Forced Entry
Genre: Porno , Horreur
Année: 1972
Pays d'origine: Etats-Unis
Réalisateur: Helmut Richler (Shaun Costello)
Casting:
Harry Reems, Diana Lewis, Shaun Costello, Jutta David, Ruby Runhouse...
 

"Ceci est l'héritage que les vétérans ramènent de la guerre : un mélange de peur, de confusion, de rage et de frustration menant à la recherche désespérée d'un ennemi". C'est sur cette citation du Dr Robert Lifton, psychiatre à la Royal Air Force que s'ouvre Forced Entry, et la suite va faire mal, très mal... Le traumatisme généré par la défaite des américains dans la guerre du Viêt-Nam et les atrocités qui ont pu y être commises dans les deux camps vont engendrer une quantité incalculable de longs métrages dans le pays de l'Oncle Sam.

 

 

Véritable catharsis pour évacuer les vieux démons, le spectre (fraîchement mort) de la guerre hantera ainsi les écrans d'Outre-Atlantique durant la décennie 70 jusqu'à... jusqu'à aujourd'hui encore à dire vrai, et ce dans presque tous les registres : film de guerre bien entendu (Apocalypse Now, incontournable), action orientée auto-défense (l'excellent Rolling Thunder de John Flynn, où William Devane et Tommy Lee Jones rentrent de la guerre, leur âme perdue à jamais au combat, pour se retrouver face à des crapules bien plus coriaces que les viêt-congs ; citons aussi dans un registre semblable le tout aussi réussi Le droit de tuer de James Glickenhaus, avec Robert Ginty et Christopher George), horreur ("Le mort-vivant", de Bob Clark, "Combat Shock" de Buddy Giovinazzo) et, beaucoup plus improbable : le porno donc, avec Forced Entry.

Non content d'accoucher du "viet flick" (si je puis m'autoriser une touche de branchitude) le plus sordide jamais conçu, le réalisateur Shaun Costello signe également l'un des pornos les plus extrêmes depuis les premiers balbutiements du Cinématocrade des frères Lumerde.
Et quand Costello accouche, il est du genre à éclabousser partout, à l'image du personnage central campé par un jeune Harry Reems (planqué sous le pseudo de Tim Long), vétéran du Viêt-Nam reconverti en pompiste pompé; oui, car, le bonhomme, tellement affecté par la guerre, est devenu aussi un violeur et un meurtrier. Il s'introduit doublement chez ses victimes féminines : d'abord dans leur foyer puis dans leur anatomie, avant de les poignarder.
Totalement déconnecté de la réalité, il s'imagine encore en territoire ennemi, constamment assailli par des flash-backs du Viêt-Nam, que ce soit dans les rues de Manhattan (opposition jungle urbaine / jungle rurale... on le voit bel et bien marcher dans les rues de Manhattan mais son subconscient caractérisé par de brèves images d'archive en noir et blanc du conflit américano-vietnamien, nous informe qu'il se croit encore "là-bas") ou bien lors de ses forfaits sexuels, et là, Costello pense l'impensable, propose l'improposable et finalement, nous montre l'immontrable : il alterne les fellations, sodomies et autres éjaculations avec d'authentiques images chocs de la guerre dévoilant des cadavres d'enfants, des corps en charpie et des estropiés.

 

 

Des plans furtifs certes, mais suffisamment déstabilisants comme ça. L'amour / La mort. Le sang / Le sperme : toute une symbolique que Costello n'hésite pas à montrer sans détour.
Dégueulasses se révèlent aussi les séquences hard. Ici, le sexe est crasseux, nauséabond, spongieux. Les trous sont poilus, les couilles pendent, les bourrelets flottent, les bruits de pénétration amplifiés jusqu'au ridicule filent la gerbe. Annette Haven, où es-tu ?
Reems, terrifiant et plus bestial que jamais, enfonce à sec, hurle, frappe, vocifère, tapote sa bite contre la caméra constellée de tâches, dégueule sa haine ("Ma queue est pleine de merde", reproche-t-il à sa seconde victime après l'avoir sodomisée), etc. Walt Disney, où es-tu ?
A toute cette immondice viennent s'ajouter par dessus le marché des mises à mort brutales au couteau, qui égorge, entaille et pénètre les chairs.
L'arroseur sera finalement arrosé (façon de parler) puisque, rendu totalement fou par ses deux dernières victimes, deux lesbiennes hippies défoncées (à l'herbe) qui prennent le viol dont elles s'apprêtent à être victimes comme un jeu, il se suicidera. L'idée de se voir humilié de la sorte par des pacifistes proclamés, soit les individus qu'il exècre le plus au monde, lui est trop insupportable. Le bien a triomphé du mal. Hippie. Peace. Hourrah.
A ce propos, on ne sait pas vraiment de quel côté Costello se positionne. Si son film se conclue bien par la victoire de la paix, il semble faire passer les hippies pour des crétins finis, inconscients et tout juste bons à baiser entre eux : le mystère reste entier.

 

 

Throma

 

A propos du film :

 

# Contre toute attente, un remake du film sera mis en chantier trois années plus tard, avec Tanya Roberts dans les frusques d'une bourgeoise violée par le pompiste dément de service mais j'enraye aussitôt votre machine à phantasmes qui a dû démarrer au quart de tour, les potos : Tanya n'exhibe même pas ses roberts dedans puisque "Viol sans issue" est une variante soft (à peine érotique en fait) du film de Costello. Au placard donc le concentré de folie et de déviance de l'original et place plutôt à la retenue et la prudence. A vomir (et pour de bon cette fois).

 

En rapport avec le film :


# La fiche dvd After Hours Cinema du film Forced Entry
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