Hole, The
Genre: Fantastique
Année: 2009
Pays d'origine: Etats-Unis
Réalisateur: Joe Dante
Casting:
Chris Massoglia, Haley Bennett, Nathan Gamble, Teri Polo, Bruce Dern, John De Santis, Peter Shinkoda, Merritt Patterson...
 

Si Joe Dante n'est pas totalement au fond du trou, il faut bien reconnaître que sa chute semble inexorable vers les tréfonds d'une certaine confidentialité filmique. On est loin de ses premiers flirts poussés avec le public aboutissant sur un vibrionnant coït gremlinesque, et même des succès critiques fort mérités de Panic sur Florida Beach ou de The Second Civil War. Il garde, malgré tout, quelques aficionados et c'est tant mieux car cela permet la sortie, directement en vidéo, de The Hole, un long-métrage moyen mais sympa datant de 2009.

 

 

The Hole, c'est l'histoire de deux gamins découvrant, dans la cave de la maison où ils viennent d'emménager avec leur mère, une trappe et, sous cette trappe, un trou... Profond. Abyssal. Infernal. Dane, l'aîné, y voit une raison de se réjouir un peu de leur arrivée à Bensonville, bled archi-paumé pour un gamin élevé à Brooklyn. Ça et la présence d'une charmante autant qu'ouverte voisine de son âge et son humeur bougonne du début finit par s'envoler. Lucas, le petit frère, colle aux pattes comme tous les petits frères, un peu trouillard, rameute la belle Julie et les voilà tous trois à contempler un trou noir en se demandant ce que sa présence en ces lieux peut bien signifier (si le bon docteur Freud était là, il aurait bien quelques explications à leur donner mais, hélas, il n'est pas là...) Décadenassée, la trappe qui le ferme s'ouvre forcément quand vient la nuit pour en laisser sortir quelques uns de ses effrayants occupants...

 

 

Rien d'exceptionnel hélas, là-dedans, puisque qu'on retrouve pêle-mêle un pantin à visage grimaçant et surfant sur une peur des clowns classique chez les enfants ; une fillette au teint livide et aux cheveux longs sortie tout droit d'une flopée de films de fantômes japonais et pleurant des larmes de sang ; et encore d'autres puissances obscures venues apporter du piment à ces quelques Américains trop tranquilles.
La vie pavillonnaire US est un cadre habituel pour les films horrifiques venus de là-bas, à tel point que les allées bordées d'arbres et les jardins bien tondus nous semblent presque aussi familiers que les grosses voitures de leurs habitants. La cave est encore plus classique et l'escalier qui y mène a été tant de fois empruntés qu'on s'étonnerait presque que les marches n'en soient pas plus usées. La nuit, les ténèbres, les vapeurs méphitiques, les portes qui se referment, les mains qui s'abattent sur l'épaule d'un enfant apeuré, la musique qui gémit comme une vieille sorcière chouinant une malédiction, les jaillissements soudains, les voix plaintives, les prophètes de malheur et autres drames enfouis, tous les éléments propices à faire naître la peur sont là, réunis et agencés par quelqu'un qui en connaît tous les ressorts et les exploite avec un savoir-faire certain.

 

 

Trop balisés, certes, pour des spectateurs rompus à la visite de maisons hantées, de greniers mal famés ou de celliers maudits, les effets visuels, sonores et les procédés de mise en scène n'en restent pas moins efficaces et feront frémir, tressaillir et sursauter ceux qui font partie du public le plus visé : des jeunes de l'âge des héros, s'identifiant facilement à ces personnages peu complexes. Chacun devra alors affronter ses propres peurs : Dane, Lucas et Julie dans le film, le spectateur dans son salon !
S'il ne s'avère pas être l'un des sommets de sa carrière, The Hole reste donc un bon divertissement de la part d'un cinéaste rompu au genre fantastique. La 3D, dont je n'ai pas profité faute de lunettes, explique certaines scènes, voire les justifie : celle où Lucas, allongé dans son lit, s'amuse à envoyer sa balle de base-ball vers le plafond ; cette autre où il fait des "bombes" dans la piscine de sa voisine ; ces autres encore, plus chevillées à l'action, où le héros plonge sa main dans le trou, gravit une échelle faite de centaines d'étagères grimpant vers le ciel, sans oublier la plus réussie, lorsque le pantin clownesque jaillit vers l'écran.

 

 

Les explications qui viennent éclairer un peu le mystère de cet étrange abîme sont d'un classicisme presque décevant mais donnent à l'ensemble l'allure d'un conte quasi initiatique où ces jeunes, confrontés à l'étrange, trouvent l'occasion de grandir et de se révéler à eux-mêmes et aux autres. Un rite de passage, presque, comme nous en avons tous connu au cours de notre enfance : aller chercher, pour son père ou sa mère, un truc à la cave, seul, dans une semi-obscurité forcément effrayante et surpeuplée d'êtres imaginaires mais quasi tangibles, ou regarder pour la première fois, seul ou en aimable compagnie, un film visant gentiment à nous foutre les jetons.

Bigbonn

 

En rapport avec le film :

# La fiche dvd CTV International du film The Hole

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