Horreurs Nazies
Titre original: Lager SSadis Kastrat Kommandantur
Genre: Women In Prison , Nazisploitation
Année: 1976
Pays d'origine: Italie
Réalisateur: Sergio Garrone
Casting:
Mircha Carven, Paola Corazzi, Giorgio Cerioni, Serafino Profumo, Attilio Dottesio, Patrizia Melega, Giovanna Mainardi...
Aka: Le Camp des filles perdues / Le Camp des filles perdues : Sadisme SS / SS Experiment Love Camp / SS Experiment Camp
 

Lors de la seconde guerre mondiale, dans un camp de prisonniers, les jeunes filles subissent les pires tortures. En effet, le commandant du camp, jadis castré par une fille après l'avoir violée, cherche à se faire greffer un nouveau sexe, qu'il choisit parmi ceux de ses plus beaux officiers. Avant de passer à l'acte, il teste les éventuels donneurs sur les prisonnières qui arrivent de plus en plus nombreuses.

 

 

L'explosion de la sexploitation dans les années 70 a entraîné la prolifération de sous genres aussi variés que glauques. Ainsi, des nonnes possédées couraient les fesses à l'air dans leurs couvents (nunsploitation), alors que de prétendues sorcières étaient méticuleusement torturées par de pervers inquisiteurs (witchploitation), mais le plus emblématique reste sûrement la nazisploitation, croisement improbable entre le film de prison (Women In Prison) et le fétichisme nazi. Paradoxalement, le genre n'est pas né en Europe mais bien aux Etats Unis en 1969 avec "Love camp 7" de Robert Lee Frost. Cependant, il faudra attendre deux œuvres fondatrices pour consolider les bases du genre, la première sera Ilsa, la louve des SS réalisé par Don Edmonds en 1975, et un an plus tard le "Salon Kitty" de l'italien Tinto Brass. A partir de ces films, une kyrielle de sous produits vont voir le jour. Si leurs appellations varient (nazisploitation, nazi sexploitation, sadiconazista, eros-svatika...) leur but reste le même : remplir les poches de leurs producteurs le plus vite possible. Ce qui explique peut être que le genre n'attirera que des pigistes du bis habitués à tourner dans des conditions extrêmes (Bruno Mattéi, Cesare Canevari, Luigi Batzella, Alain Payet, ...) avec des décors en toc, des acteurs de troisième zone, des costumes plus qu'approximatifs et des stock-shots à la pelle.

 

 

Evidemment, on n'a pas pu retenir le grand Bruno Mattéi qui nous sert sur un plateau "La Maison privée des SS" (1976) et "KZ9 camp d'extermination" (1977), même les français d'Eurociné se lancent dans l'aventure avec Helga la Louve de Stilberg ou Elsa, Fraulein SS. Le genre a bien entendu son film culte, l'oeuvre qui enterre toutes les autres, la pustule sur le front : "La Bestia in Calore" (alias "The Beast in Heat", "SS Hell Camp" ou "Holocauste nazi" en France), une friandise complètement barge réalisée par Luigi Batzella à partir d'un patchwork d'archives militaires, d'un ancien film de guerre ("Quand explose la dernière grenade") et de nouvelles scènes surréalistes (40 minutes à tout casser).

De son côté, le pauvre Sergio Garrone reçoit la commande de deux films érotico SM, il réalise donc "SS Camp 5 : l'enfer des femmes" et Horreur Nazies, ce dernier basera une bonne partie de sa réputation sur sa présence dans la fameuse liste des "videos nasties" qui devait protéger la société anglaise de la perversité et du vice. Les cibles étaient principalement les slashers, les naziploitations et les films de zombies ou de cannibales, nombre de films se sont alors vus annexés à la liste sur le seul prétexte de leur titre et de leur visuel... Horreurs nazies en faisait partie. Des années plus tard, la censure anglaise visionna enfin la chose et s'aperçut que le film était bien loin des promesses de son affiche et de son titre, le film sortit alors en 2005 en version intégrale sans aucun problème (alors que le film de Luigi Batzella est toujours interdit.)

 

 

Le brave héro qui va perde ses boules est interprété par Mircha Carven, une sorte de Clark Gable du cinéma bis, une comparaison qui n'est pas aussi saugrenue qu'elle en a l'air, puisque la mère de Mircha aurait eu une brève amourette avec l'acteur. La belle prisonnière qui va lui faire tourner la tête se présente sous les traits de la petite coquine Paola Corazzi, dont on a pu admirer le popotin rebondi dans "Les Novices libertines", "Maladonna", "Penombra", etc. Avec sa chevelure blonde et ses yeux bleus, Giorgio Cerioni se retrouve avec deux choix de rôles : le gentil redresseur de torts ("La Loi de la violence") ou la crapule sadique, c'est dans la deuxième catégorie qu'il faut ranger son rôle de Colonel castré. Il a l'air tellement à l'aise dans les rôles de salauds qu'il récidivera dans "Roses rouges pour le Führer", Horreurs nazies et "Les Déportées de la section spéciale SS". Patrizia Melega ne joua que dans le diptyque nazi de Garonne mais son rôle de doctoresse grande amatrice de moule poilue et peu convaincue par les shampoings est l'une des sensations du film. Sa petite protégée, la brune Giovanna Mainardi, débuta dans les années 70 dans deux westerns complètement oubliés puis elle enchaînera les rôles aussi divers que variés.

 

 

Tourné dans les même décors (les écuries de Mussolini) avec pratiquement la même équipe technique que "SS Camp 5 : l'enfer des femmes", Horreur Nazies se situe un cran au dessus de son doublon. Attention, le film n'est pas pour autant un chef d'oeuvre, loin de là, mais Garrone laisse tomber le côté crapoteux et la pseudo reconstitution historique à base de torture de "SS Camp 5" pour une histoire plus Z et déviante. Le commandant du camp ayant perdu une partie de sa virilité sous les coups de mâchoire d'une Polonaise peu reconnaissante, il va profiter de la présence parmi ses hommes d'un chirurgien juif renommé pour réaliser quelques expériences afin de retrouver sa virilité perdue. Sous un faux prétexte (on fait faire n'importe quoi à un bon Arien pour la gloire du IIIème Reich) il sélectionne une poignée de soldats virils et bien coiffés, le but étant de sélectionner celui qui lui cédera son "mojo". Que les amateurs se rassurent, Garrone, en bon artisan consciencieux, ne rate aucune figure imposée du genre : douche collective, gardien sadique, doctoresse lesbienne... Il ajoute même quelques friandises de son cru : le gardien chef lardé avec une fourchette ou la prisonnière attachée à l'envers sur un poteau. Mais l'effet le plus inattendu sera un trucage à la "Méliès" où le réalisateur, pour reconstituer l'intérieur d'un four, filme des figurants entassés sur lesquels il superpose des flammes (le réalisateur sera tellement content de l'effet qu'il sera repris dans "SS Camp 5 : l'enfer des femmes" ). Si le bon goût n'est pas à l'ordre du jour, Garrone ne tombe pas pour autant dans le crapoteux et le gore, les expériences restent assez soft pour le genre, les seuls excès sanglants sont les opérations réalisées grâce à la boucherie du coin. Le final restera dans les anales du "port'nawak" : notre héros découvre en voulant honorer sa belle qu'il lui manque quelque chose ! Forcement, puisqu'il vient de se faire opérer par l'infâme Colonel ! Le héros part alors à la recherche de ses boules et commence à dézinguer tout le monde, le Colonel y compris !

 

 

Oeuvre de pure commande pour le réalisateur Sergio Garrone, Horreurs nazies est d'une incroyable trivialité qui ne le distingue en rien de la majorité des bandes sorties à l'époque, il est évident que le réalisateur de La Horde des salopards (1969) n'est absolument pas concerné par ces deux productions alimentaires et involontairement drôles (surtout Horreur nazies), le pauvre ne s'en remettra d'ailleurs jamais, la critique l'ayant catalogué à son corps défendant spécialiste du genre, Garrone abandonna le cinéma dans les années 80 et ouvrit une pizzeria.


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