Dans les griffes du vampire
Titre original: Curse of the Undead
Genre: Western , Vampirisme , Fantastique
Année: 1959
Pays d'origine: Etats-Unis
Réalisateur: Edward Dein
Casting:
Eric Fleming, Michael Pate, Kathleen Crowley, John Hoyt, Bruce Gordon, Edward Binns...
Aka: Le tueur invincible / L'uomo senza corpo / Maldicion diabolica
 

Vers 1860, dans une bourgade des Etats-Unis. Des morts étranges frappent le village depuis quelque temps, un deuil qui semble concerner la plupart des foyers à en juger les couronnes mortuaires ornant les portes des maisons. Plusieurs jeunes femmes sont décédées de manière inexplicable, ce qui laisse le docteur Carter perplexe. Sa dernière patiente paraît néanmoins s'être miraculeusement remise de ce mal inconnu, même si le miracle en question tient peut-être plus aux prières prononcées par le pasteur Dan Young qu'aux médicaments administrés par l'homme de science.
Carter finit par croire que la cause de l'épidémie est d'origine surnaturelle. Hélas, avant qu'il n'ait eu le temps de vérifier ce qu'il soupçonne, il est à son tour terrassé de la même manière que les autres victimes : vidé de son sang !
Tandis que le shérif et Dan Young élaborent une stratégie afin d'éradiquer le mal, en même temps que de mettre fin aux méthodes illégales de Buffer, un riche propriétaire terrien désireux d'étendre son territoire, voici qu'un cavalier vêtu de noir répondant au nom de Drake Robey fait son apparition dans le village. Tireur émérite, il se fait engager comme tueur à gages par Dolores, la fille du défunt médecin, souhaitant venger la mort de son père et de son frère, fraîchement abattu par Buffer. Elle ne se doute pas un seul instant que Drake est un vampire et qu'il est responsable de la malédiction...

 

 

Quelques années avant le "Billy the Kid vs Dracula" de sinistre mémoire, réalisé en 1966 par William Beaudine et que la présence de John Carradine ne parvenait pas à sauver de la médiocrité, Edward Dein avait dès 1959 osé le mélange western/vampirisme avec ce Curse of the Undead bien plus intéressant.
Après avoir fait ses preuves en tant que scénariste durant les années 1940/50, Edward Dein (1907-1984) se lance dans la réalisation avec deux coproductions hispaniques, d'abord l'Espagne avec "Manchas de sangre en la luna" en 1952, dans lequel figurent Honor Blackman et Gérard Tichy, puis le Mexique avec "El corazon y la espada" l'année suivante, mettant en vedette Cesar Romero. Il tourne ensuite un polar noir en 1955 dans lequel on retrouve Lee Marvin, "Shack Out on 101", et un an avant ce qui reste peut-être son film le plus connu, "La femme sangsue", il met donc en scène Dans les griffes du vampire, qui présente un solide casting malgré un petit budget.

 

 

D'abord Eric Fleming qui, malgré sa mort prématurée à l'âge de quarante et un ans (l'acteur se noya accidentellement lors d'un tournage au Pérou), se fit connaître dans le créneau SF avec "La conquête de l'espace" de Byron Haskin ainsi que dans "Queen of Outer Space" où il partageait la vedette avec Zsa Zsa Gabor. Il tient ici le rôle du bon pasteur, chargé d'éliminer le sinistre vampire campé par un charismatique et inquiétant Michael Pate. Cet Australien possède une filmographie impressionnante. On le voit avec Boris Karloff dans "Le château de la terreur" puis "Le mystère du château noir", au tout début des fifties. Ensuite, dans l'excellent "The Maze" de William Cameron Menzies, le non moins réussi The Court Jester avec Danny Kaye, et aussi le remarquable "La tour de Londres" de Roger Corman en 1962.
Le premier rôle féminin est tenu par Kathleen Crowley, que l'on a pu croiser dans des œuvres moins prestigieuses comme "Target Earth" ou "Female Jungle". Tout le contraire de John Hoyt (le docteur Carter), à la carte de visite impressionnante, comprenant entre autres "Le choc des mondes", "Les contrebandiers de Moonfleet", Attack of the Puppet People, L'horrible cas du docteur X et "Une guillotine pour deux".
Signalons également la présence de Bruce Gordon ("La tour de Londres" et le Piranhas de Joe Dante) et Edward Binns ("12 hommes en colère", "La mort aux trousses") dans des seconds rôles étoffés, respectivement ceux de Buffer le propriétaire terrien antipathique et du shérif.

 

 

Curse of the Undead aborde le vampirisme d'une manière originale, dans la mesure où Drake a été maudit pour ses actes. Convoitant la femme de son frère, il tua celui-ci avant de se suicider, rongé par le remords. Mais Satan lui refusa le repos, le condamnant à errer éternellement sous la forme d'un mort-vivant. Drake se nourrit donc de sang, mais à la différence du vampire classique, il peut survivre à la lumière du jour. Il craint toutefois le pieu en bois et le symbole de la croix. En tant que pistolero, il présente un double avantage : celui de tirer très bien et d'être insensible aux balles de ses adversaires. Il n'est donc pas obligé d'être le plus rapide pour gagner ses duels.
Son principal rival va donc être un représentant de Dieu, selon une logique biblique, en la personne du pasteur Dan Young (une double rivalité, même, puisque les deux hommes aiment la même femme). Young est l'archétype du héros, droit, fort dans ses convictions, à la foi inébranlable, et surtout... apte à trouver la solution pour terrasser son ennemi lors d'un duel final rondement mené.

 

 

Produit par la firme Universal, et tourné dans un très beau noir et blanc en seulement dix-huit jours, Dans les griffes du vampire fut exploité brièvement en France en 1959, et en Belgique sous le titre Le tueur invincible. Puis, le film disparut de la circulation, du moins chez nous, mais grâce à Universal il est à nouveau possible de le (re)découvrir en dvd, dans une copie de bonne qualité, qui rend hommage à ses nombreuses scènes nocturnes, très esthétiques, baignant parfois dans une ambiance gothique, avec cette crypte, le caveau de famille, le cimetière, l'héroïne en nuisette hypnotisée par le vampire, et le cercueil où repose le pistolero. Edward Dein réussit cette osmose peu évidente entre le western classique et le fantastique, évitant de faire de Curse of the Undead un film bâtard mais en vérité une fort sympathique série B qui, avec sa durée de soixante-quinze minutes, évite les temps morts et maintient ainsi l'intérêt du spectateur jusqu'à la fin.

 

Flint

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