Retour vers le cauchemar
Titre original: The Nesting
Genre: Horreur , Maisons hantées , Esprits
Année: 1981
Pays d'origine: Etats-Unis
Réalisateur: Armand Weston
Casting:
Robin Groves, Christopher Loomis, Michael David Lally, John Carradine, Gloria Grahame, Patrick Farrelly...
Aka: Phobia / Massacre Mansion
 

Lauren Cochran (Robin Groves), une romancière, auteur de romans gothiques à succès, est victime en pleine rue d'une sévère crise d'angoisse. Après visite chez son psychiatre (Patrick Farrelly), il s'avérerait que celle-ci soit atteinte d'agoraphobie. Sur ses conseils ainsi que ceux de son ami Mark Felton (Christopher Loomis), le repos le plus total est de mise. Pour tenter de remédier à son mal, ainsi que pour poursuivre avec le moins de handicap possible ses travaux, Lauren emménage en milieu rural. Elle tombe sur un vieux manoir victorien abandonné : un lieu parfait pour exercer son art, si ce n'était que dès la découverte du bâtiment, l'écrivain est persuadée de l'avoir déjà vu et même décrit dans son dernier ouvrage.
Après avoir malgré tout investi les lieux en le louant au vieux Colonel Lebrun (John Carradine), propriétaire des lieux, elle ne tarde pas à comprendre que ceux-ci sont eux-mêmes hantés par des fantômes : ceux de prostituées ayant exercé dans l'endroit jadis. Tandis que les morts vont peu à peu s'amonceler, Lauren découvre que les esprits l'utilisent à des fins de vengeance...

 

 

On doit Retour vers le cauchemar alias The Nesting au réalisateur Armand Weston, qui adapte alors son propre scénario en collaboration avec Daria Price (celui-ci travaille sur "L'aube des zombies" de Frank Agrama la même année). Weston est jusque là plus rompu au genre porno avec même quelques titres connus des amateurs de cochonnes, tels "Expose Me, Lovely", ou surtout "The Defiance of Good" qui, quant à lui, prenait également son petit pied dans le genre horrifique via son cadre notamment. Il est également l'auteur de "The Taking of Christina", un rape and revenge avec Bree Anthony dans le rôle titre. Après "Take Off", écrit à nouveau avec Daria Price, et accessoirement relecture salace du Dorian Gray d'Oscar Wilde, le réalisateur change de cap pour venir donc exploiter un filon plutôt juteux : celui des esprits et des maisons hantées. "Amityville" a fait recette, Shining vient de sortir, Fulci vient de s'en réapproprier un morceau avec La maison près du cimetière, idem pour l'excellent The Changeling de Peter Medak qui, à défaut d'être un énorme succès public, glane les faveur des critiques. Autant dire que la tentation était alors grande de renflouer les caisses sur le dos d'un genre ayant le vent en poupe. Si l'exploitation aux Etats-Unis à l'époque fut pitoyable, d'abord dans quelques salles, par la William Mishkin Motion Pictures (rien à voir avec le docteur Francis), puis très vite en vidéo par la Warner, le résultat à l'écran est loin d'être honteux. Disons qu'il est en demi-teinte...

 

 

Misant autant sur la carte atmosphérique que le tape-à-l'oeil de type slashesque, disons le tout de go, quant au premier aspect, c'est en partie raté. Armand Weston a beau vouloir se singulariser et livrer un film plus proche d'un Let's Care Jessica... ou le susnommé L'enfant du diable, il échoue à donner unité à son personnage principal. Pourtant campé avec conviction par Robin Groves ("Peur bleue" de Daniel Attias), celui-ci pâtit d'un script trop désordonné, d'un montage parfois abrupt et surtout d'une étude de caractère assez peu crédible. Que dire de cet ami qui finit devant ses yeux empalé et oublié aussi vite, que ce soit par le personnage principal ou par ses scénaristes ? Difficile d'avaler la pilule. Pourtant, petit à petit, la trame parvient tant bien que mal à se tisser et la bobine à intriguer jusqu'à instiller l'angoisse dans ses moments les plus réussis. Somme toute meilleur en son genre que le surfait "Amityville" de Rosenberg, et bien que pas toujours convaincant, The Nesting a le mérite de relancer le rythme régulièrement ; d'un côté, par les apparitions spectrales, de l'autre, par quelques scènes gores relativement inspirées quoique par moments théâtrales et forcées. Assez proche dans ses effets d'un Dominique, les yeux de l'épouvante et même de la vague des fantômes asiatiques qui minera la décennie suivante, le premier aspect est assez réussi et suscite l'intérêt. Armand Weston ne ménage pas ses effets, et les esprits ici-présents se font luminescents et menaçants. Le second, si l'on considère le film en matière de quota, n'est pas mal non plus : un empalement avec énucléation, une faux scindant un crâne en deux, des femmes égorgées dans une voiture, sans compter une lévitation funeste et surtout une très belle séquence qui voit un homme se faire aspirer par les esprits des prostituées au fond d'un lac.

 

 

Bénéficiant de la présence de deux vieilles stars d'Hollywood dont la belle et talentueuse Gloria Grahame (beaucoup de classiques, Règlement de comptes, "Le coup de l'escalier"... mais aussi des incursions dans le cinéma bis avec notamment "Les cartes ne mentent jamais"), on ne peut pas dire cependant qu'Armand Weston en fasse grand chose. C'est d'autant plus dommage que l'actrice mourut d'un cancer peu après le tournage. Autant elle que John Carradine ne paraissent être présents que pour raccorder un script mal ficelé. Quand tout ce qui nous échappait est d'un seul coup d'un seul conté directement par la bouche d'un des protagonistes, en général, c'est mauvais signe. En l'occurrence ici, si Gloria Grahame passe encore, que dire du pourtant monstrueux Carradine père, venu ici présenter puis clore le film en restant dans son lit ? Le manque de consistance des personnages en fait sa limite. Manifestement venu cachetonner entre "Hurlements", "The Monster Club" et " L'épouvantail de mort " puis "Les yeux du cauchemar", l'acteur est utilisé ici au plus bas. On a beau s'être quelque peu habitué aux piteux caméos du père Carradine que c'en est tout de même regrettable, car ailleurs le jeu des acteurs est encore nivelé vers le bas par un Christopher Loomis ("Les fesses à l'air") campant un amoureux transit de manière très pâle. Le seul à sortir son épingle du jeu finalement, en dehors de Robin Groves, est Patrick Farrelly, ce avant hélas d'y passer ou de trépasser, selon...

 

 

Tout cela s'avère finalement très dommageable car Retour vers le cauchemar a un mérite considérable : celui de prendre son temps pour conter son histoire (soit, tant bien que mal). Il en résulte une bobine qui globalement parvient à maintenir l'intérêt jusqu'à parfois même subjuguer. Pour cela, et en dépit des ses inégalités, il reste intéressant à découvrir. Il ne méritait en tout cas pas d'être mis à l'écart en son temps avant d'être remis au goût du jour par sa sortie en dvd chez Blue Underground. Quoi qu'il en soit, le manoir du film a, à lui seul, une sacrée gueule d'atmosphère.

Mallox

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