Envoutés, Les
Titre original: The Believers
Genre: Thriller , Fantastique
Année: 1987
Pays d'origine: Etats-Unis
Réalisateur: John Schlesinger
Casting:
Martin Sheen, Helen Shaver, Harley Cross, Robert Loggia, Carla Pinza, Jimmy Smits...
 

Après la mort accidentelle de sa femme à la suite d'une électrocution, Cal Jamison, un psychiatre de la police, s'installe vivre à New-York avec son fils Chris. Mais un jour, la police l'appelle afin d'enquêter sur certains meurtres particulièrement horribles : les victimes sont éventrées et dépecées selon un rituel latino-américain qui a pour nom la Santeria.

 

 

Ce film, sorti en 1987, ne connut pas de succès phénoménal. On peut même dire qu'il est tombé immédiatement dans l'oubli, une aubaine pour les bacs à solde de nos supermarchés (édité par MGM, pour les amateurs). Pourtant, le film est un excellent thriller fantastique basé sur une idée intéressante et assez originale, qui délaye une atmosphère inquiétante et paranoïaque. Ecrit par Mark Frost (co-auteur de "Twins Peaks"), le script aborde une religion très peu abordée au cinéma : la Santeria. Cette religion est un syncrétisme étonnant entre les croyances et pratiques animistes, les rituels africains et le catholicisme. On peut dire que la Santeria est l'équivalent cubain du vaudou en Haïti. Historiquement, elle fut inventée par les esclaves pour échapper à la persécution de leurs maîtres qui voulaient les convertir au christianisme. Ils mêlèrent habilement dans leurs cérémonies les Orishas aux saints catholiques. Plus précisément, la Santería est née de l'union des principaux dieux de la secte Abakuá du groupe ethnique Yoruba, et des saints chrétiens réputés avoir les mêmes attributs. Dans les années 80, quelques serials killers, dont Adolfo Constanzo et Sara Aldrete, ont été impliqués dans certaines affaires en rapport avec la Santeria.

 

 

Le script imagine que plusieurs personnes utilisent cette pratique pour obtenir santé, richesse et pouvoir ; mais le prix à payer dans ce cas est particulièrement élevé. C'est ce que va découvrir à ses dépends le psychiatre Cal Jamison, lorsqu'il est appelé pour maîtriser un policier infiltré devenu fou ! Avec l'aide du lieutenant Mc Taggart, ils vont remonter jusqu'à Donald Calder, un riche industriel et philanthrope dont le fils est soit disant mort d'overdose. En s'approchant aussi dangereusement de la vérité, Jamison va se rendre compte que certaines personnes de son entourage ne sont pas vraiment ce qu'elles prétendent être. Et pendant ce temps, d'autres connaissances plus récentes, comme sa petite amie Jessica ou l'inspecteur Mc Taggart, tombent mystérieusement malades. Le calvaire de la pauvre Jessica est l'une des scènes les plus impressionnantes du film. Tout commence avec un banal bouton sur la joue qui va grandir, s'infecter et duquel finira par sortir de vraies araignées.


Agréable surprise de revoir la belle et longiligne Helen Shaver, que l'on a pu apercevoir dans quelques films de genre comme "Amityville Horror", "Shoot", "The Park is Mine", The Osterman Weekend, "Tremors 2" et "The Craft". Elle fut aussi la vedette de la série télé "Poltergeist : Legacy". A ses côtés, on retrouve Martin Sheen, vedette du mythique Apocalypse Now, apparu dans près de deux cents films et séries dont "The Final Countdown", "Enigma", "Firestarter", The Dead Zone, "Wall Street"... pas uniquement de grands films, mais l'acteur y joue toujours juste.

 

 

Le britannique John Schlesinger rencontrera son plus grand succès en 1969 avec Macadam Cow-Boy / Midnight Cowboy, film qui fut salué à travers le monde et qui valut au réalisateur de remporter à la fois l'Oscar du meilleur réalisateur et celui du meilleur film. Parmi les films qui suivront figurent "Un dimanche comme les autres / Sunday Bloody Sunday" (1971), "Le Jour du fléau / The Day of the Locust" (1975), "Marathon Man" (1976), "Yanks" (1979) ou "Fenêtre sur Pacifique / Pacific Heights" (1990).


Sans jamais tomber dans le démonstratif (le film suggère beaucoup) ou le tape à l'oeil gratuit (genre "Les Prédateurs"), voilà une petite production qui se regarde comme on lirait un bon roman policier. Certes, le script n'évite pas certains pièges (l'histoire d'amour Shaver/Sheen), voire le ridicule (la mort de la femme de Sheen) ou même quelques raccourcis hasardeux (le personnage de Richard Masure qui apparaît et disparaît), mais l'ensemble est agréable et la fin un rien cynique conclut avec brio cette production plus que recommandable.

 

 

The Omega Man

 

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