Rois du soleil, Les
Titre original: Kings of the Sun
Genre: Aventures , Exotisme
Année: 1963
Pays d'origine: Etats-Unis
Réalisateur: J. Lee Thompson
Casting:
Yul Brynner, George Chakiris, Shirley Anne Field, Richard Basehart, Barry Morse, Leo Gordon, Ford Rainey, Victoria Vetri...
 

Le Yucatan à l'époque précolombienne (sans plus de précision) - Chez nos amis les mayas ça sacrifie pas mal en haut des pyramides à degrés (chez ces gens là, on sait faire la fête ma bonne dame). On se bastonne aussi, mais cette fois en bas des pyramides.
Bref, le jeune Balam n'a même pas le temps de fêter son accession au trône après la mort de son père au combat, et doit fuir fissa avec son escorte pour échapper aux troupes, dotées d'armes en cuivre, de l'usurpateur Hunac Ceel. Cela l'amène jusqu'à un village de pêcheurs dont il prend et les embarcations et la population, pour s'enfuir par mer en traversant le golfe du Mexique. Mais pour ce faire, Balam a dû prêter serment d'épouser Ixchel, la fille du cacique du village (qui meurt fort opportunément, d'une flèche décochée par un séide d'Hunac Ceel avant que ne commence l'exil maritime). Mais, furieux d'avoir eu la main forcée, pour lui, et de ne pas avoir été consulté, pour elle, nos deux tourtereaux, une fois débarqués sur un nouveau rivage et hors de portée d'Hunac Ceel, se délient du serment fait au défunt paternel.
Mais sur cette terre promise nomadisent des autochtones farouches et emplumés dont le chef, Aigle noir, décide d'aller espionner ces étranges envahisseurs…

 

 

Ah, les Mayas… leur héroïne apicole, leur science astronomique, leur invention du zéro seulement quelques siècles après les Indiens (les vrais, ceux sans plumes, ou à la rigueur dans le cul, dans quelques quartiers interlopes de Calcutta ou Bombay). Zéro et science astronomique qu'ils surent combiner en faisant des prédictions astrologiques de merde (pléonasme).
Par contre, pour ce qui concerne les sacrifices humains, nos amis les Mayas étaient, il faut bien le dire, des petits joueurs, surtout comparés aux autres civilisations méso-américaines. Et même si dans Apocalypto ça s'étripe pas mal (merci Mel Gibson), dans la réalité ils étaient à des hectolitres de gros rouges de nos autres amis les Aztèques. Quoi qu'il en soit, la civilisation maya n'a pas disparu pour rien puisqu'elle aura l'insigne honneur de servir de cadre à deux films hollywoodiens ; le premier étant le méconnu Les Rois du soleil qui est (comme ça tombe bien) le sujet de cette modeste critique.
Quand un film Hollywoodien avec plutôt un gros budget et des vedettes à l'affiche tombe, avec les années, dans un oubli relatif, c'est rarement sans raisons et ceux qui espèrent, si ce n'est du grand spectacle, au moins un dépaysement dû à un sujet original seront déçus. Car pour le dépaysement, on va vite quitter le Yucatan et la véritable pyramide de Chichen Iza (ou sera tournée la scène d'ouverture) pour les étendus semi désertiques et déjà mille fois vues du nord du Mexique, avec des Amérindiens standards qui ne dépareraient pas dans un western lambda. Pour le grand spectacle on va aussi très vite déchanter, le film s'avérant plutôt bavard et chiche en action, avec une intrigue linéaire pauvre en péripéties et centrée sur un banal triangle amoureux.

 

 

Si J. Lee Thompson, le réalisateur de ce métrage, restera pour la postérité l'auteur de Cape Fear ("Les nerfs à vif"), voire du boursouflé "Les canons de Navarone", difficile pour moi de le considérer autrement qu'un "yes man" hollywoodien parmi d'autres, techniquement capable mais sans génie et dont la valeur des films est fonction de celle des scénarios qu'on lui confiait. En tous cas, comme il le prouva ici et plus encore dans son précédent film ("Tarass Boulba", lui aussi avec Yul Brynner), tourner des scènes d'action à grande échelle et manier des foules ne faisait pas partie de ses domaines de compétence. La scène de combat finale (et unique scène de bataille du métrage) est l'une des plus molles et mal fichues qu'il m'ait été donné de voir.

Reconnaissons par contre que Lee Thompson sait mettre en valeur ses acteurs, enfin son acteur principal. Et ici, bien qu'il n'apparaisse qu'après une demi-heure, la star c'est Yul Brynner. Torse nu et souvent en contre plongée, il bénéficie de savants jeux d'ombres et de lumière mettant en valeur une musculature ciselée ; alors qu'un Chakiris, par ailleurs transparent, n'a droit qu'à des gros plans sur son pif proéminent et des tenues ridicules, et que Shirley Anne Field porte en permanence (en guise de robe) une espèce de sac grisâtre.

 

 

Hélas, malgré son charisme naturel et la caméra (trop ?) complice de Lee Thompson, le personnage incarné par Brynner tiens plus de la caricature que d'autre chose. S'il n'est pas aidé par un scénario le faisant passer de bête fauve à pseudo philosophe new-age, sorte de Dalaï Lama sexué s'exprimant comme dans un Fenimore Cooper, il faut reconnaître que Bryner, qui adopte en permanence une démarche chaloupée tout en roulements d'épaules et de mécaniques, est souvent à la limite du ridicule.

Bon, pour autant ce film n'est pas une purge et il se laisse voir dans un ennui poli, avec parfois une pointe d'amusement due aux tenues des Mayas et au numéro de "macho man" du célèbre chauve.

Inutile, par contre, de chercher une quelconque véracité historique ; on est dans l'artifice hollywoodien, et si historicité il y avait on pourrait crier à la tromperie sur la marchandise (déjà que l'on s'est fait avoir sur l'aspect spectaculaire).
Je ne saurais conclure cette modeste critique sans parler de la musique d'Elmer Bernstein qui est à l'image du film : peu inspirée et parfois à coté de la plaque.

 

 

Note : 5,75/10

Sigtuna

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