Peste, La
Titre original: The Plague
Genre: Drame , Catastrophe
Année: 1992
Pays d'origine: Argentine / France / Royaume-Uni
Réalisateur: Luis Puenzo
Casting:
William Hurt, Sandrine Bonnaire, Jean-Marc Barr, Robert Duvall, Raul Julia...
 

Dans un port d'Amérique du Sud où se propage une épidémie de peste, les autorités instaurent la loi martiale. Pris au piège, deux journalistes français s'opposent quant à couvrir l'événement ou à fuir. Leurs comportements se modifieront au terme d'une course contre la montre éprouvante.

 

 

Réalisateur de "L'Histoire officielle", "Old Gringo" ou encore "La Puta y la ballena", l'Argentin Luis Puenzo s'attaque à une tâche relativement difficile en décidant d'adapter pour le grand écran le roman "La Peste" d'Albert Camus. Tout en demeurant fidèle aux grandes lignes du texte original, Puenzo propose sa propre interprétation de l'oeuvre et transpose le récit en Amérique du Sud durant les années 90, et plus précisément dans une ville qui conserve le nom d'Oran, mais que l'on peut aisément ici rapprocher de celle de Buenos Aires.

Un projet ambitieux donc, tant par sa source d'inspiration que son séduisant casting international (William Hurt, Sandrine Bonnaire, Jean-Marc Barr et Robert Duvall !), mais finalement très ennuyeux et un brin prétentieux. L'aspect mélodramatique prédomine l'ensemble du film, et le récit se traîne comme il peut entre d'interminables échanges verbaux et quelques séquences heureusement un peu plus vivaces. Plus que l'épidémie elle-même, c'est la peur qui est véritablement contagieuse ici, et la suggestion est préférée aux habituelles séquences "chocs" des films catastrophes épidémiques, genre dont Luis Penzo ne parvient pas à se défaire complètement, et dont il conserve au final les clichés les plus embarrassants.

 

 

De manière assez classique, les personnages principaux tentent d'affirmer leurs choix moraux épineux, tandis que médias et autorités ferment les yeux sur la vérité et tentent de manipuler le peuple. L'exode de la population se met en place une fois l'épidémie de peste déclarée, mais les pouvoirs en place décrètent l'état d'urgence afin de contenir l'infection dans l'enceinte de la ville, allant même jusqu'à parquer les contaminés dans un stade mis en quarantaine, se débarrassant bien entendu des corps dans d'énormes charniers, ce qui finira par pousser le peuple à se révolter. Là où Camus désignait une allégorie de l'occupation nazie, Puenzo s'élève contre le retour d'une forme de totalitarisme dans son pays d'origine.

Un film très inégal, dont nous retiendrons surtout les performances convaincantes des principaux comédiens, ainsi que l'ambiance pesante des événements auxquels l'on assiste impuissant. Pour une atmosphère autrement plus désespérée, mieux vaut se tourner vers la production mexicaine réalisée par Felipe Cazals, "L'Année de la peste", ou des titres comme l'excellent Variola vera du Serbe Goran Markovic et l'étrange La Maladie de Hambourg de Peter Fleischmann.

 

 

Nicolas

Vote:
 
5.00/10 ( 1 Vote )
Clics: 3085
0

Autres films Au hasard...