Tarzan et la chasseresse
Titre original: Tarzan and the Huntress
Genre: Aventures , Exotisme
Année: 1947
Pays d'origine: Etats-Unis
Réalisateur: Kurt Neumann
Casting:
Johnny Weissmuller, Johnny Sheffield, Brenda Joyce, Patricia Morison, Barton Mac Lane, John Warburton, Charles Trowbridge, Ted Hecht, Wallace Scott...
 

Lorsque la belle Tanya Rawlins débarque en Afrique, c'est pour y prélever le plus d'animaux possibles afin de repeupler les zoos du monde décimés par la guerre. Manque de pot, elle débarque chez le roi Farrod, voisin de Tarzan, un bon vieux monarque adepte de la redistribution des richesses et défenseur de la nature, qui ne lui autorise qu'un couple par espèce. Cela ne fait évidemment pas l'affaire de la belle ni de son associé et encore moins du guide qu'ils ont embauchés, un certain Paul Weir, dont les perspectives de gain étaient proportionnelles au nombre de captures...
Heureusement pour eux, le roi a un neveu félon à souhait, Ozira, qui imagine un stratagème pour prendre sa place et laisser libre cours à leurs prélèvements, contre espèces sonnantes et trébuchantes bien sûr. Un modèle de despote corrompu en devenir, fourbe comme il faut et n'ayant cure de son peuple ou des animaux qui vivent en harmonie dans cette nature luxuriante. Tanya a bien quelques scrupules à voir les événements tourner au putsch masqué mais, finalement, devant ces cages remplies de fauves, d'antilopes ou même de kinkajous (un animal d'Amérique du Sud normalement !), elle se réjouit de voir son expédition couronnée de succès. C'était compter sans Tarzan, seigneur de la jungle et ami des animaux, soucieux de son environnement et du respect qui lui est dû. Assez rapidement, il va se mettre en travers de la route de Tanya et, surtout, de Weir et d'Ozira, les deux méchants du film.

 

 

Pas désagréable en soi, cet avant-dernier épisode de la série des Tarzan avec Johnny Weissmuller se laisse regarder sans déplaisir (mais sans grand enthousiasme non plus). Une fois de plus, on baigne dans une fantaisie plus proche de la bande dessinée (et des romans d'Edgar Rice Burroughs ?), avec un roi débonnaire et utopiste régnant sur un royaume dont on aurait du mal à dire s'il est de type oriental ou océanien, les costumes des uns et les fleurs dans les cheveux des autres ne permettant pas d'en savoir beaucoup plus. Il ne s'agit en tout cas plus du tout des pygmées ou des nains du tout premier opus de 1932 qui jetaient leurs prisonniers dans les pattes d'un gorille géant, ni même des Gabonis plantant leurs flèches en plein front des explorateurs blancs, encore moins des Hymondies, ces écarteleurs braillards se réjouissant avec force vocifération de leurs séances collectives de démembrement... Ici d'ailleurs, plus un seul Noir en vue. En aurait-on vidé l'Afrique ? Ou les studios de la RKO ?

 

 

A la place, des populations à la peau claire portant des tenues exotiques mais s'exprimant dans un anglais parfait. Soit. Acceptons ce parti-pris qui ne nuit pas en lui-même à l'intrigue, même s'il ne laisse d'étonner. Concentrons-nous plutôt sur l'histoire ou ce qui en tient lieu, un élément un peu léger de cette production de Sol Lesser et Kurt Neumann. La trame générale n'est pourtant pas idiote, avec ces chasseurs de bêtes sauvages voulant regarnir les zoos, et les positions très écologiques de Farrod et Tarzan laissent à penser que certaines préoccupations actuelles ne datent pas forcément d'aujourd'hui. N'empêche, il y a là néanmoins un comble quand on imagine que ce film revendiquant la défense des animaux et leur droit à vivre dans la nature a forcément été tourné avec des animaux... en captivité ; et donc enlevés de leur milieu naturel (si l'on excepte, évidemment, les images d'archives placées ici et là pour faire plus vrai). Cheeta est le meilleur exemple de cet animal capturé (ou né en captivité) et dressé pour faire rire. Lorsque ce brave chimpanzé libère ses congénères, fait du planeur ou du saut en parachute, guide les salauds de chasseurs vers leurs armes contre la promesse d'une récompense, lorsqu'il "répond" à Tarzan ou à Boy, fait des pirouettes pour détendre l'atmosphère, il colle entièrement à cet anthropomorphisme de mise dans le cinéma américain grand public, une caractéristique qui a rendu extrêmement populaire les singes et donné à nombre de familles l'envie d'en voir en vrai, ainsi que des tas d'autres animaux si possible féroces (les fauves) ou étonnants (les girafes, les rhinocéros, etc...). Si le propos du film est donc, a priori, pro-nature et pro-règne animal, la réalité de son économie en est tout autre et il a participé, aux côtés de bien d'autres, à envoyer massivement dans les zoos des tas de petites têtes blondes, brunes ou rousses, pour s'ébaubir devant des cages où tournaient en rond des panthères, des ours ou même des tamanoirs.

 

 

Contradictoire, donc, mais ce n'est pas forcément un défaut rédhibitoire et cela n'interdit pas d'office une vision agréable. D'autant que Jane est vraiment peu présente et juste là pour la forme (ce qui lui évite de dire trop de niaiseries ou d'envoyer son homme au casse-pipe), et que Cheeta fait son show mais dans des situations finalement plutôt cocasses et un peu plus surprenantes que d'habitude. Sa présence à l'écran, cependant, est presque aussi importante que celle de Tarzan et les plus rétifs aux singeries renâcleront assez vite devant ce quasi premier-rôle volant la vedette à son maître.
Celui-ci, pourtant, retrouve un peu de son lustre : il repousse son cri à plusieurs reprises, pour inviter les animaux sur son coin de jungle et leur éviter de se faire mettre en cage. Hélas, son cri made in RKO n'est toujours pas à la hauteur de celui qu'il avait lorsqu'il travaillait pour la MGM... Tarzan renoue aussi avec l'une de ses armes favorites : la charge d'éléphants ; une quasi constante des premiers épisodes qui avait peu à peu disparu alors que, pour faire un grand nettoyage et piétiner du vilain, des pachydermes déboulant en furie, il n'y a pas beaucoup mieux. Il garde aussi son côté impitoyable lorsqu'il s'agit d'occire du cruel et du traitre, transperçant l'un d'une lance maison tandis qu'il en pousse un autre vers une fosse à lion... Du bon donc, du moins bon aussi, le tout sur une durée courte (pas plus d'1h10), de quoi se divertir encore une fois mollement et gentiment mais avec toujours cette impression de manque, de légèrement bâclé, de film un peu loupé.

 

 

Bigbonn


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