Voyage au bout de l'horreur
Titre original: The Nest
Genre: Science fiction , Horreur , Agressions animales
Année: 1988
Pays d'origine: Etats-Unis
Réalisateur: Terence H. Winkless
Casting:
Franc Luz, Robert Lansing, Lisa Langlois, Terri Treas, Stephen Davies, Diana Bellamy...
 

Il se produit d'étranges incidents sur la petite île de Northport. Des touristes et des animaux disparaissent. Bettie, la fille du maire revient au pays. Elle commence à explorer l'ile et découvre une cavité rocheuse avec d'énormes oeufs d'insectes. Bientôt, des cafards agressifs envahissent les maisons. Le mal vient d'une zone occupée par un laboratoire de recherches qui semble en apparence avoir cessé ses activités. Le maire de l'île retrouve l'ancienne collaboratrice et apprend que les expériences génétiques ont engendré une nouvelle race de cafards indestructibles...

 

 

Voyage au bout de l'horreur est le premier film en tant que réalisateur de Terence H. Winkless, qui a commencé sa carrière aux débuts des années 80, en cosignant, notamment avec John Sayles, le scénario du "Hurlements" de Joe Dante.

En 1988, il s'émancipe enfin, tout en restant sous la houlette de Roger Corman (bien que ce soit sa femme Julie Corman qui pour le coup ait officiellement officié), un Corman semble t-il satisfait et avec qui il collaborera à nouveau, se voyant même confier, en 1995, la réalisation d'un de ses propres remakes, "Not of This Earth", dans lequel Michael York se substituait à Paul Birch (voir critique de l'original).
Le résultat est un fourre-tout inégal, qui a du mal à décoller, mais qui s'avère petit à petit plus sympathique et plus distrayant qu'il n'y semblait de prime abord. On y retrouve quelques gueules connues, comme le vétéran Robert Lansing dont on se souvient dans L'empire des fourmis géantes de Bert I. Gordon, ou Lisa Langlois, qu'on avait déjà vue dans quelques productions Bis ("Phobia", Happy Birthday, "Class 1984" ou encore "Les rats attaquent" de Robert Clouse), après avoir été remarquée par Claude Chabrol en son temps ("Les liens de sang", "Violette Nozière"). Leur interprétation, il faut le dire, est un petit plus très honorable dans une série B elle aussi très honorable, sans pour autant qu'elle ne bouleverse quoi que ce soit.

 

 

Classique, vu et revu, The Nest arrive beaucoup trop tard pour vraiment surprendre et emprunte des sentiers foulés depuis des décennies au sein de la S.F., se basant sur un être humain dont l'arrogance à vouloir modifier la nature finit par créer des monstres qui se retournent contre lui. Il peut a contrario faire valoir quelques qualités : surfer sur les stéréotypes avec un certain humour ainsi que d'éviter un certain manichéisme, celui de mise depuis Les dents de la mer, qui voudrait qu'il y ait forcément au sein des instances municipales, des raisons mercantiles aux catastrophes générées. Peut-être est-ce même un signe des temps, mais il s'agit ici d'intentions saines à la base, faites pour dynamiser la région et régler un problème. A contrario, c'est ici l'entreprise privée qui dépasse ses droits à des fins de profit personnel. En cela aussi, The Nest possède la qualité, et au-delà du fait de ressembler à ses ancestraux confrères, de se faire, à son niveau, un miroir intéressant d'une société dont la donne vient de changer...
Bien entendu, l'amateur de petits horrifiques ne visionnera pas pour autant The Nest pour se coltiner un énième pamphlet écolo mais avant tout pour la distraction et l'éventuel frisson...

 

 

A ce niveau Voyage au bout de l'horreur, s'il ne nous emmène pas, comme son titre français l'indique, au bout de l'horreur, peut se targuer d'une certaine efficacité, celle-ci émanant du fait qu'on nous balance à l'écran une armée de véritables cafards. Autant dire que ça grouille à tout va, ça crisse sous les pieds, ça s'insinue partout, dans un toasteur comme dans votre tasse de café, et le spectateur ayant la phobie du cancrelat aura du mal à rester insensible. Reste qu'au-delà de nos blattes, exploitées de manière naturelle et plutôt maligne, The Nest possède son petit humour, souvent à base de gore : tandis que divers animaux se font dépecer dans la première partie, nos cafards investissant leurs corps, l'une de leurs meilleures incursions sera dans un bar dans lequel il assailliront la tenancière au son d'une Cucaracha sortant du juke-box. Ensuite, tandis qu'un pauvre chat fera les frais d'une expérimentation mortelle, un femme plâtrée et retenue dans son lit verra les cafards s'immiscer dans son plâtre. L'apothéose viendra d'abord dans un presque final où c'est un être humain qui sera squatté de l'intérieur avant que deux énormes crochets émergent de sa bouche, puis, enfin, dans un final dont la créature à plusieurs têtes ne sera pas sans évoquer un film de 1982 signé John Carpenter. Tout cela pour louer le très honorable travail de James M. Navarra qui permet à Terence H. Winkless de relancer sa bobine pour la faire culminer dans quelques moments cradingues non dénués de malice (à ce titre, la galerie souterraine remplie d'oeufs de cafards aux allures de grosses couilles pendantes n'est pas mal non plus !). Manque toutefois pour que l'ensemble dépasse l'honnête spectacle, un petit peu plus d'énergie et de dynamisme.

 

 

Inutile de "déblatérer" plus longtemps, en l'état, Voyage au bout de l'horreur reste une aimable série B à voir si possible en double-programme avec le sympathique "Joe's Apartment" et ses cafards fêtards.

 

Mallox

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