n'est autre que celle de son jeune oncle, un être passablement dérangé qui aurait autrefois tué sa sœur, lui ôtant même les yeux. Celui-ci passe la plupart de son temps à errer dans les catacombes non loin, ainsi que dans les méandres du château, à épier tout ce beau monde.

 

 

Mais ce n'est pas tout ; Ileana devrait mieux surveiller ses fréquentations, et comme dit le dicton : "l'on ne connaît jamais assez bien les gens". En effet, parmi ses amis, certains n'ont pas que des idées bienveillantes. Il en va ainsi de deux de ses nouveaux amis, Bobby (Gaetano Russo) et Pier-Luigi, qui ont caché de l'héroïne dans l'un des vieux vases orientaux que la jeune femme a ramené pour son passionné de père. Bobby devra tenter par tous les moyens de la récupérer, afin d'éviter les ennuis avec les autres revendeurs.

Ceci dit, tout n'irait pas trop mal si ce n'était que la nuit venue, l'une des invitées ((Isabella Marchall) ne se faisait salement tuer à coups de couteau avant de se faire énucléer.

L'inspecteur de police (Corrado Gaipa) ne tarde pas à arriver.

Bien entendu, les soupçons se portent sur l'oncle, autrefois fois coupable d'un meurtre similaire, et évidemment ce meurtre ne fait pas les affaires des deux dealers, bloqués pour le coup dans le château avec la drogue planquée dans un artefact de vase.

 

 

"Crazy Desires of a Murderer" est un giallo assez rare sorti toutefois en VHS chez Redemption à la fin des années 90, mais c'est également et surtout un giallo très moyen. Celui-ci possède un gros défaut, celui de nous donner ce qu'on était venu chercher, rien de plus, et c'est un sentiment de frustration qui dominera au générique de fin.

Rien au sein de l'histoire ici contée n'a déjà été vu moult fois. Rappelons que le film a été tourné en 1977, date à laquelle on fut en droit d'assister à autre chose qu'une énième réunion de famille et d'amis, tous cloîtrés dans un château gothique comme pour fêter la millionième variation des romans d'Agatha Christie... Un coupable probable qui ne le sera pas, des motivations annexes qui n'apporteront que peu de choses à l'histoire et ressembleront au final à ce qu'elles paraissaient, à savoir des leurres, des histoires d'intérêts familiaux qui ne provoquent que peu d'intérêt, ainsi qu'un inspecteur de police d'une perspicacité toute "Hercule Poirienne". Il n'y a décidément rien de bien neuf dans la démarche scénaristique d'Ambrogio Molteni, qui livre là un script on ne peut plus molletonné (merci pour le jeu de mots !), et seuls les amateurs du genre giallesque y trouveront quelque intérêt à sa vision, en éteignant ainsi la flamme de leur curiosité. Molteni semble plus rattaché au genre Western et c'est ici son unique contribution au genre, avant d'œuvrer pour Bitto Albertini et ses "Black Emanuelle". A noter toutefois qu'il fut assistant réalisateur en 1971 sur "L'appel de la chair" d'Emilio Miraglia, et qu'il joue ici dans le film. Passons...

Vous l'aurez compris, rien ne surprendra, et il est bien dommage que les qualités de "I vizi morbosi di una governante" ne tiennent que sur des détails parfois anecdotiques, des détails qui lui donnent le petit brin de charme qui en font un représentant tout juste décent du genre giallesque.

 

 

La mise en scène de Filippo Walter Ratti ("La nuit des damnés") n'est pas en cause. Rappelons que celui-ci fut assistant dès 1938 avant de tourner son premier film en 1946 ("Felicità perduta"), et c'est ici son dernier film. Rien à redire, il s'agit de travail solide, celui d'un artisan confirmé au service de son histoire, mais comme nous l'avons vu ci-dessus, celle-ci étant assez peu palpitante et surtout banale au possible, sa mise en scène en paye le prix ou lui rend la monnaie, selon.

Reste quoi ?

Un quota de meurtres à peu près rempli. Une scène d'énucléation, avec le tueur qui range les yeux dans un sachet, fait son petit effet ; et puis également ces yeux qui semblent épier constamment à travers les murs et qui demeurent relativement intrigants. A contrario, et c'est dommage, on a un personnage taxidermiste, et ce qu'aurait pu amener cette idée au niveau graphique (animaux au sein du château) n'est peu ou pas exploité.

Quelques scènes érotiques, avec surtout une mémorable utilisation phallique d'une bougie allumée, car pour le reste, même si les actrices sont jolies, il n'y a pas de quoi non plus s'enflammer, et l'on pourra même arguer que ces scènes ralentissent une action déjà suffisamment statique.

 


Restent des acteurs plutôt convaincants, avec en tête un excellent Corrado Gaipa ("Folie meurtrière", "The Man with Icy Eyes"), une partition de Piero Piccioni très sympa, mais ça ne va guère plus loin. "I vizi morbosi di una governante" est un film honnête mais guère inventif, un thriller en huis-clos qui se laisse voir puis oublier. Pas désagréable, donc, mais largement dispensable si ce n'est le contraire. Bref, et pour faire un dernier jeu de mots : pas de quoi fouetter un chat à neuf queues, et en tout cas certainement pas de quoi s'attarder plus longtemps sur son cas...

 

Mallox
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