Reine de la magie noire, La
Titre original: Ratu ilmu hitam
Genre: Horreur
Année: 1979
Pays d'origine: Indonésie
Réalisateur: Liliek Sudjio
Casting:
Suzzana, W.D. Mochtar, Teddy Purba, Alan Nuary, Siska Widowati, Dorman Borisman...
Aka: The Queen of Black Magic / Exorcisme noir / Black Magic Queen / Black Magic III
 

La fille du gouverneur est sur le point de se marier, mais elle a subitement un comportement anormal et est victime de visions. Son futur époux décide de la faire exorciser, malheureusement la cérémonie échoue. Le marié accuse alors une de ses maîtresses de sorcellerie et avec des villageois, il décide de lui infliger un châtiment exemplaire. Elle est jetée dans un puits, mais la jeune femme est recueillie par un sorcier qui l'initie à la magie noire. Une fois formée, elle part se venger de ses anciens bourreaux. Après la mort du responsable de son malheur, elle veut arrêter la sorcellerie mais son mentor n'est pas d'accord. Heureusement, un homme viendra à son aide pour affronter le sorcier...

 

 

Fin des années 70 - et début 80 - c'est la glorieuse époque du gore crapoteux, dont l'une des œuvres fondatrices sera Zombies 2 alias L'enfer des Zombies.
Parmi les autres films sortis à l'époque (notamment en Belgique et en Hollande), figure un certain "Primitif", alias "L'île de l’enfer cannibale", une petite production indonésienne qui fit sont petit effet. Produite par le studio Rapi, le film fut largement distribué et va ouvrir la voie à toute une série de productions dont La Reine de la magie noire ou la série des "Guerriers" (Le Guerrier, "Le Guerrier des ténèbres", Le Défi du guerrier) avec Barry Prima. Il faut préciser que l'époque se prêtait parfaitement à la sortie de telles productions, le spectateur était beaucoup moins hermétique aux produits plus exotiques et les distributeurs n'hésitaient pas à sortir un peu tout et n'importe quoi. Aujourd'hui, le marché est saturé par des produits formatés, sans saveur, et les films étrangers sont considérés comme des séries Z ou des films d'auteur. En tout cas, le succès de "L’île de l’enfer cannibale" entraîna la production de La Reine de la magie noire, qui trouva assez facilement des distributeurs internationaux.

 

 

A l'époque, en Indonésie, l'actrice Suzzanna (alias Suzanna Martha Frederika van Osch, 1942 - 2008) était une sorte de Catherine Deneuve du cinéma d'horreur. En près de trente films (dont la série des Snake Queen / Nyi Blorong) elle acquit une telle réputation que certains la considéraient comme une vraie sorcière.
Le principe est toujours le même : une femme tuée, humiliée ou violée (parfois les trois à la fois) se venge de ses bourreaux en foutant un maximum le bordel. Ce qui n'est pas trop du goût de la société qui l'entoure et, vite fait bien fait, un homme la remet généralement dans le droit chemin même si cela veut dire l'occire.
Si le film accumule quelques scènes gore de bon aloi on retrouve aussi ce qui faisait le charme des films indonésiens de l'époque, c'est à dire de la poésie, un zeste de volupté, de la fraîcheur et pas mal de naïveté. Il est certain que les photos distillées à l'époque dans la presse nous laissait présager un film barbare et sanglant. Il n'en est rien. Le film est avant tout un véhicule pour Suzzanna, véritable icône dans un pays où la condition de la femme n'est pas toujours respectée comme elle le devrait. Elle incarne une certaine sensualité (on dirait une actrice des années cinquante) comme le montre la scène de l'initiation, à base de clair de lune et de trampoline. L'actrice (issue d'un métissage indo-européen) est tout simplement magnifique et son interprétation atteint une vraie sincérité, même lorsqu'elle se mord le gros orteil lors d'un duel de magie.

 

 

Cela étant, soyons honnête, le succès international du film n'a malheureusement rien à voir avec son actrice Le film fut vendu comme un délire sanglant, et même s'il n'atteint pas toujours son objectif, il peut néanmoins s'enorgueillir de quelques scènes des plus originales. Cela démarre calmement avec trois exécutions plus ou moins soft, un pendu, un autre victime d'un essaim d'abeilles et l'autre étouffé dans la boue et les vers. Jusque là, rien d'exceptionnel, mais lorsque la belle sorcière s'en prend à l'instigateur de tous ses malheurs, elle lui réserve un sort des plus originaux. En effet, le pauvre subit un envoûtement qui lui donne une furieuse envie de s'arracher la tête (au sens propre), ce qui nous vaut une merveilleuse séquence surréaliste où le bougre s'arrache la tête, en présence notamment de sa femme qui s'évanouit devant tant d'émotion. Évidemment, on aurait pu en rester là, mais la tête reprend vie et commence à voler en agressant les personnes présentes. Seule l'intervention d'un prêtre (présenté comme tel dans la version française, alors que le pays est essentiellement islamique à 90%) aura raison de la tête baladeuse et passablement énervée. Une scène surréaliste qui fit beaucoup pour la réputation du film à l'étranger.
Ce croisement entre le roman à l'eau de rose genre Harlequin et le film d'horreur (influence "Carrie" ou "The Fury" ) pourrait semblait anormal, mais cette spécificité est en fait la nature même du métrage, on dirait un film des années cinquante tourné avec les SFX des années septante.

 

 

The Omega Man

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