Monstres de la préhistoire, Les
Titre original: Kyôryû kaichô no densetsu
Genre: Horreur , Fantastique , Agressions animales , Kaiju Eiga
Année: 1976
Pays d'origine: Japon
Réalisateur: Junji Kurata
Casting:
Tsunehiko Watase, Nobiko Sawan, Shôtarô Hayashi, Tomoko Kiyoshima, David Freedman, Maureen Peacock, Catherine Laub, Fuyukichi Maki...
Aka: Legend of Dinosaurs and Monster Birds
 

Un village japonais situé prêt du mont Fuji est menacé par un plésiosaure surgi du fond des mers. Dans le même temps, dans une profonde caverne gelée, une femme géologue découvre un oeuf préhistorique sur le point d'éclore... Il s'agit d'un rhamphornycus (ou rhamphorynchus, enfin un animal volant amateur de phorno et de cunnilingus), lequel n'aura de cesse à la fois de terroriser les habitants dont, en premier lieu, les touristes sur la plage et dans la mer. Sauf que le plésiosaure, très protectionniste, revendiquera bientôt les lieux (et les baigneurs comme sa propre nourriture avec !) et les deux sauriens, dans leur campagne de destruction massive, seront finalement amenés à s'affronter. Quid de Casimir, d'Hyppolite, ou encore de Julie la chercheuse et de monsieur Dusnob le plongeur sous-marin l'emportera ? Il conviendra de voir le film pour le savoir...

 

 

... Et l'on aura du mérite, serais-je tenté d'ajouter, puisque cet opus tardif du Kaiju Eiga est loin, très loin même d'être une réussite, recyclant à peu près tout ce qu'on a pu voir dans les années 50 et 60, tourné par le parangon du genre, l'imaginatif, l'indécrottable mais aussi parfois très répétitif : Inoshiro Honda.
Quant à Junji Kurata, dont c'est ici le dernier film, il ne laissera pas grande trace en tant que cinéaste, n'ayant signé que quatre films depuis le début des années 60, dont deux films de ninjas a priori "pourraves" : "Black" aka "Maboroshi kurozukin - yami ni tobu kage" en 1967 avec Chris Kelly (à ne pas confondre avec Jim Kelly ni même avec Gene le danseur de claquettes) et "The Magic World of the Ninjas" alias "Akakage" en 1969. Un obscur cinéaste dont on ignore même la date de naissance et dont le C.V. semble ni plus ni moins se limiter à ce que je viens de citer.

 

 

Ce qui tendrait à démarquer ces Monstres de la préhistoire des autres Kaiju, c'est son côté bien plus sanglant que la moyenne, avec même parfois quelques écarts gores en plus d'être davantage un rip-off des Dents de la mer qu'un Kaiju classique. Finalement, son scénario tiendrait quasiment de l'escroquerie avec deux histoires pompées ailleurs et ne se confondant jamais ! D'un côté, une baston sans merci entre deux monstres, l'un marin, l'autre aérien ; de l'autre, l'éternelle histoire de touristes terrorisés, ici plutôt deux fois qu'une, mais ça, vous l'aurez compris. Autant dire que ce n'importe quoi scénaristique contribue à en faire un véritable objet bis autant absurde que putassier, ce, malgré qu'il se révèle, toujours pour des raisons tordues, parfois assez plaisant.

Ce qui le sauve par moments, c'est le cadre très photogénique du Mont Fuji ainsi que quelques scènes sous-marines assez belles, quoique le plus souvent illisibles ou incompréhensibles dès que l'action s'en mêle. Idem pour nos deux monstres articulés et mus ici par le système de l'animatronique, à savoir quelques câbles tirant du latex - ici un peu au petit bonheur la chance - mais qui n'en déméritent pas pour autant.
Hélas, tout ceci n'en fait pas pour autant un spectacle généreux puisque, passé un préambule dans lequel une femme tombe dans un trou pour se retrouver dans une grotte (vingt bons mètres plus bas, diantre !) avec un oeuf en train d'éclore, il faudra attendre ensuite quarante minutes pour voir l'oeil d'un plésiosaure, puis trente-cinq minutes de plus pour enfin voir charger notre ptérodactyle à deux yens.

 

 

Finalement, ce ne sont que quelques passages qui retiennent l'attention (en plus de rester paradoxalement en mémoire, un comble pour un film d'un tel niveau !) :
Des scènes toutes droit sorties de Jaws, dont une panique sur la plage due à des gamins en train de jouer avec des ailerons dorsaux en plastique, avec le même contexte de jour férié et de fête nationale au sein de la petite ville ; un chanteur japonais de country pas loin de se faire bouffer lui aussi avec son groupe, dont le talent égale celui du réalisateur (à ce propos, il est étonnant de voir combien le récent et piteux "Piranha 3D" d'Aja ne fait que reprendre, une fois de plus, tous ces ingrédients avec une fainéantise doublée d'une suffisance crasse et n'offre, tout compte fait, rien de plus que ce nanar !). Ailleurs, un travelling subjectif nocturne sur une maison isolée que lorgne notre plésiosaure, qui fait ressembler le film à un slasher saurien (la femme étant qui plus est sous sa douche à ce moment là, ce qui nous vaut un zeste de nudité toute complaisante) ; ainsi que quelques passages gores, dont la rencontre entre une plongeuse en string et le rhamphornycus venu remplacer le requin, puis la découverte d'un garde-manger gorgé de restes humains (bras, jambes, têtes, cervelles...) à faire pâlir de jalousie les zombies/contaminés de La Horde.


L'une des séquences les plus absurdes du film demeure cette femme semblant vouloir se hisser avec un bras dans un canot pneumatique, qui sera aidée par la personne à son bord, laquelle s'apercevra qu'il ne s'agit là que d'un simple bout de la personne (grosso modo : 1/3 de son corps ! Comment ce bras, cette tête et ce bout de torse détachés du reste du corps ont-ils pu réussir à se hisser sur le canot ? Cela restera du domaine de l'inexplicable ou du surréalisme).

 

 

Pour conclure, et finir de narrer la belle et joyeuse harmonie cinématographique régnant dans Les monstres de la préhistoire, rajoutons la présence d'une partition musicale lounge aussi abominable qu'omniprésente et étant, qui plus est, mise en avant dans les moments dits de terreur ! Incroyable !

 

Mallox

 

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