Commando Central Park
Titre original: The Park is Mine
Genre: Polar , Thriller , Action
Année: 1985
Pays d'origine: Canada
Réalisateur: Steven Hilliard Stern
Casting:
Tommy Lee Jones, Helen Shaver, Yaphet Kotto, Lawrence Dane, Gale Garnett...
Aka: Objectif Central Park / Le Parc m'appartient / Der Herrscher des Central Parks
 

Mitch (Tommy Lee Jones) est un vétéran du Vietnam. Un jour, il reçoit une lettre d'un de ses camarades qui s'est suicidé en se jetant du haut d'un immeuble. Atteint d'un cancer, il n'a pu mener à bien le projet qu'il avait bâti : prendre le contrôle de Central Park à Manhattan pendant 72 heures !

 

 

De tous les succédanés de "Rambo" sortis dans la foulée, ce téléfilm n'est pas le plus inintéressant ; à la base on trouve un roman qui, comme souvent, sert avant tout de concept : transposer le film de Kotcheff dans un parc en pleine ville. Dans le roman, le personnage principal voulait faire vivre à tous ceux qui l'ignorent ou ne le respectent plus la barbarie qu'il a vécu au Vietnam, en massacrant toute personne qui oserait entrer dans le Parc. Bien entendu, le scénario ne pouvait faire du héros un tueur sanguinaire, le but ici étant de faire prendre conscience du mépris que subissent les anciens combattants par une action choc, mais en faisant un minimum de victimes. L'idée est originale mais n'est exploitée que d'un point de vue spectaculaire. Si les motivations de l'homme qui est à l'origine du projet sont des plus respectables (faire réfléchir sur le sort des vétérans), celle du héros qui le remplace, joué par Tommy Lee Jones, sont plus floues, certaines attitudes laissant parfois planer un doute. Évidemment, ce qui aurait pu rester une simple action coup de poing se transforme en désastre. Les autorités réagissant avec une désinvolture totale pour le message du héros, l'armée en partie responsable ne trouve rien de mieux que de proposer une opération militaire avec la Garde Nationale ou de défolier le parc. L'adjoint au maire envoie carrément deux mercenaires-tueurs dont un Vietcong, pour éliminer le problème !

 

 

Le nom de Steven Hilliard Stern ne vous dit sûrement pas grand-chose... Normal, le réalisateur est un assidu des séries télé et téléfilms. Il a traité tous les genres pendant une vingtaine d'années, du film de fantômes ("The Ghost of Flight 401"), au drame ("Portrait of a Showgirl") en passant par des productions Disney Channel. Il a même réalisé un film cinéma en 1991, "Money", coproduit par des Français ! Un réalisateur qui peut donc réaliser n'importe quoi sans dépassement de budget et avec professionnalisme, mais sans génie ni trop de conviction ! Dans le cas présent, le réalisateur semble plus préoccupé par l'aspect technique de son film, ou comment faire passer Toronto pour le véritable Central Park ! De ce point de vue, son travail est remarquable ! On regrette néanmoins qu'il ne se soit pas plus impliqué dans sa direction d'acteurs. Tommy Lee Jones est en roue libre (donc mauvais), Helen Shaver est obéissante, et seul Yaphet Kotto ("Alien", "Meurtre dans la 110e rue", "Vivre et laisser mourir"...), l'acteur black le plus sous-estimé du cinéma américain, tire habilement son épingle du jeu.

 

 

Comme dans tout bon film de "vetsploitation", le héros est un vétéran du Vietnam qui a des difficultés à s'adapter à la vie civile. Il ne peut pas garder un travail et, petit détail supplémentaire, il est séparé de sa femme, qui n'arrête pas de demander de l'argent, et ne peut pas voir son jeune garçon.
Pour le reste, même si le film est inspiré d'un roman, le scénariste se contente de reprendre les bases du script de "First Blood" (lui aussi inspiré d'un roman), en n'oubliant aucune des scènes-clé, réactualisées pour l'occasion: le héros se faisant virer du parc par la police pour délit de sale gueule (Rambo de la ville), l'hélicoptère qui mitraille à tout va, les policiers tombant dans les pièges...
Bref, le réalisateur ne sort pas des chemins balisés quelques années plus tôt. Malheureusement, Tommy Lee Jones n'a pas le charisme de Stallone, qui dans "First Blood" nous livrait une vraie prestation. Jones se contente de courir entre les arbres avec ses Ray-Ban, là où l'étalon italien sautait dans le vide ou se cachait dans l'eau glacée. De plus, dans ce film le héros peut compter sur la présence réconfortante d'une belle journaliste interprétée par Helen Shaver, alors que Stallone devait se contenter de Richard Crenna ! D'ailleurs, cette petite production aurait pu tomber dans l'oubli si, des années plus tard, le brave Tommy n'avait pas enfin percé grâce au "Fugitif". Le film refera alors miraculeusement surface en vidéo, allant même jusqu'à une exploitation en salles dans certains pays.
Il reste cependant un film intéressant et curieux, par l'urbanisation d'un genre plutôt champêtre !

 

 

The Omega Man

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