Chiens fous, Les
Titre original: Dogs
Genre: Science fiction , Horreur , Thriller , Agressions animales
Année: 1976
Pays d'origine: États-Unis
Réalisateur: Burt Brinckerhoff
Casting:
David McCallum, Sandra McCabe, George Wyner, Eric Server, Sterling Swanson, Holly Harris, Freddie Hice, Linda Gray...
 

Dans une petite ville des États-Unis, la vie s'écoule paisiblement. Soudain, tout bascule dans l'horreur lorsque tous les chiens de la région, même les moins belliqueux, du chihuahua au teckel de poche, se mettent à mordre maître jusqu'à les tuer. Avec une férocité inexpliquée.
Autant intrigué qu'effrayé, le professeur Harlam Thompson enquête sur les événements. En dépit des risques, il découvre que, dans un laboratoire voisin, des expériences scientifiques menées par le gouvernement ne sont pas étrangères à l'agressivité des clébards...

 

 

Burt Brinckerhoff n'est pas un cinéaste très réputé ni même très connu. Lorsque, en 1976, suite au phénoménal succès de "Jaws", on lui confie la réalisation de Dogs, il n'a à son actif que quelques téléfilms (dont "The Invasion of Carol Enders", thriller à base d'esprits coréalisé avec Dan Curtis, dans lequel on trouvait Christopher Connelly) ainsi que, et surtout, des participations à des séries ("The Wide World of Mystery"). Il tournera un autre thriller la même année ("Acapulco Gold"), une nouvelle fois en collaboration avec O'Brian Tomalin pour le scénario, et cette fois-ci sur un mode plus humoristique, ce avant de retourner oeuvrer la plupart du temps pour le petit écran ("Baretta", "Lou Grant", "Les enquêtes de Remington Steele", "Magnum", "ALF"...).
Dogs est coproduit par la Bruce Cohn Productions, qui contribuera dans la foulée à "Acapulco Gold" sans jamais remettre le couvert ensuite, la Quinta Partnership, montée pour cette seule et unique occasion, ainsi que (et surtout) par la Mar Vista Films qui, quant à elle, fera un peu plus long feu, enchainant avec l'oublié "The Last of the Cowboys" réunissant Henry Fonda, Robert Englund et Susan Sarandon, mais aussi "Le merdier" puis "Le commando des tigres noirs", tous deux réalisés par Ted Post.

 

 

En ce qui concerne Les chiens fous, bien que surfant comme tant d'autres à l'époque sur le succès Spielbergien, il accuse beaucoup plus de similitudes avec l'un des classiques novateurs du genre : "The Birds" de Sir Alfred. C'est du reste l'un des principaux défauts de Dogs car celui-ci ne soutient jamais la comparaison avec son illustre modèle. Même postulat de départ avec quelques attaques éparses au début, notamment sur des vaches. Même contexte d'une petite bourgade reculée. Même progression d'un suspens bâti par paliers successifs jusqu'à une terrible révélation poussant à la fuite humaine. Ajoutons à cela une ou deux scènes quasi copiées/collées, comme ici celle d'une attaque de groupe ainsi que l'idée, plus souterraine, d'une espèce animale formant une entité à part entière. Final tendant vers le désespoir à l'appui.

 

 

Dogs commence plutôt pas mal, notamment grâce une scène astucieuse où la caméra suit un chien (d'un point de vue presque subjectif), lequel semble livré à lui-même, quittant une fête bondée pour gambader seul à travers la petite ville qui paraît alors vidée de ses habitants, ce pour rejoindre d'autres chiens et former ce qui ressemble à une meute. S'ensuit un joli plan tout crépusculaire où la meute surplombe la ville sur fond de soleil couchant. Las, une fois cette mise en place bien gérée, le film de Burt Brinckerhoff semble réintégrer une niche bien plus pépère. Convenu, manquant de tension, Dogs paye le tribu de son manque de moyens. Même le montage se fait aléatoire durant les scènes d'agressions. On pense à cette femme sortant de chez elle avec son griffon, tandis qu'un jeune motard se fait bouffer devant chez elle. Son regard apeuré vers son futur assaillant dure trop longtemps pour être crédible et ne pas tomber dans une sorte de caricature involontaire façon case de B.D.

 

 

Le reste est finalement à l'avenant avec un suspens qui se reprend quelque peu dans son dernier quart d'heure, lequel distille une assez bonne tension nocturne, succédant à deux ou trois scènes très convenables : outre celle de la panique évoquée plus haut, Dogs marque quelques points avec une attaque dans une douche (bonjour à Linda "Sue Ellen" Gray), une autre dans une université, ainsi que des chiens a priori dociles se retournant contre leur enfant-maître. Une attaque dans un supermarché anticipe également de manière involontaire le Zombie de Romero, la foule étant acculée devant les vitres afin de ne pas se faire dévorer toute crue.

Pas trop mal défendu par ses acteurs, David McCallum, bien entendu, mais aussi George Wyner, Dogs contient toutefois son petit lot d'incohérences et de dialogues malvenus : difficile par exemple d'encaisser, sans faire preuve d'indulgence et d'humour, que notre chercheur, au bout de 25 minutes de bobines, décrète que les morsures béantes trouvées sur les vaches, puis sur les premières victimes, sont le fait d'un animal.

 

 

A la même époque et dans le même registre du thriller canin, on lui préfèrera sans hésitation aucune les beaucoup plus hargneux et somme toute convaincants Danger Doberman ! (Trapped, 1973) de Frank De Felitta et The Pack (1977) de Robert Clouse. Par rapport à ces deux réussites et pour conclure sur un jeu de mot facile, Les chiens fous manque de mordant et de chien (à ce sujet, on ne voit jamais plus d'une dizaine de chiens à l'écran, mais il fut nécessaire d'en dresser une trentaine pour le tournage - ouaf ouaf !).


Mallox




En rapport avec le film :

# Pour les intéressés, vous trouverez les photos d'exploitation US et le dossier de presse japonais du film sur le site Animaniaques :

 

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