Malone, un tueur en enfer
Titre original: Malone
Genre: Polar , Thriller , Action
Année: 1987
Pays d'origine: États-Unis
Réalisateur: Harley Cokeliss
Casting:
Burt Reynolds, Cliff Robertson, Lauren Hutton, Kenneth McMillan, Cynthia Gibb, Scott Wilson...
Aka: Malone - Un killer all'inferno
 

Ancien agent de la CIA, Richard Malone quitte le service et parcourt les États-Unis à bord de sa mustang. Un jour, il tombe en panne près de Comstock. Hébergé chez un garagiste et sa fille le temps de réparer sa voiture, il découvre que la vallée est sous la coupe d'un certain Delaney. Ce dernier est persuadé que Malone est venu le tuer !

 

 

Dans les années septante, Burt Reynolds était l'un des champions du box office. Acteur goguenard et hautement sympathique, il s'imposera dans "Délivrance", prototype du survival qui lui ouvrira les portes dorées de Hollywood. Il sera la vedette de plusieurs bons films comme "Plein la gueule", "Les Poulets", "La Cité des dangers", "Les Bootleggers", "Gator...", mais aussi de deux franchises hyper populaires : "Cours après moi Shérif" (1977) et "L'Équipée du Cannonball" (1981). Malheureusement, ces productions ont une durée de vie limitée et la notoriété de l'acteur commence sérieusement à s’effriter au milieu des années 80. Les causes de cette déchéance sont dues en partie à une accumulation de mauvaises conjonctures, notamment la résistance de ses anciens concurrents (Bronson parti chez Cannon, Eastwood en pilotage automatique), l'arrivée sur le marché de nouveaux concurrents (Stallone, Schwarzenegger, Norris et consorts), mais surtout cet accident sur le tournage de "City Heat" qui entraînera des rumeurs persistantes sur son état de santé (on parlera de SIDA alors que l'acteur s'était simplement cassé la mâchoire). Il tentera une riposte (en vain) avec "Stick", "Heat", Malone et "Rent a Cop" puis se tournera vers la télévision ("BL Stryker" et le sitcom "Evening Shade"). Complètement oublié aujourd'hui, il poursuit vaillamment sa carrière, naviguant entre la télévision et des seconds rôles au cinéma.

 

 

Burt Reynolds a toujours su s'entourer de seconds rôles pittoresques et de belles créatures. Cette fois, il se retrouve face à deux mannequins de deux générations différentes. La filiforme Lauren Hutton (1943) est l'un des premiers mannequins à tenter sa chance au cinéma. Elle jouera notamment dans "American Gigolo", "Signé Lassiter", "Meurtre au 43eme étage"... et rencontra Reynolds sur "Gator". Plus jeune, Cynthia Gibbs (1963) fait partie d'une autre génération de mannequins qui commençait leur carrière très tôt. Dans le cas de Cynthia, c'est vers l'âge de quatorze ans qu'elle débuta en faisant des couverture de magazine. Peu prolifique sur grand écran, elle marquera pourtant les esprits avec son rôle de nonne dans le "Salvador" d'Oliver Stone. Après quelques films ("Jack's Back", "Short Circuit 2"...), elle tournera surtout pour la télévision entre séries et téléfilms. En 1990, on la retrouve avec étonnement au côté de JCVD dans "Death Warrant / Coups pour coups".
Déjà âgé à l'époque, Cliff Robertson est apparu dans pas mal de films depuis les années 50. En 1961, il se fait remarquer dans "Les Bas-fonds de New-York" ; suivra en 1968 "Charly", qui lui vaudra un oscar. Acteur prolixe, il passera par tous les genres, de "La Brigade du Diable" à Obsession de Brian De Palma, en passant par "Escape from L.A." de John Carpenter. Mais c'est sûrement son dernier rôle dans la trilogie "Spiderman" de Sam Raimi qui le fit connaître aux plus jeunes, avec cette citation devenue culte : "Un grand pouvoir implique de grandes responsabilités." ("With great power, comes great responsibility").

 

 

Le réalisateur Harley Cokeliss n'a jamais fait preuve de grandes capacités cinématographiques malgré des films potentiellement intéressants. Réalisateur de la deuxième équipe sur "L'Empire contre-attaque", il sort en 1982 Le Camion de la mort, décalque mou de "Mad Max" dont le visuel marketing vaut mieux que le film. Rebelote en 1986 où il dirige Linda Hamilton et Tommy Lee Jones dans un film d'action scénarisé par John Carpenter : "Sans Issue / Black Moon Rising". De nouveau, plein de promesses non tenues avec en prime, des années avant "Fast and Furious", un saut (mal filmé) entre deux buildings. Depuis, Cokeliss s'est tourné vers la télévision, où son absence de style lui permet d'enchaîner des séries comme "Xena" ou plus récemment "Dark Knight".

Prévu paraît-il pour Christophe Lambert ou Gérard Depardieu, c'est finalement le brave Burt qui s'y colla. Malone n'est pas vraiment le meilleur film de l'acteur, qui n'a pas l'air très impliqué. Il trimballe simplement sa carcasse fatiguée dans un polar mou mais sympathique, sous les oeillades de Cynthia Gibbs qui ne rêve que de se faire culbuter par ce beau ténébreux. Le film de Cokeliss mélange un peu tous les genres, de "Shane" en passant par "Rambo" ; mais qu'importe pour l'acteur, le but étant ici de changer son image et de se distancer des road-movies comiques qui étaient devenu sa spécialité. A l'époque, l'acteur disait d’ailleurs : "Au moins, ce sont des films sérieux que j'aurais dû faire depuis des années. Je ne sais pas à quel point ils sont bons, mais au moins j'écoute les conseils d'amis proches...".

 

 

C'est peut-être là que le bât blesse, le film est un peu trop sérieux. L'alchimie qui faisait la réussite d'un film comme L'anti-gang ne se retrouve plus ici. Finies les petites répliques comiques ou les clins d’oeil qui font mouche, l'acteur tire la gueule d'un bout à l'autre du film et son capital sympathie semble s'être volatilisé. Mais soyons objectif, l'acteur fait de son mieux avec un rôle des plus stéréotypés. Certes, quelques dialogues nous éclairent un peu sur le passé du personnage : "Vous avez été au Viet-Nam ?" demande Scott Wilson à son hôte. "Oui, en 61 !" répond Burt. "C'est pas un peu tôt ?" lui rétorque son interlocuteur. "Pas pour ce que je faisais !" lui lance le moustachu ! Mais c'est très léger, l'essentiel du job pour l'acteur semble de vouloir évoluer entre diverses trognes bien choisies (Alex Diakun, Tracey Walter, Philip Anglim, Dennis Burkley) sans trop de dégâts (pour eux !). Le but du film est clairement d’empiéter sur les plates-bandes de ses collègues Bronson et Eastwood, alors que justement c'est en s'éloignant des prestations monolithiques de ses deux compères que Burt nous avait séduit, avec cette petite touche de vulnérabilité qui le caractérisait !

 

 

Le retour de Burt ne sera pas gagnant mais l'acteur a l'habitude des revers de fortune (Loni Anderson, une de ses ex, lui ratiboise sa fortune dans un divorce). Il continuera vaillamment son chemin. A ce jour, le site Imdb lui répertorie 184 participations tous formats confondus (vidéo, télévision, cinéma), et la liste ne semble pas vouloir s'arrêter. C'est ce qu'on appelle de la persévérance.


The Omega Man

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