Terreur au collège
Titre original: Splatter University
Genre: Horreur , Slasher
Année: 1984
Pays d'origine: Etats-Unis
Réalisateur: Richard W. Haines
Casting:
Forbes Riley (sous le pseudo de Francine Forbes), Ric Randig, Dick Biel, Kathy LaCommare, Laura Or, Ken Gerson...
 

Un patient s'échappe d'un hôpital psychiatrique, tuant les gardiens avant de s'évaporer dans la nature.
Trois années passent...
C'est au sein d'un collège catholique qu'on retrouve l'une des jeunes professeurs sauvagement assassinée d'un coup de couteau en plein coeur. Au fil des événements, il semblerait qu'un maniaque sévisse en ces lieux et que ce soit la même personne échappée de l'asile trois ans avant.

C'est dans ces circonstances que, venue remplacer son ex-collègue fraîchement trucidée, la jeune Julie Parker va tenter de s'intégrer au collège avant de se sentir menacée puis, de fil en aiguille, de finir par mener sa propre enquête pour trouver l'identité de l'assassin...

 

 

Ça a la couleur et le goût d'une production Troma, mais c'est surtout et avant tout un petit slasher indépendant, produit par son réalisateur, sous influence de la Troma, certes, et bel et bien distribué par celle-ci en 1984. On retrouve d'ailleurs le nom de Lloyd Kaufman crédité au générique comme consultant tandis que Richard W. Haines, ayant au préalable travaillé sur la production de "Mother's Day", s'associera juste après, intégrant la fameuse équipe de trublions, réalisant par exemple "Atomic College" et "Alien Space Avenger", tout en participant, entre autres, à Igor and the Lunatics.
Au scénario, Richard W. Haines est ici aidé de John Elias Michalakis qui produisit le film sous le pseudonyme de John Michaels tout en jouant dedans, avant de réaliser lui-même "I Was a Teenage Zombie" en 1987.

Concernant la production de Splatter University, on précisera que ce dernier fut en grande partie shooté en 1981 pour un film qui durait alors 65 minutes. C'est en 1982 que certaines séquences supplémentaires mettant en scène des étudiants furent tournées pour compléter et finir un film rallongé alors de 12 minutes. Dans le même domaine des anecdotes de tournage, Richard W. Haines remplaça l'acteur engagé pour camper le rôle du Père Perkins, l'un des professeurs religieux de ce collège pourtant peu catholique.

 

 

Souvent considéré comme un navet, parfois comme un slasher lambda des années 80, d'autres fois comme un Nanar, Terreur au collège n'a véritablement sa place dans aucune de ces catégories.
Trop distrayant pour être taxé de navet, trop décalé pour être lambda et trop volontairement second degré pour mériter l'infâme étiquette "nanarde", Splatter University se moque de la crédibilité, autant psychologique que de situation. A cela il préfère miser sur la distanciation et le décalage, flirtant avec le potache tout en restant à sa lisière pince-sans-rire, livrant même tout compte fait, son petit jeu de massacre non dénué de malice, et jouant sur les conventions et archétypes du genre.
Produit à une époque où le slasher universitaire rencontrait un certain succès avec des titres tels que "Final Exam" (Jimmy Huston, 1981), "The Dorm That Dripped Blood" (Stephen Carpenter et Jeffrey Obrow, 1982), "The House on Sorority Row" (Mark Rosman, 1983) ou encore une production Troma comme "Graduation Day" (Herb Freed, 1981), Splatter University, quelles que soient ses intentions, pâtit surtout de la mollesse de sa mise en scène. Cette dernière n'étant hélas pas loin d'être anémique là où le dynamisme aurait dû être de mise.

 

 

C'est à ce niveau que l'on peut nourrir quelques regrets.
Si vous appréciez l'humour au troisième degré, Terreur au collège qui, il faut bien le dire, ne génère jamais une once de terreur, s'avère plutôt amusant : certes, la paresse l'emporte au niveau de la réalisation mais cela reste plus dommageable pour la dynamique humoristique du film que pour son aptitude à créer le frisson, proche du néant. Mais est-ce son but ? Pas si sûr...

Ici, rien de vraiment crédible : dans une école particulièrement portée sur la morale et l'éducation catholique, les étudiants dorment en cours, se roulent des joints dans les escaliers, se foutent de la gueule de leurs profs sans être inquiétés le moins du monde, sans parler du fait que leur comportement change à peine alors que sévit un tueur en série au sein de leur établissement. Ah, jeunesse insouciante !

L'une des scènes paraît emblématique de l'esprit du film : l'un des étudiants, en train de flirter dans un Drive-in avec sa petite amie, s'aperçoit qu'ils sont épiés, sort de sa voiture pour dire deux mots au mystérieux inconnu, s'enfonce dans les bois environnants durant un temps qui parait interminable pour enfin revenir dans sa voiture et reprocher à sa "girlfriend" dont la gorge a été tranchée en son absence, de pioncer.

 

 

Si vous aimez les petits horrifiques joueurs se fichant éperdument des "whodunits" (et des soutanes par la même occasion), au profit d'un humour à la fois régressif et macabre (la fin demeure inattendue), il se pourrait bien que ce Terreur au collège vous contente.


Mallox

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