Genghis Khan
Genre: Historique , Aventures
Année: 1965
Pays d'origine: Etats-Unis / Royaume-Uni / Allemagne / Yougoslavie
Réalisateur: Henry Levin
Casting:
Omar Sharif, James Mason, Stephen Boyd, Woody Strode, Eli Wallach, Françoise Dorléac, Telly Savalas, Robert Morley...
 

De son enfance à sa vie d’adulte, l’histoire (romancée) de Temüjin qui deviendra le premier empereur mongol sous le nom de Genghis Khan. Très jeune, il est réduit en esclavage par le chef de tribu Djamuqa. Devenu adulte et libre, Temüjin n’aspirera qu’à se venger de son ancien ravisseur...

 

 

Vous me direz, Omar Sharif en Genghis Khan, c'est toujours mieux à prendre que John Wayne (l'improbable "Les Conquérants") se baladant en tutu, plus proche du gogole que du mongole et, bien entendu, vous aurez raison. L'auteur de ces quelques lignes indépendantes rêve quant à lui de découvrir un jour le "Genghis Khan" de Lou Salvador, rare grosse production philippine à avoir franchi les frontières et à avoir été distribuée en son temps en Europe. Cette dernière jouissant par ailleurs d'une excellente réputation, c'est donc dommage - à moins que je ne me trompe - qu'on n'y ait pas à ce jour accès.

Pour en revenir au film de Henri Levin, que dire d'un spectacle où le Cinémascope et les couleurs prennent tant le dessus qu'on se croirait plus de deux heures durant devant un perroquet dans une volière ?

 

 

On parle souvent de "plaisir coupable" et je n'aime pas cette expression même si je crois la comprendre. Mais regarder Genghis Khan c'est aussi prendre du plaisir à voir des acteurs grimés à outrance (Ah, James Mason en messager chinois ! Ah, Robert Morley en empereur fantaisiste aux griffes aussi longues que celles d'un Freddy Krueger !).
Tout cela n'est certes jamais ennuyant car doté d'un sens du spectaculaire ou tout du moins du spectacle. Historiquement, il y a d'un côté un souci de véracité, de l'autre, un aspect hollywoodien outrageusement romancé qui l'annihile. Que dire par exemple d'un Temüjin dont la désaffection pour son fils (issu du viol de sa femme par son pire ennemi) n'est jamais évoqué. Il le revendique pleinement et son côté "conquérant" prend le dessus sur son empirisme. Une sorte de Marco Polo conquistador en quelque sorte.

 

 

Eli Wallach en turban passe encore, Françoise Dorléac semble attendre un colis de Rochefort mais passons encore.
Reste un Stephen Boyd encore bien pimpant à l'époque et qui sort alors d'un des tous meilleurs péplums hollywoodiens, "La Chute de l'empire romain" d'Anthony Mann. Il livre là un méchant nationaliste-régionaliste d'anthologie. Grâce lui soit rendue!
Idem pour le toujours excellent Woody Strode pourtant plus en retrait ici en fidèle compagnon de Temüjin : un acteur doublé d'une belle bête qui ferait devenir gay tout hétéro classique...
Telly Savalas est lui aussi en retrait, ce qui n'est pas plus mal vu sa propension au cabotinage. (Finalement, un peu comme Nicholson resté coincé avec la tronche de Jack Torrance, Savalas - dont le frangin est aussi de la partie - semble avoir été marqué par sa prestation d'un des salopards d'Aldrich).

Trop de romance ici et trop de naïveté. Trop de segments statiques également et trop de parlotte, surtout pour finir par faire ressembler Genghis Khan à... Spartacus ! (Soit, il y a des similarités : esclave à la base, il soulève des armées, mais ça reste un expansionniste).

 

 

Malgré toutes ces tares cumulées et quelques qualités (on pense aux films d'aventures de Jack Lee Thompson comme Les Rois du soleil, empesés eux aussi), on peut donc prendre un certain plaisir devant Genghis Khan. Henry Levin n'est clairement pas un grand réalisateur (son meilleur film reste "Voyage au centre de la Terre") mais les défauts se transforment ici en petits délices et friandises kitchs pour un récit d'aventures vigoureux, aux traits grossiers et au panache intermittent.

 

Mallox

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